Aller au contenu principal

Un carrefour de solutions à ciel ouvert

Entre démonstrations en conditions réelles, ateliers techniques, et espace conseil… le Salon de l’herbe, organisé, la semaine dernière, à Villefranche-d’Allier a drainé des milliers d’agriculteurs en quête de solutions pratiques pour optimiser leur conduite d’exploitation.

Bertrand Daveau en compagnie d’éleveurs intéressés par la culture des méteils.
Bertrand Daveau en compagnie d’éleveurs intéressés par la culture des méteils.
© SC

Sous un soleil généreux, à peine perturbé par une légère averse matinale, le Salon de l’herbe et des fourrages a encore une fois fait le plein de visiteurs, la semaine dernière, du côté de Villefranche-d’Allier, dans l’Allier. Après deux ans d’absence, sur une parcelle aménagée de 40 hectares, tout avait été conçu pour répondre au mieux aux interrogations des éleveurs, venus en nombre. Ainsi, la part belle a été faite aux démonstrations des géants des champs, aux matériels combinant les usages promettant toujours des gains d’efficacité, mais aussi aux conseils de techniciens sur les mélanges les plus opportuns, les variétés les plus résilientes face à la sécheresse. Une sécheresse déjà bien présente, puisque l’ensemble du grand bassin allaitant, terreau du salon de l’herbe, rencontre un déficit hydrique préoccupant depuis quelques semaines déjà. À Villefranche, les parcelles de démonstration ont été irriguées à trois reprises dès la fin du mois d’avril. Et force est de constater que cela n’aura pas suffi à amortir les derniers coups de chaud des derniers jours de mai. « Plus que jamais, le Salon de l’herbe et des fourrages se veut le reflet de ce que traverse le monde agricole, et à ce titre, difficile d’occulter la nécessaire adaptation au changement climatique », explique Frédéric Bondoux, commissaire général du salon et président de Profield Events, société organisatrice. Si côté machinisme, certains constructeurs manquaient à l’appel, faute notamment de matériels disponibles à exposer, en raison des difficultés d’approvisionnement liés à la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, ceux qui étaient présents témoignent d’une envie réciproque de renouer le contact avec les agriculteurs après deux ans chaotiques.

Conseils
Côté distribution, là aussi, le salon est un rendez-vous attendu. « Tous les acteurs du secteur sont présents pour référencer les produits qui seront vendus à l’automne », témoigne Frédéric Bondoux. À l’heure où l’agriculture doit composer avec de multiples défis, du sol jusqu’à la ration, les conseils sont essentiels, comme en témoigne Bertrand Daveau, l’un des soixante experts mobilisés autour du pôle Cap protéines. Lui a animé l’espace variétal, avec un focus sur les méteils grains et fourragers, deux mélanges prisés pour leur robustesse face aux conditions séchantes. « C’est un bon compromis entre productivité et valeur alimentaire, en fonction de la valeur zootechnique souhaitée », témoigne l’ingénieur. Un peu plus loin, au sein de l’espace récolte, les visiteurs ont pu constater les résultats obtenus selon les hauteurs de fauche. « Les questions récurrentes concernent l’itinéraire technique pour l’ensilage, le groupement des andains, et le conditionnement ou non », explique Fabien Gayet, de la Fédération régionale des Cuma d’Auvergne-Rhône-Alpes. En effet, lorsqu’il est question de valeur protéique, certaines précautions s’imposent pour éviter la perte de feuilles au moment de la fauche. Selon le matériel utilisé, Arvalis a ainsi constaté des pertes en volumes de 10 % et de 20 % en qualité. Autant dire que cela vaut le coût d’optimiser sa conduite, et son type de mécanisation, qui plus est à l’heure où le gasoil flambe. À ce titre, si les combinés de fauche trois en un promettent des débits de chantier inégalés, le technicien invite à la prudence : « Sur le papier, c’est une bonne idée, mais dans sa mise en œuvre, il a ses limites, avec des superpositions d’andains, qui s’ils ne sont pas suffisamment écartés, conduisent à des problèmes de séchages voire de fermentation ».

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière