Une jeune agricultrice corrézienne au cœur de l’engagement syndical
À 26 ans, Camille Privat incarne une nouvelle génération d’agriculteurs, alliant passion pour la terre, diversification des activités et un engagement syndical marqué. Secrétaire générale des Jeunes Agriculteurs (JA) de Corrèze et Secrétaire adjointe à la Chambre d’agriculture, elle s’investit sans relâche pour défendre les intérêts des jeunes agriculteurs et structurer les filières locales.
À 26 ans, Camille Privat incarne une nouvelle génération d’agriculteurs, alliant passion pour la terre, diversification des activités et un engagement syndical marqué. Secrétaire générale des Jeunes Agriculteurs (JA) de Corrèze et Secrétaire adjointe à la Chambre d’agriculture, elle s’investit sans relâche pour défendre les intérêts des jeunes agriculteurs et structurer les filières locales.
Une vocation ancrée dans le terrain
Après un bac pro en production horticole, Camille a rapidement compris que son cœur battait pour l’élevage. « Le côté animal me manquait », confie-t-elle. Aujourd’hui, elle travaille aux côtés de ses parents sur une exploitation à Montaignac-sur-Doustre, de 220 hectares comptant 120 vaches Aubrac. La viande est commercialisée en vente directe (colis et marchés). En parallèle, elle gère un élevage de poneys de sport et une pension équine, illustrant la diversité de son exploitation.
Un engagement syndical et institutionnel fort
Engagée aux JA du canton de La Roche dès son installation, Camille a été séduite par l’esprit de solidarité et de partage du mouvement.
C’est le fait d’être ensemble, de se soutenir, de côtoyer la même génération », explique-t-elle.
Après un premier mandat au bureau des JA, elle en est aujourd’hui la secrétaire générale, un rôle qu’elle assume avec détermination.
Le but est de remonter les problématiques aux instances régionales et nationales », souligne-t-elle. « Trouver des repreneurs pour les fermes qui s’arrêtent, c’est compliqué. »
Elle est convaincue que l’avenir de l’agriculture passe par l’installation de jeunes, et elle met tout en œuvre pour les accompagner et les encourager. L’une de ses fiertés : avoir contribué à la réouverture d’un canton JA dans sa zone, fermé depuis 30 ans, permettant à une dizaine de jeunes agriculteurs de recréer une dynamique locale.
En parallèle de son rôle aux JA, Camille est aussi secrétaire adjointe au bureau de la Chambre d’agriculture de Corrèze, où elle s’occupe plus particulièrement des circuits courts.
À la Chambre, je m’occupe des dossiers circuits courts, que j’ai repris à ma mère avant. C’est vraiment l’accompagnement des producteurs qui veulent se lancer en vente directe ou développer l’activité », détaille-t-elle.
Son travail consiste à conseiller, former et structurer les filières locales, que ce soit pour les marchés de producteurs, les drives fermiers ou les distributeurs automatiques, comme celui d’Ussel.
Pour elle, la différence entre son engagement aux JA et à la Chambre d’Agriculture est claire :
Aux JA, c’est vraiment le côté syndical, la défense des intérêts. À la Chambre, c’est plus technique, opérationnel. »
Deux facettes complémentaires d’un même combat : faire vivre l’agriculture corrézienne.
Une femme dans un monde en mutation
Camille incarne aussi la féminisation de l’agriculture.
Aujourd’hui, on est plus polyvalentes. Avant, les femmes s’occupaient surtout de l’administratif. Maintenant, on est sur le terrain, on gère tout », observe-t-elle.
Elle apprécie les rencontres avec d’autres jeunes agricultrices, qui lui rappellent qu’elle n’est pas seule. « On essaie de féminiser, de parler des femmes. » Elle souhaite montrer que les agricultrices ont leur place, et qu’elles sont capables de porter des projets ambitieux.
Sa vie personnelle reflète aussi cette recherche d’équilibre. Son compagnon n’est pas du milieu agricole. « C’est bien, ça permet de couper », avoue-t-elle avec un sourire. « Je ne me verrais pas travailler avec mon compagnon tous les jours. »
« Ensemble, on est plus forts »
Quand on lui demande ce qui la motive, Camille répond sans hésiter :
"Le but, c’est de faire avancer les choses. Remonter les problématiques, inciter les jeunes à s’installer, les accompagner et montrer qu’on est là pour représenter le métier. »
Son engagement, qu’il soit syndical ou institutionnel, est guidé par une volonté de collectifet une foi en l’avenir de l’agriculture.