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Toujours là malgré les intempéries

Si les inondations de début 2026 ont malmené les producteurs de fruits et légumes, les premiers légumes de saison arrivent malgré tout sur les étals, fraises et asperges en tête. Vincent Lacassagne, vice-président d’Interfel* Nouvelle-Aquitaine et directeur de Terre Azur Aquitaine Limousin fait le point sur la situation.

© PD avec IA

Quelle est la situation des producteurs de fruits et légumes de Nouvelle-Aquitaine après les intempéries de cet hiver ?

VL. La Nouvelle-Aquitaine est un gros bassin de production en fruits et légumes et particulièrement le Lot-et-Garonne qui a été très touché par les inondations. Les conséquences sont nombreuses. La première est une conséquence à court terme sur la production avec la destruction d’abris, l’inondation des serres. Dans un second temps il existe aussi un risque accru de développement de maladies. Les difficultés sont les plus grandes sur la production de pleine terre. Au final, le début de campagne est perturbé. Pour l’asperge, c’est un décalage du début de campagne, tandis que pour la carotte, les conséquences se font sentir plutôt sur la qualité de conservation. En ce qui concerne les fraises, il y a aussi un décalage. Les surfaces de production continuent toutefois d’augmenter chaque année.

Ce décalage ne favorise-t-il pas l’importation d’autres fruits et légumes européens ?

VL. Pas vraiment. L’Espagne a été touchée également par la pluie et par de fortes tempêtes en début d’année. Comme la production était plus avancée, les conséquences sont plus fortes pour eux. Aujourd’hui par exemple, l’export de fraises espagnoles est en baisse de 50 %, les volumes sont irréguliers et les prix élevés. Traditionnellement en France, le pic de consommation de fraises se situe en mai juin. Nous sommes prêts à monter en puissance et le pic de production des gariguettes arrive bientôt.

Quels sont les autres sujets du moment pour la filière Fruits et Légumes ?

VL. Notre question de fond est toujours : comment développer la consommation de fruits et légumes ? Nous avons longtemps communiqué sur l’aspect santé mais les fruits et légumes ne sont pas des médicaments. Aujourd’hui nous souhaitons mettre en avant l’aspect moment de plaisir avec la campagne de communication « Jamais trop ». Les légumes bottes que l’on trouve actuellement, c’est le retour du printemps, le partage en famille. Nous n’avons jamais aussi bien produit en France que ce soit dans les pratiques culturales, dans l’engagement qualité. Il faut aussi s’adapter aux nouveaux modes de consommation : la disparition du triptyque entrée-plat-dessert, le développement des planches apéro, des « produits solutions » tels que les légumes déjà épluchés.

D’un point de vue réglementaire, quelles sont les attentes de la filière ?

VL. Les producteurs ont besoin avant tout de lisibilité. La question de l’eau est centrale également. Celle-ci est abordée dans les Conférences de la souveraineté alimentaire lancées par la ministre de L’Agriculture. Interfel travaille sur cette question et celles de l’adaptation variétale, de l’impact du changement climatique. Nous participerons à ces consultations. Pour terminer, il faut aussi rappeler que tous les maillons de la filière doivent être respectés.

* Interfel : interprofession des fruits et légumes frais

 

La Nouvelle-Aquitaine première région productrice de fraises et d’asperges

Fraise :
30 200 tonnes produites en 2024, soit plus de 50 % de la production nationale
Une production concentrée en Lot-et-Garonne (environ 20 000 t) et en Dordogne (environ 6 000 t) avec des signes de qualité reconnus : Label Rouge Fraise et Indication Géographique Protégée Fraise du Périgord
Asperge :
12 000 tonnes produites en 2024 (45 % de la production nationale) en premier lieu dans les Landes (plus de 5 500 t) puis en Gironde (environ 2 500 t)
Plusieurs Signes Officiels de la Qualité et de l'Origine (SIQO) : IGP Asperge des Sables des Landes, IGP Asperges du Blayais et Label Rouge Asperges

 

 

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