Un Stade aurillacois très séduisant, mais encore perfectible
Rugby - À la mi-parcours, le Stade aurillacois est toujours dans les clous de la qualification. Avec 36 points après 15 journées, les hommes de Roméo Gontineac vont devoir faire au moins aussi bien.
Rugby - À la mi-parcours, le Stade aurillacois est toujours dans les clous de la qualification. Avec 36 points après 15 journées, les hommes de Roméo Gontineac vont devoir faire au moins aussi bien.
La course à la qualification
Sérieusement, qui l’eut cru ! Au sortir de la 15e journée, le Stade aurillacois est toujours dans la course pour les places qualificatives. Après un dernier exercice très compliqué, à deux doigts d’être relégué en Nationale, les Cantaliens sont métamorphosés. Au-delà d’une défense collective exemplaire, c’est la proposition de jeu qui est à souligner. À la plus grande joie du public d’ailleurs.
Si un petit écart s’est creusé avec la quatrième place, cinq équipes suivent et se tiennent en quatre points, entre Oyonnax 39 points et Brive 35 points. Entre les deux, Agen (38 points), Nevers (37 pts) et donc Aurillac (36 pts). Et pour en finir avec les stats, certains se rappellent peut-être que l’an dernier, le faible nombre de points de bonus avait failli coûter cher aux Cantaliens. C’est pareil cette fois car Oyomen et Aurillacois comptent huit victoires pour sept défaites, tout comme Agen et Nevers d’ailleurs.
La plus-value Strachan
Mais revenons à nos Cantalous et cette volonté affichée de jouer le haut du tableau. Une habitude “présidentielle” me direz-vous depuis des années, sauf que là, le Stade aurillacois propose un jeu plutôt alléchant. Depuis le mois d’avril 2025, Aurillac se donne les moyens de son ambition, bien qu’il ait fallu passer par la case gros frissons. Un homme symbolise à lui seul cet état d’esprit : Jake Strachan.
Débarqué d’Australie l’hiver dernier en qualité de joker médical de Tedo Abzhandadze, l’ouvreur-arrière a donné un grand coup de fraîcheur au jeu local, avec une vision du jeu incroyable et quelques inspirations fulgurantes. On ne peut cependant pas ignorer l’émergence de deux autres joueurs, Ugo Seunes et Lucas Oudard.
Le premier fait désormais les beaux jours du Racing 92, mais le second est resté. Tant mieux. Entreprenant, généreux, c’est un profil atypique en troisième-ligne, un profil de septiste qui séduit bon nombre de spectateurs. Le Seven, une autre forme de rugby qui a le vent en poupe à Aurillac qui a vu débarquer à l’intersaison un autre “ovni” d’Australie, Ben O’Donnell.
Un jeu alléchant
Un bonne tête de Gaulois à la moustache rayonnante et qui s’est parfaitement fondu dans la masse. Comme Strachan, c’est un trentenaire avec de la bouteille, tout ce qu’il fallait pour encadrer une jeunesse championne de France espoir 2022 qui fait plus que taper à la porte. Depuis deux ans, on a vu éclore Juun Pieters, Hugo Huurman, Luka Nioradze, Boris Hadinegoro, Mehdi Slamani, Théo Cambon, Jordon Van Rensburg et Hugo Bastard. Cette année, c’est Irakli Mchedlidze, Ronan Loughnane, Dachi Papunashvili et surtout Tim De Jong qui s’invitent au bal. On n’oubliera pas non plus le très beau début de saison de Maël Perrin et de féliciter le Stade d’avoir pu le conserver une année de plus.
Aurillac qui retrouve non seulement des couleurs, mais quelques fondamentaux. La mêlée d’abord qui reste l’une des valeurs sûres de Pro D2. Pour autant, elle est fragilisée car on attend beaucoup mieux des “remplaçants”, d’un point de vue constance surtout. Le collectif défensif est à mettre à l’honneur. Un vrai mur tant qu’il est “connecté” comme le répète plus que nécessaire Roméo Gontineac. En revanche, au moindre relâchement, cela se complique. Le ballon porté est également une arme plutôt bien maîtrisée par les Cantaliens, tout comme l’alignement défensif.
L’animation est aussi à plébisciter, à condition que la charnière soit au rendez-vous. Quel que soit le duo 9-10 qui débute, le jeu au pied d’occupation et de pression se doit d’être impeccable. Peut-être que les sorties de balles peuvent encore être améliorées pour lancer des trois quarts qui ont des fourmis dans les jambes.
Marge de progression
Des lignes arrières très entreprenantes dans l’ensemble, mais qui ont encore du mal à franchir le premier rideau. En revanche, dès que le décalage est trouvé, cela donne parfois des essais de grande classe. Alors oui cet Aurillac là est emballant, mais il a aussi ce côté agaçant. À l’image de la défaite à Agen alors qu’il y avait la place de faire mieux, à l’image de ses touches vendangées dans la zone de marque, de ces absences individuelles en défense qui coûtent trop chères, tout comme l’indiscipline, les fautes de mains, quelques mauvais choix...
Mais n’oublions pas d’où revient le Stade. N’oublions pas que les travées de Jean-Alric se remplissent à nouveau car le spectacle est là, car le collectif est là, car l’état d’esprit est là. C’est Aurillac-là, on en redemande car il est séduisant, perfectible, mais séduisant. Mais pour atteindre l’objectif fixé par le président Millette, il faudra faire encore mieux, beaucoup mieux. Vivement que cela reprenne.
Les Aurillacois sont partis en vacances juste après Agen. Ils reprendront l’entraînement le 4 janvier avant de recevoir Colomiers le 9 janvier à Jean-Alric, match à 19 heures. C’est déjà un gros morceau puisque les Columérins sont actuellement les dauphins de Vannes. Le public est plus que jamais attendu pour soutenir les rouge et bleu !