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Trouver de nouveaux débouchés pour les veaux laitiers

Avec la DNC, de nombreux veaux laitiers ont dû être maintenus plusieurs semaines dans les élevages situés en zone réglementée avec des conséquences importantes. Le Comité régional filière bovins lait (COREFI) de Nouvelle-Aquitaine travaille depuis lors sur le devenir des veaux laitiers.

   
   
© Freepik

Un problème sanitaire aux conséquences lourdes

Début décembre 2025, un cas de DNC était détecté en Hautes-Pyrénées. Très rapidement, 129 communes des Pyrénées-Atlantiques se retrouvent en zone réglementée avec interdiction de tout mouvement d’animaux. Le reste du département et les Landes sont en zone vaccinale 1. « Les conséquences pour les éleveurs sont énormes, explique Maider Laphitz, responsable filières animales à la Chambre d'agriculture 64. Elles ne sont pas seulement économiques, il a aussi fallu organiser la vaccination, l’intervention des services techniques… Cela montre qu’un problème sanitaire peut tout remettre en cause du jour au lendemain ». Aujourd’hui, 95 % du cheptel est vacciné et les mouvements d’animaux sont de nouveaux autorisés. Toutefois la vigilance est de mise : un foyer de DNC a récemment été détecté en Aragon (Espagne) ce qui a conduit 26 communes de Hautes-Pyrénées en zone de surveillance. « On voit que la crise sanitaire peut très vite repartir, résume Iban Perret, président du Comité régional filière bovins lait (COREFI). C’est pourquoi nous avons souhaité travailler sur le devenir des veaux laitiers et trouver des pistes d’actions qui pourront nous être utiles. »

Le point sur la filière veaux

Selon les chiffres présentés par Interbev Nouvelle-Aquitaine, la région détient aujourd’hui 18 % du cheptel national de veaux et se situe en seconde position pour l’export avec 70 % de broutards exportés. Si la consommation de viande bovine est stable, on observe un recul du piécé au profit de la viande hachée et des préparations à base de viande. La décapitalisation observée au plan national est très marquée pour les bovins lait néoaquitains avec -33 % en dix ans. Depuis 2021, les crises sanitaires successives ont conduit à une baisse du nombre de veaux, due à la fois à une surmortalité et à une sous-fertilité. Tout ceci amène à un déséquilibre entre l’offre et à la demande. À ce rythme, la France pourrait ne plus être autosuffisante qu’à 67 % en 2035. Si l'on étudie le devenir des veaux nés en 2020 en Nouvelle-Aquitaine, on s'aperçoit qu’un veau laitier mâle part à 60 % en veau de boucherie, tandis que les femelles sont utilisées pour le renouvellement à 55 %. 1/3 des veaux laitiers mâles et 14 % des femelles sont exportés, un chiffre en hausse. Dès lors, serait-il possible de les engraisser pour la restauration hors domicile par exemple ? La région Bretagne travaille déjà sur le sujet. La question mérite d'être posée puisque l'on sait qu’à l'heure actuelle 55 % de la viande de la restauration hors domicile est importée.

Engraisser les veaux laitiers

Pour Jean-Bernard Sallat, président d’Interbev Nouvelle-Aquitaine, « remettre de l'engraissement sur le territoire n'est pas simple, il faut étudier un périmètre, une complémentarité entre les zones, mais il y a de la place pour tout le monde, laitier comme allaitant, pour stabiliser l'approvisionnement en viande ». À la demande d’Interbev NA, du CRIEL et des Chambres d’agriculture, entre autres, des travaux sont menés par l’IDELE pour augmenter la production de viande rouge finie en région et diminuer l’envoi de veaux de moins de 2 mois à l'export. Il s'agit d'évaluer le potentiel de la production et les débouchés possibles puis d'outiller les acteurs de la filière pour développer une stratégie et accompagner ce développement. La ferme expérimentale du Centre d'Innovation et de Recherche sur la production de viande rouge issue du troupeau laitier (CIRBEEF – Idele) étudie actuellement les itinéraires techniques d’engraissement possibles selon les besoins. Trois itinéraires ont été présentés. 895 bœufs et génisses ont été testés en conduite à l’auge ou conduite herbagère pour les animaux nés en automne et ceux nés au printemps. L’objectif commun est d’atteindre les 300 kg carcasse entre 15 et 20 mois pour correspondre à la demande de la RHD.

 

 

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