Sismaux Folies
Une journée autour des arts, pour faire tomber les tabous sur la santé mentale
Le 3 octobre, les Sismaux Folies investiront le centre social du Cap-blanc pour parler de santé mentale autrement, en mêlant arts, témoignages, spectacles, ateliers et éclairages scientifiques.
Le 3 octobre, les Sismaux Folies investiront le centre social du Cap-blanc pour parler de santé mentale autrement, en mêlant arts, témoignages, spectacles, ateliers et éclairages scientifiques.
Et si, pour parler de santé mentale, on commençait par rire, danser, jouer, peindre ou simplement écouter les autres ? C’est le pari des Sismaux Folies, qui investiront le centre social du Cap-blanc à Aurillac, samedi 3 octobre à partir de 13 heures. Pour leur sixième édition dans le Cantal, les Semaines d’information en santé mentale (Sism) ont choisi de placer les arts au cœur de la journée.
Tout le monde est concerné
Pour Marie-Agnès Roch, première adjointe au maire d’Aurillac, l’enjeu est d’abord de "déstigmatiser la question de la santé mentale", encore trop souvent perçue comme un sujet tabou.
Nous avons tous une santé mentale dont chacun peut apprendre à en prendre soin." Marie-Agnès Roch, première adjointe au maire d’Aurillac
Une manière de rappeler que la santé mentale concerne tout le monde ! Elle recouvre trois dimensions : le bien-être et l’épanouissement, c’est "la santé mentale positive" ; la "détresse psychologique" face aux difficultés de la vie (deuil, stress, anxiété) ; les "troubles psychiques sévères" (nécessitant une prise en charge).
La santé mentale a été désignée Grande cause nationale en 2025 et 2026. Sur le territoire rural du bassin d’Aurillac, du Carladès et de la Châtaigneraie, les indicateurs font notamment apparaître une offre de soins plus fragile qu’aux niveaux régional et national. Mais les Sism veulent élargir le regard.
La santé mentale, c’est pour tous."
Élodie Roueyre, déléguée territoriale de Promotion Santé Auvergne-Rhône-Alpes
À son tour, Pierre Baladier, président de la Fédération des centres sociaux du Cantal, martèle que "la santé mentale, c’est un sujet qui concerne toute la population, tous les âges." Il y voit donc une certaine logique à ce que la manifestation soit accueillie dans un centre social, qu’il qualifie de "Maison des habitants".
Un aperçu du programme
"On a choisi de parler autrement de la santé mentale, par l’art, la création et la rencontre", résume Élodie Roueyre, déléguée territoriale de la Promotion santé Auvergne-Rhône-Alpes.
Dès le début d’après-midi, danse avec la Manufacture, contes, lecture musicale, théâtre, ateliers de respiration, peinture et exposition vont se succéder. Mais les organisateurs préviennent : "On ne voulait pas que le programme soit juste un catalogue de spectacles."
Pauline Losorgio-Petitjean, responsable de l’unité de recherche clinique du centre hospitalier Henri-Mondor, interviendra pour expliquer le lien entre chaque pratique artistique, le corps et la santé mentale.
En juin, des partenaires ont recueilli des témoignages sur la santé mentale et les ressources permettant de “se sentir bien”. Ils seront diffusés en fond sonore à l’accueil des Sismaux folies, avec un espace d’écoute au casque.
Le choix des arts s’appuie sur un rapport de l’OMS publié en 2019, fondé sur plus de 3 000 études, qui a confirmé leurs effets positifs sur la santé mentale et physique. Pratiqués seul ou en groupe, ils peuvent contribuer au bien-être et au lien social.
Parallèlement, la journée fera aussi une place aux personnes directement concernées par les troubles psychiques.
Les personnes concernées au cœur de la journée
Le Groupe d’entraide mutuelle, Gem Soleil 365, et son collectif les Inspirés présenteront une lecture musicale et une pièce de théâtre.
"On est vraiment très heureux de pouvoir y participer", témoigne Floris Heldt, président du Gem. Car cette participation traduit la volonté du collectif de donner une place centrale aux personnes concernées par les troubles psychiques, y compris dans la conception et l’animation de la journée.
Éric Laflorencie da Fonseca, écrivain et éditeur autour de la schizophrénie, proposera un atelier de réflexion ludique et une lecture musicale.
La Maison des ados proposera un atelier consacré à la respiration, à la relaxation et au recentrage. D’autres partenaires tiendront des stands d’information. L’idée est aussi de montrer que prendre soin de sa santé mentale peut passer par des gestes et des habitudes du quotidien : loisirs, liens sociaux, activité physique, nature...
À 18 heures, la compagnie le Cri de la fraise fera monter l’interactivité avec une "criée des habitants". À 19 heures, la journée se poursuivra autour d’une restauration sur place et d’un piano jazz.