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UDSEA
Une campagne de vaccination bien amorcée

Prévue courant juin, l’arrivée des vaccins contre la fièvre catarrhale pour les ovins s’est fait attendre dans le département.

Avec des conditions réunissant humidité, chaleur et prolifération des moucherons, vecteurs de la fièvre catarrhale, les éleveurs craignaient de devoir faire face à la maladie avant l'arrivée des vaccins. Le seul moyen de prévention, préconisé aux éleveurs jusqu'à la vaccination totale du troupeau, était la désinsectisation des animaux. « Lorsqu'on connaît les conséquences sanitaire et économique de cette maladie sur les troupeaux ovins, (plus vulnérables que les autres espèces), on n'hésite pas, malgré un coût important, à désinsectiser nos animaux pour les protéger » explique un éleveur ovin.

En effet, avec une surmortalité chez les ovins de plus de 10%, des avortements, des stérilités chez les mâles, des baisses de production et de croissance des animaux... l'élevage ovin connaît assez de difficultés sans devoir attendre que la maladie s'installe dans les troupeaux.

 

Les éleveurs s'organisent autour de la vaccination

Aujourd'hui, 40 % des doses destinées à l'élevage ovins sont arrivées dans les cabinets vétérinaires. Sans attendre, les éleveurs ont pris contact avec leurs vétérinaires sanitaires qui n'ont pas tardé à s'organiser pour répondre à la demande des professionnels. Les couloirs de contention, la mobilisation importante des éleveurs pour s'entraider à rapatrier les différents lots d'animaux, permettent des vaccinations rapides et organisées. Ainsi, dans de bonnes conditions, près 300 ovins peuvent être vaccinés à l'heure. Un vétérinaire à Ambert approuve l'organisation des éleveurs pour la vaccination. Il existe une forte mobilisation des éleveurs professionnels mais craint des retards chez les détenteurs de petits troupeaux.

 

Les rappels de vaccination ont débuté pour les bovins

Une grande partie des bovins reçoit la piqûre de rappel prévue trois semaines après la primo injection. Les chantiers de vaccination des bovins ont commencé début juin. L'organisation des tournées de rappels se met en place. « Pas facile de concilier les tournées de primo injection et celles des rappels, la distribution des doses est en flux tendu, nous avons donc pris la décision de finir les rappels prévus avant de refaire une nouvelle vague de primo injection » explique un vétérinaire de la PRA Artense Cézallier Sancy. Beaucoup d'exploitations ayant de gros troupeaux se sont manifestées pour bénéficier de la vaccination qui reste le seul moyen de se protéger de cette maladie. Ainsi, L'EARL de la Plaine sur la commune de Chastreix a fait le choix de vacciner tous les animaux. «Nous sommes dans la zone de St Nectaire, si nous voulons valoriser notre production, nous ne devons pas attendre d'avoir la maladie dans notre exploitation mais plutôt s'en prémunir. Nous n'avons pas remarqué de réaction sur notre troupeau liée à la vaccination [...] Pour notre exploitation, nous n'avons pas eu de problème concernant la contention des animaux, tout s'est très bien déroulé, la vaccination en elle-même est très rapide ».

L'avis....

...d'un vétérinaire à Ambert

« Nous avons reçu les vaccins fin de semaine dernière, nous espérons finir la vaccination d'ici la fin de cette semaine, cependant la vaccination totale des troupeaux ovins devrait se terminer lors de la prophylaxie à l'automne dans le cadre de la vaccination obligatoire. La vaccination se déroule dans de bonnes conditions, les éleveurs sont bien organisés ».

Interview d'un vétérinaire

"Les vaccinations se déroulent dans de bonnes conditions"

La vaccination a débuté il y a un mois. Vous faites actuellement les premiers rappels sur les troupeaux bovins. Comment vous êtes-vous organisé et comment se déroule la vaccination chez les éleveurs ?

« Nous sommes deux cabinets à travailler ensemble. Nous devons faire face à cette crise sanitaire. Il y a toujours au moins un vétérinaire destiné à la vaccination. Aujourd'hui, sur les 400 élevages de nos deux cabinets (ce qui représente environ 20 000 animaux pour le cheptel de souche), 25 % des éleveurs ont vacciné ce qui correspond à 33 % du cheptel. Sur les 33% des animaux vaccinés, on compte également les broutards. Nous avons 10 % d'éleveurs en attente, nous espérons pouvoir faire les primo injection fin juillet. La vaccination se déroule dans de bonnes conditions, les éleveurs, dans l'ensemble, sont très bien organisés. »

 

Quels sont les risques encourus par les animaux vaccinés ?

« A ce jour, nous n'avons aucune remontée des éleveurs sur quelque symptôme que ce soit après la vaccination. Dans notre département, nous n'avons peut-être pas assez de recul pour affirmer qu'il n'y a aucun risque. Par contre, nous en avons assez au niveau national. Les départements du Nord qui ont vacciné n'ont pas eu de problème. Les bruits concernant des avortements liés à la vaccination ne restent que des bruits. En revanche, la contention des animaux en gestation est toujours délicate, le stress, les bousculades liés à cette contention peuvent entraîner ce genre de problème. »

 

Concernant les bovins qui montent en estive, comment s'est déroulée la vaccination et peut   t-on dire que l'altitude protège les animaux de la fièvre catarrhale ?

« Pour ces animaux, nous avons fait la primo injection avant la montée et les rappels ont été faits à l'estive. Les Aveyronnais qui montent leurs animaux en estives dans le Puy-de-Dôme, nous ont demandé de faire la vaccination, ils nous ont transféré les doses nécessaires, tout s'est bien déroulé. L'altitude n'est pas une protection contre la maladie. Nous conseillons vivement aux éleveurs de faire vacciner les animaux pour une protection garantie. »

 

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