Trouver des solutions pour pouvoir avancer
AGRICULTURE - Caroline Maury, nouvelle sous-préfète de Mauriac, est allée à la rencontre des agriculteurs au Gaec de l’Étang de Sion, à l’invitation des syndicats FDSEA et Jeunes agriculteurs.
AGRICULTURE - Caroline Maury, nouvelle sous-préfète de Mauriac, est allée à la rencontre des agriculteurs au Gaec de l’Étang de Sion, à l’invitation des syndicats FDSEA et Jeunes agriculteurs.
À l'invitation de la FDSEA et des JA
Caroline Maury, sous-préfète de Mauriac, était ce jeudi au Gaec de l’Étang de Sion, chez Gaëlle Bergeron et Pierre Baladuc, pour rencontrer les agriculteurs du secteur et les responsables départementaux de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs à l’invitation des deux syndicats. Rappelant le début de son parcours professionnel et trois années et demi en tant que maître de conférence en science politique à Clermont, mais dans une école d’ingénieur agronome, Caroline Maury confirmait ainsi son appétence pour le monde agricole. “C’est ma première sortie agricole et il est important pour moi d’être à l’écoute du terrain.”
Travailler ensemble
Le Cantal est un département rural où l’agriculture est un pilier prégnant de l’économie, faisait valoir Valentin Delbos, président des JA. On préfère donc travailler avec vous (l’État) en amont, dans l’échange autour de sujets parfois compliqués et qui nous préoccupent plutôt que d’aller dans l’affrontement systématique. Cela peut arriver, parfois on est obligé d’y aller, mais souvent on essaye de régler les problèmes avant qu’ils arrivent.”
Réponse immédiate de Caroline Maury : “Mon téléphone est ouvert. Je suis quelqu’un qui préfère discuter, même si l’affrontement peut arriver. Cela fait partie du syndicalisme et je n’ai aucun problème avec ça. Mais sachez que ma porte est ouverte à la discussion, à n’importe quel moment.” Et la représentante de l’État sera servie avec des échanges francs.
La grosse problématique "eau"
Actualité oblige, le climat a ouvert le bal avec l’eau comme fil directeur d’une situation de plus en plus compliquée pour les agriculteurs. “Bienvenue sur le territoire”, enchaîne alors Pierre Baladuc, qui évoque le GIEE créé voici sept ans et qui permet, depuis, une autonomie en fourrage et en eau “afin d’être le plus autonome possible”, en tirant le moins possible sur le réseau, insiste le producteur. Initiative pertinente et collective avec l’idée que l’État “doit mettre l’argent là où c’est utile”, surtout quand l’eau est là.
Des mesures urgentes
L’occasion d’alerter sur le fait que le Cantal est confronté à un épisode de sécheresse particulièrement précoce et intense, “des mesures d’urgence doivent être mises en œuvre dès maintenant, revendique Joël Piganiol. Le sujet de stockage de l’eau est prégnant pour tous les secteurs de l’activité agricole et pour l’élevage en particulier”. Stocker de l’eau avec ces retenues tampons devient une nécessité, d’autant que cela concerne en très grande majorité l’abreuvement des animaux. Pour autant, Stéphane Chanut, président FDSEA du canton de Salers, est toujours dans l’attente du traitement de son dossier du côté d’Anglards-de-Salers.
Sécuriser l'alimentation des troupeaux
Au-delà de l’eau, c’est aussi trouver des solutions rapides afin de sécuriser l’alimentation des troupeaux. La profession estime qu’il faut anticiper les besoins en fourrages, “notamment en facilitant la prise en charge du transport”, présente Mathieu Théron, membre du bureau de la FDSEA. Fourrage et paille manquent autour du Cantal, alors que dans la Marne il y en a plein. “Mais nous n’avons pas les moyens de le faire venir.”
Un point sur les filières lait et viande
Sur le volet laitier, les syndicats ont évoqué l’enjeu du “maintien d’un tissu à la fois de producteurs et d’entreprises permettant de valoriser le lait en bio, le lait en conventionnel”. C’est l’argument principal qui sera débattu lors des prochaines assises laitières, à l’automne prochain, avec une feuille de route très claire sur les dix prochaines années.
Sur le volet viande, la situation n’est pas meilleure, “voire pire avec des “cours des broutards qui ont beaucoup baissé, - 1,5 €du kilo”, a pointé Delphine Freyssinier, secrétaire générale de la FDSEA. L’occasion d’évoquer le marché aux cadran de Mauriac où “depuis deux ans et demi, tous les lundis,
l’équivalent d’un cheptel entier part”, précisait l’éleveur Stéphane Desaymons. Un outil qui doit “conserver ses ambitions” et que “l’on doit aussi faire évoluer”.
Le fléau loup... et le vautour
Autre sujet abordé, la prédation avec la demande faite de “pouvoir adapter les règles de gestion aux réalités du territoire. Le loup, c’est un coût de 40 000 €/individu pour l’État pour le maintenir, affirme Valentin Delbos. Est-ce qu’il ne vaut pas mieux abattre un loup que le conserver ? Il n’est pas
question d’abattre tous les loups, juste ceux qui nous attaquent”.
Derrière la problématique loup, Delphine Freyssinier a pointé celle des vautours.
Le vautour, il chasse. On y est tous les jours, encore hier une attaque. Ils viennent de Lozère et cela fait des dégâts considérables. Mais comme il est considéré charognard et pas prédateur, on n’est pas indemnisés. Il est temps de réguler car là, on est envahis.”
Des garanties
Plus largement, les syndicats ont également demandé à ce que l’on puisse garantir un revenu digne aux éleveurs, de défendre une Pac adaptée à l’agriculture de montagne ou encore de pouvoir accompagner l’installation des jeunes. À l’unisson, et sur des sujets majeurs, les agriculteurs
demandent “à ce que l’on mette du bon sens paysan. On peut toujours s’asseoir autour d’une table, s’il n’y a pas de bon sens, cela ne sert à rien”. À l’écoute, Caroline Maury a confirmé qu’elle était prête à se mobiliser, voire à aller chercher des financements.