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VIANDE BOVINE
Une inflation inédite pour les éleveurs bovins allaitants !

L’année 2022 a été une année de rupture pour la filière viande bovine !  A la fois la conséquence de problèmes structurels de longue date, à savoir une décapitalisation du cheptel allaitant galopante depuis plusieurs années et à la fois impactée, comme toutes les filières agricoles, par un contexte inflationniste inédit et mondial.  

Cette inflation inédite se voit par la flambée des prix des matières premières subie par les éleveurs allaitants, sur les 12 derniers mois (chiffres à fin décembre 2022, source : Ipampa viande bovine, RICA 2015, traitement Institut technique de l’élevage) : aliments achetés : + 24,0 % ; engrais et amendements : + 74,8 % ; énergie et lubrifiants : +48,6% ; matériel et petits outillages : +17,7 %. Cette hausse conséquence des matières premières, couplée à une revalorisation du SMIC, entraîne une augmentation des indicateurs coûts de production de 15 % rien que sur l’année 2022 (calculés selon l’accord interprofessionnel en date du 22 mai 2019).

Embellie des cotations clairement insuffisantes !

En parallèle, la décapitalisation du cheptel bovin enclenchée depuis 2016, s’est accélérée sur l’année passée ! (baisse de 110 000 têtes en 2022).
Par conséquent, les abattages sont en baisse de 4% sur l’année passée (Source : Normabev), quand la consommation par bilan, en France, a augmenté de 1,1% (Source : FranceAgrimer, d’après douanes Françaises, Agreste). Cette offre limitée face à une demande dynamique a orienté les cotations à la hausse pour toutes les catégories animales, preuve qu’il n’y a pas de fatalité et que les prix peuvent bel et bien augmenter…
Mais cette embellie est à relativiser au regard de la hausse des coûts de production interprofession-
nels ! Bien que les cotations aient augmenté de +25% sur l’année 2022, toutes catégories animales confondues (hausse de 1,04€/kg sur le Prix Moyen Pondéré)…le constat est là : cette embellie des cotations, bien que réelle, ne permet toujours pas de couvrir la hausse des charges subie par les éleveurs sur l’année écoulée. L’écart entre coût de production interprofessionnel et cotation ne diminue que très légèrement sur les diverses catégories animales, voire reste identique/augmente par rapport à celui de 2018 ! Les signes d’une amélioration de la rémunération des éleveurs bovins sont loin d’être au rendez-vous !

L’indicateur coût de production

Il convient de rappeler que, dans le cadre d’EGALIM2, l’éleveur doit établir sa proposition de contrat à son pre­mier acheteur et non l’inverse. Et le coût de production interprofessionnel (selon la méthodologie de calcul en date du 22 mai 2019 et non un autre !) est, dans cette proposition, le socle indispensable à toute négociation. Le résultat de la mécanique de prix résultant de cette négociation et, présente dans le contrat, ne sera alors plus négociable par l’aval de la filière.
Par la prise en compte du coût de pro­duction interprofessionnel dans le contrat, l’éleveur a l’assurance que la flambée des prix des matières premières sera supportée par son exploitation, de manière viable et durable. Il convient également de rappeler, que la prise en compte du coût de production interprofessionnel dans un contrat, amène toujours à une meilleure valorisation que le prix du marché, même quand celui-ci augmente fortement sur l’année passée !
Enfin, cela permet de donner de la lisibilité aux éleveurs, à la filière, de la visibilité aux banquiers pour accompa­gner les jeunes…et avec la moitié des éleveurs qui partiront à la retraite dans les 10 années à venir, le renouvellement des généra­tions est urgent.
Les graphiques ci-dessus donnent des exemples de situations concernant les prix payés aux éleveurs, sur vaches allaitantes et jeunes bovins, selon les modalités négociées de prix : si les ventes étaient au prix du marché (en noir), intégralement basée sur l’indicateur interprofessionnel de prix de revient (en vert), et entre les 2 avec des proportions différentes (en jaune, gris et orange).

 

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