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Une évolution pour les animaux non indemnes d’IBR

Suite à l’entrée en vigueur de l’arrêté ministériel du 5 novembre 2021 « fixant les mesures de prévention, de surveillance et de lutte contre la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) », une seconde mesure va entrer en vigueur à partir du 1er septembre 2023 pour tous les bovins entrants dans un atelier d’engraissement en bâtiment dérogataire (carte jaune) présent sur le même site qu’un atelier allaitant et/ou laitier (carte verte).

Les mouvements sont le principal facteur de risque de contamination des cheptels. Pour une bonne maîtrise, il est primordial de respecter la séparation des circuits.
Les mouvements sont le principal facteur de risque de contamination des cheptels. Pour une bonne maîtrise, il est primordial de respecter la séparation des circuits.
© GDS Creuse

En raison de son impact clinique et des exigences commerciales qui en découlaient, la lutte contre l’IBR s’est structurée collectivement dans les années 1990 avec la mise en place des appellations, puis en 2006 avec le dépistage obligatoire et en 2016 avec le premier arrêté ministériel. Avec l’objectif d’éradication fixé à 2026 en France, de nouvelles mesures d’application progressive se mettent en place.

Des règles aux mouvements qui évoluent pour les ateliers carte jaune…
Jusqu’à présent, les ateliers d’engraissement en bâtiment dédié (ASDA jaune) bénéficient de mesures dérogatoires aux contrôles aux mouvements (pas de prise de sang, possibilité d’introduire des bovins de tous statuts). L’Instruction Technique (IT) encadrant les introductions en atelier dérogataire est parue le 10 janvier 2023 et une nouvelle mesure va entrer en vigueur. Tous les bovins introduits en carte jaune sur le même site qu’un atelier carte verte devront être soit « TOUS indemnes », soit « TOUS vaccinés » (vaccination systématique par le vétérinaire sanitaire de l’atelier de tous les animaux avec un vaccin « marqueur »).

…avec un impact pour l’atelier carte verte
Pour les ateliers qui font le choix de n’introduire que des animaux indemnes, cela va permettre de lever le statut « À risque » sur le cheptel allaitant et/ou laitier associé et si son statut est « indemne d’IBR » depuis plus de 3 ans, il deviendra éligible à l’allégement pour le suivi de la prophylaxie annuelle IBR.

Un suivi quotidien des anomalies…
Les ateliers dérogataires vont être informés de chaque anomalie relevée et des mesures à mettre en place en relation avec le vétérinaire sanitaire. Les documents nécessaires seront transmis au fil de l’eau et dès retour des justificatifs de l’action réalisée, les ASDA jaunes seront délivrées et le statut « TOUT indemne » ou « TOUT vacciné » restera attribué à l’atelier dérogataire. Si les mesures prévues ne sont pas respectées, le statut « À risque » sera automatiquement réattribué à l’atelier carte verte, il ne sera plus éligible à l’allégement pour la prophylaxie et à terme, son appellation pourra être suspendue puis retirée et enfin non conforme jusqu’à réalisation des mesures correctives.

…et une mise en application en 2 temps
GDS Creuse vient de contacter individuellement tous les ateliers dérogataires de notre département qui détiennent sur le même site un atelier allaitant et/ou laitier. Des échanges ont eu lieu concernant la mise en place progressive de cette nouvelle mesure et le GDS a également recensé tous les opérateurs (intégrateurs, apporteurs, commerciaux …) qui interviennent dans ces ateliers. À compter du 1er mars 2023 et jusqu’au 31 août 2023, une première phase de « sensibilisation » va avoir lieu. Des courriers d’information vont être transmis systématiquement aux ateliers dérogataires concernés si une ou plusieurs anomalies sont relevées avec copie au vétérinaire sanitaire et aux opérateurs afin que chacun puisse identifier les anomalies constatées. À partir du 1er septembre 2023, GDS Creuse entrera dans la phase d’application de cette nouvelle mesure.

Une vigilance accrue sur les circuits …
Prévenir la contamination d’un cheptel par la gestion des mouvements est toujours plus facile que de s’assainir par la suite. La gestion de tous les mouvements d’animaux reste une composante essentielle de la biosécurité et reste également un axe d’action majeur pour éviter l’introduction de nouvelles maladies. Cette nouvelle mesure ne prend pas en compte le risque lié aux contaminations lors du transit et impose donc un suivi sans faille et une grande rigueur lors des opérations de chargement/déchargement. Pour tout mouvement, une réflexion spécifique et un travail commun s’avèrent indispensables avec les opérateurs pour faciliter leur suivi.

… et une visite annuelle de maintien obligatoire
Lors de chaque création, une première visite de mise en place et de validation est réalisée par le service santé animale de la DDETSPP. Ensuite, une visite annuelle obligatoire de maintien dans chaque atelier dérogataire doit être réalisée par le vétérinaire sanitaire et le compte-rendu de cette dernière doit nous être transmis (ou à la DDETSPP) pour vérification, enregistrement et facturation en tiers payant GDS Creuse.

Une situation creusoise favorable avec 98,5 % de cheptels « indemne d’IBR », …
Au 1er février 2023, sur 2.284 cheptels détenant des bovins, 2 251 avaient un statut « indemne d’IBR » dont 2 137 avec le statut « indemne d’IBR allègement ». Avec 98,5 % de cheptels indemnes, notre département confirme donc sa situation très favorable. En France, cela facilite les circuits commerciaux entre éleveurs pour l’IBR mais il est nécessaire de rester vigilant vis-à-vis d’autres maladies (BVD, tuberculose…). À l’export, la reconnaissance du programme d’éradication français permet de profiter de dispositions favorables. Nous avons eu une alerte récente, l’Algérie imposant le statut « indemne d’IBR » de tous les animaux importés, y compris pour la boucherie.

… et très peu de cheptels détenant des animaux infectés
Il ne reste plus que 6 cheptels détenant des animaux positifs IBR en Creuse mais nous avons observé deux contaminations de cheptel indemne, preuve que la vigilance doit rester de mise lors des mouvements. Les animaux infectés doivent faire l’objet d’une vaccination régulière certifiée par le vétérinaire sanitaire. Pour limiter les risques de réexcrétion, une hyper-immunisation avec injection tous les 6 mois est nécessaire quel que soit le vaccin. En France, on enregistre tous les ans l’apparition de nouveaux animaux contaminés dans 20 % des élevages infectés. Cela vient rappeler que la vaccination est un outil intéressant mais la seule solution fiable à long terme est la réforme de tous les animaux infectés d’un cheptel. Lorsque leur nombre, parmi les bovins de 12 mois ou plus, est inférieur à 10 % (ou lorsque le troupeau ne détient qu’un bovin infecté), les animaux doivent être éliminés avant la fin de campagne, soit avant le 31 mai 2023. Ces élevages ont été contactés spécifiquement.

La finalisation de l’assainissement IBR en vue pour 2026
Près de 30 ans après la mise en œuvre des premiers plans IBR, l’objectif final d’éradication est tout proche. À terme, c’est une facilitation encore améliorée des circuits commerciaux vis-à-vis de cette maladie, y compris aux échanges et à l’export. Les règles administratives concernant les différentes maladies n’ont qu’un objectif, assurer une sécurité pour l’élevage où arrive ou revient l’animal. Ce qui est souvent vécu comme une contrainte n’est en fait que l’application de règles sanitaires visant à protéger votre élevage. C’est à chacun de se les approprier, afin de s’assurer de ne pas introduire de pathologie. Chaque situation a ses particularités. Cela montre la nécessité d’une discussion spécifique avec votre opérateur et votre vétérinaire sanitaire lors de chaque mouvement. Pour toute information complémentaire, venez échanger avec nous lors de notre Journée Portes Ouvertes du 11 mars 2023.

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