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Prix du lait
Un accord enfin obtenu

Un accord a été obtenu à 23 heures ce mercredi 3 juin dans le cadre d'une réunion interprofessionnelle difficile entre les 3 familles de la filière laitière (producteurs, coopératives et industriels privés) sous l'égide du Ministère de l'Agriculture. C'est un mauvais accord pour les agriculteurs, puisque conclu à 280 €/1000 litres avec des variantes à la baisse selon que les entreprises ont une part plus importante de produits industriels (beurre-poudre). Mais de l'avis de la FNSEA et de la FNPL, "cet accord était indispensable" pour remettre l'interprofession au coeur des négociations sur le prix du lait. Pour arriver à cet accord, l'État s'est engagé à mettre en place des mesures d'accompagnement pour la crise que traverse actuellement les éleveurs laitiers, pour une enveloppe globale de 30 millions d'euros.

Un compromis difficile.
Un compromis difficile.
© HLP

Accord interprofessionnel sur trois prix du lait
Tard dans la soirée du 3 au 4 juin, un accord, obtenu à l'arraché, a finalement été trouvé sur le prix du lait. Les trois branches de l'interprofession, éleveurs, coopératives et industriels privés, fortement pressées par le gouvernement, se sont entendues sur un dispositif tournant autour de trois prix du lait en moyenne pour 2009.  Selon que l'entreprise auquel le producteur livre a une part plus ou moins grande de produits industriels (beurre, poudre) dans son «mix-produit», les trois catégories de prix moyen sont 280 euros pour 1 000 litres (pour 20% de part de beurre-poudre), 272 euros (pour 30%) ou 262 euros (pour 34%).
Le dispositif prévoit aussi, selon le ministère, «un engagement des trois familles à négocier un accord d'ici la fin de l'année pour définir un encadrement professionnel concernant les futures relations contractuelles entre producteurs et transformateurs.» Pour inciter les parties prenantes à s'entendre, le ministère de l'agriculture a accepté de participer financièrement à l'accord. Un plan d'aides pour les exploitations fragilisées, d'un montant de 30 millions d'euros permettra un allégement des charges financières et sociales ainsi qu'un «renforcement du dispositif de modernisation des bâtiments d'élevage». Une concertation sera engagée dans les jours qui viennent pour en définir les modalités de mise en œuvre.

Dès jeudi matin, les réactions ne se sont pas faites attendre.

Michel Barnier souligne l’attitude responsable de chacun, producteurs, coopératives et entreprises privées, qui ont su répondre à la nécessité d’aboutir à un accord en dépit d’une situation conjoncturelle difficile pour tous. « Cet accord inscrit les relations producteurs et industriels dans un cadre contractuel. C’est l’opportunité d’assurer la visibilité et la stabilité dont l’ensemble de la filière a besoin » soulignera-t-il dans un communiqué.

La FNPL déclare que « cet accord a un effet structurant pour la filière, et remet l'interprofession au centre de la construction du prix du lait. Il donne des perspectives aux producteurs et aux transformateurs dans une Europe en pleine dérégulation ».

FNSEA : insatisfaisant mais indispensable

« Malgré la déception des producteurs, fortement mobilisés ces dernières semaines, la FNSEA considère que la FNPL a pris une position courageuse et que cet accord était indispensable ». En effet, si la solution n’avait pas été trouvée rapidement, les prix seraient restés à des niveaux catastrophiques. « Les producteurs auraient ainsi été laissés dans le chaos de la volatilité des prix et des volontés des laiteries », ajoute-t-elle. Certains producteurs avaient déjà été informés par certaines laiteries d’un prix compris entre 205 et 217 euros/1000 litres pour le mois de mai !
Pour la FNSEA, « cette signature engage toutes les entreprises » et elle veillera  « par observations et par actions s’il le faut, à ce que chaque entreprise respecte intégralement les termes de l’accord ».
Au-delà du sacrifice imposé aux producteurs, la FNSEA demande au gouvernement de remettre de l’ordre et de la morale dans les relations fournisseurs/distributeurs. « Il n'est pas pensable que d'autres continuent à se faire du gras… Nous voulons y voir plus clair et nous nous en donnerons les moyens dans les jours qui viennent », menace-t-elle.

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