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Une histoire de mohair

Au coeur du massif du Sancy, Noémie Guittard et Marc Persiani élèvent une cinquantaine de chèvres Angora dans la pure tradition d'un métier en perdition.

Au coeur du massif du Sancy, Noémie Guittard et Marc Persiani élèvent une cinquantaine de chèvres Angora dans la pure tradition d'un métier en perdition.
Au coeur du massif du Sancy, Noémie Guittard et Marc Persiani élèvent une cinquantaine de chèvres Angora dans la pure tradition d'un métier en perdition.
© M Comte

Originaire des hauts plateaux d'Anatolie, dans la province de l'actuelle Ankara, cette petite chèvre haute de 60 à 65 cm au garrot et ne pesant guère plus de 50 kg, a été introduite en France au xve siècle. Sa toison immaculée et la finesse de sa fibre en font durant des centaines d'années le matériau privilégié pour le tissage des linges liturgiques et des habits sacerdotaux. Le temps a eu raison de cette dévotion pour la laine mohair et l'élevage de chèvres Angora périclite, avant de renaître de ses cendres en 1980.
Noémie Guittard, installée en 2019 à la Tour-d'Auvergne, a commencé avec une vingtaine de chèvres et en compte désormais 51, qui lui offrent chacune plus de deux kilos de laine par an. Bientôt elle sera rejointe par son mari, Marc Persiani, lui aussi tombé sous le charme de cette fibre d'excellence.

Chaque brin compte
Tondeuse en main, la jeune femme fait preuve d'une rare dextérité pour récolter la laine de ses chèvres. La rémunération de l'élevage tient dans cette étape clé. « En dessous de cinq centimètres, la fibre ne pourra pas être filée » explique Noémie Guittard. Il faut donc tondre au plus près de la peau de l'animal. Mais les plis de sa peau et sa carrure anguleuse ne facilitent pas le passage de l'outil. « La tondeuse a une vitesse réduite pour ne pas blesser l'animal, mais aussi parce que la laine des chèvres Angora n'a pas de suint. Elle n'est pas grasse, le peigne ne glisse pas. » Noémie Guittard suspend donc régulièrement son geste pour lubrifier la machine.
Une fois le corps terminé, elle s'attaque à la tête. « On prend tout. À la fin, il ne reste qu'un toupet de laine entre les deux cornes, là où la tondeuse ne passe pas. » Les chèvres de Noémie Guittard et Marc Persiani sont tondues ainsi deux fois par an, y compris les chevreaux dès l'âge de six mois. « Ils ont la plus fine des laines. La fibre mesure 0,02 mm, c'est moins qu'un cheveu de nouveau-né » précise Marc Persiani. 
Une fois la tonte achevée, les éleveurs doivent encore trier les toisons de la plus douce à la plus rugueuse, et les débarrasser des brins de foin et de paille emprisonnés. Dans le cas contraire, leur prestataire italien pour le lavage, le cardage et le filage de la laine ne pourra pas traiter les fibres.

« Le Mohair des Fermes de France »

Marc Persiani est président de l'association « Le Mohair des Fermes de France ». D'abord une marque à sa création en 1994, elle est devenue une association à part entière en 2016 pour permettre aux producteurs de la Sica Mohair de valoriser leur production. « Le Mohair des Fermes de France » garantit ainsi l'origine et la qualité des produits puisque s'appuyant sur un cahier de normes techniques (élevage, gestion...). Afin de valoriser encore davantage leur savoir-faire unique, les éleveurs ont le projet de réaliser un film documentaire retraçant toute l'histoire du mohair dans leurs fermes.

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