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Tourisme : un mois de juillet catastrophique

Dans le Cantal, de nombreux prestataires touristiques déplorent une baisse d’activité en juillet. Mauvais temps, crise économique, tendance structurelle : les explications divergent.

La plage de Rénac reste déserte malgré le retour du soleil.
La plage de Rénac reste déserte malgré le retour du soleil.
© C.Dubarry

Ce n’est pas qu’une impression : le mois de juillet a été calme dans le Cantal. Il y a eu moins de monde,  et ce  “moins demonde” peut même se mesurer assez précisément. “On enregistre une baisse de 8 % à 9 % de fréquentation au mois de juillet par rapport à l’année dernière d’après notre logiciel de statistiques, annonce ainsi Sarah Crozemarie, la directrice de l’office de tourisme du pays Gentiane. C’est essentiellement lié aux conditions météo. Notre programme “Une animation/une commune” a ainsi accusé le coup : randonnée découverte, traite au buron… Les gens qui avaient réservé ont appelé pour annuler à cause du mauvais temps, ce qui peut se comprendre.” À Cheylade, au pied du Puy-Mary, les personnes qui avaient loué le gîte trois étoiles du Limon ont eux aussi renoncé à leur séjour. À cause de la pluie ? “Je ne sais pas. Le facteur économique y est sans doute aussi pour quelque chose, analyse la propriétaire, Mme Albaret. Les gens nous réclament de plus en plus des rabais.”


Un effet crise ?


Pour le gérant de l’hôtel-restaurant Le Beffroi, installé depuis 30 ans à Salers, le temps n’y est pour rien. “J’ai connu des mois de juillet où il n’y avait pas deux jours de beau, et c’était bourré de monde, raconte- t-il, en déplorant une chute de 50 % de fréquentation dans son hôtellerie. Cette année, on voit bien que les gens ne sont pas partis. Mais ce n’est pas nouveau : depuis 2000, ça ne cesse de baisser.” À Riom-ès-Montagnes, le petit train touristique Gentiane express ne réussit pas à remonter la pente après des mois d’avril-mai pourtant prometteurs (+ 30 % de remplissage). “Notre activité a chuté enjuin et en juillet, confirme Tristan Brohan, vice-président de l’association des chemins de fer de la Haute-Auvergne. Il y a un effet crise indéniable : nous sommes un produit de surplus, les gens rognent en premier sur les prestations touristiques.” Ceux qui s’en sortent le mieux sont encore ceux qui peuvent compter sur une clientèle locale ou sur de l’événementiel. “Ma clientèle est composée à 90 % d’habitués et pour le moment, ma saison est excellente”, se félicite Marc Williot, gérant du restaurant La Diligence à Salers, qui table sur une augmentation de 5 % de son chiffre d’affaires en juillet. “L’Aquaterra (trail de Bort-les-Orgues, NDLR) m’a amené du monde, poursuit de son côté Éric Serre, patron de l’Auberge du Lac à Madic. Sinon, les touristes sont rares, à part ceux venus pour des réunions de famille.”Malgré les investissements “Juillet accuse une baisse”, confirme encore le syndicat mixte du Puy-Mary qui rayonne sur plusieurs vallées. D’autant plus regrettable que sur les trois maisons de site, mai et juin ont été globalement bons, et que l’emblématique montagne cantalienne a beaucoup séduit ces deux dernières années, malgré une période de travaux. Autre point touristique important, le lac de Saint-Étienne-Cantalès, où là aussi les collectivités ont investi dans l’équipement touristique. Non loin de la plage d’Espinet, le camping “Les rives du lac” enregistre une baisse de fréquentation d’environ 40 % par rapport à juillet dernier, comme le confie son gérant  Franck  Delmonteil  sur  laterrasse vide du snack de l’établissement. En dépit de la mise en service de la passerelle himalayenne et des nouveaux aménagements de la plage de Rénac toute proche, les touristes ont été, là encore, découragés par une conjoncture économique maussade et une météo des plus capricieuses.


La recette du succès


Dans ce contexte tendu de baisse du pouvoir d’achat, les rares professionnels satisfaits pointent la fidélité de la clientèle et l’image de la région comme principaux  facteurs  de succès. Car il y a les exceptions qui confirment la règle, comme le camping du Val Saint-Jean à Mauriac. “Chez nous, c’est paradoxal mais nous sommes complets !”, se réjouit le directeur Jean-Claude Gauthier. “Plein  en  hébergement jusqu’au 30 août, plein en chalets jusqu’au 15 septembre, et en camping il nous reste cinq emplacements sur 91 !” Des résultats qui s’expliquent aussi selon lui par une bonne campagne de communication, une distinction au sein du réseau européen des campings agréés “camping chèques” et des animations à la pelle pour contrer le mauvais temps… Croisons quand même les doigts pour que le soleil revienne au mois d’août afin que les Allemands, Danois et autres Belges du  Val  Saint-Jean  puissent aussi découvrir, entre deux parties de laser game et de zumba, notre beau territoire.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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