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Couverts végétaux : de réels atouts agronomiques

 Les couverts végétaux implantés sur le secteur de Brioude ont fait l'objet d'une visite le 16 décembre. L'occasion de découvrir des pratiques agronomiques aux bénéfices nombreux.

11 modalités à l'essai

Le 16 décembre, les couverts végétaux étaient à l'honneur à Brioude où une parcelle a permis d'observer le comportement de 11 modalités de couverts. Proposée par la Chambre d'agriculture Haute-Loire, dans le cadre de l’animation agricole d'un captage du Puits des Vignes, en partenariat avec la FDCUMA 43, le Syndicat de Gestion des Eaux du Brivadois, avec le soutien de l'agence de l’eau Loire-Bretagne, cette visite d'essais a permis de mettre en lumière l'intérêt agronomique des couverts végétaux en interculture.

 

Des atouts certains

Patricia Tyssandier, conseillère en production végétale à la Chambre d’agriculture, a listé les rôles et les atouts de ces plantes de couverture : « Les couverts végétaux limitent le lessivage de l’azote et des éléments nutritifs en période automnale et hivernale en jouant un rôle de piège à nitrates. En captant l’azote résiduel, ils réduisent les pertes vers les nappes et peuvent, après destruction, en restituer une partie à la culture suivante. à noter que les couverts à base de légumineuses introduisent en plus une entrée d’azote “neuf“ par fixation symbiotique, ce qui permet de raisonner sa fertilisation minérale et d’en réduire les quantités/ha».

Limite le développement des adventices

La qualité de l’implantation (date, densité, choix d’espèces et éventuellement fertilisation organique autorisée) conditionne la production de biomasse et donc le niveau de service rendu. « À l’échelle du système, l’intégration régulière de couverts permet de lisser les charges d’intrants et d’améliorer le rendement technico-économique des cultures suivantes. Ils limitent le développement des adventices

En effet, l’introduction d’espèces étouffantes et de rapidité de développement permet de fortement concurrencer le développement des “mauvaises herbes“ au moment où la parcelle est la plus sensible. La compétition pour les ressources (lumière, eau et nutriments dans le sol) permet de réduire la biomasse des adventices et la production de semences (ce qui évite d’alimenter le stock de semences du sol et de futures levées). Certaines espèces réduisent aussi la levée d’adventices grâce à des effets allélopathies (sarrasin...)».

Moins d'érosion

Les couverts végétaux aident à limiter l’érosion. « Leurs systèmes racinaires stabilisent les agrégats et créent une porosité continue, favorisant l’infiltration de l’eau plutôt que son écoulement superficiel, y compris sur parcelles en pente. Sans oublier qu’ils contribuent à améliorer la structure du sol en générant un réseau racinaire dense qui fissure les zones tassées ; ce qui était le cas ces 2 dernières campagnes suite aux conditions de récoltes puis de semis en conditions humides ».

A valoriser en fauche ou pâturage

Les couverts végétaux peuvent être valorisés en fauche ou pâturage, « ce qui augmente la production de matière sèche sur l’année et renforce l’autonomie fourragère de l’élevage. Les résultats d’analyses réalisées sur les 11 modalités implantées montrent des couverts à bonne valeur énergétiques et protéiques avec de bonnes digestibilités ».

Si pendant longtemps, ces cultures ont été perçues comme une contrainte, aujourd’hui, on peut affirmer qu'elles disposent d'un réel atout agronomique, en particulier dans le fonctionnement du sol. 

Sur des sols compactés, suite à un travail du sol en conditions humides, l'implantation de couverts végétaux à base de crucifères améliore le sol ; ce dernier retrouve une certaine porosité, ce qui relance l'activité biologique et favorise le rendement » explique la conseillère.

Concernant la gestion de l'enherbement de ces essais, le potentiel d'action des couverts végétaux implantés fin juillet n'a pas été optimal en raison de l'effet sécheresse et des fortes chaleurs. 

Mais malgré tout, « nous avons réussi à obtenir des rendements de 2 tonnes/MS/ha et une amélioration de la structure du sol ».

Facteurs agronomiques

Alors, pour quel type de couverts végétaux faut-il opter ?

Selon la conseillère, « la réussite et le retour sur les services rendus du couvert végétal dépendent fortement du contexte pédoclimatique, de la place dans la rotation et des objectifs recherchés : piégeage d’azote, restructuration, fourrage...».

Aussi, le choix des espèces est primordial afin de répondre au mieux aux besoins prioritaires de l’exploitation. 

«L’implantation de 3-4 espèces aux profils racinaires et de développement aérien complémentaires optimise les services du couvert : une légumineuse pour la fixation d’azote, une graminée à racines fasciculées pour structurer la surface, une crucifère pivotante pour explorer les horizons profonds, et une hydrophyllacée (phacélie) ou autre plante (sarrasin) pour briser les cycles des bioagresseurs. Plus les ports et dynamiques de croissance sont variés et complémentaires au sein de ces familles, plus le couvert assure une couverture efficace du sol et maximise sa production de biomasse et le captage de l’azote dans le sol» précise-t-elle.

Ce jour-là, les agriculteurs présents ont également pu assister à des démonstrations de matériels de destruction de couverts.

Tous les résultats seront prochainement publiés sur le site internet de la Chambre d’agriculture.

Plus d’information auprès de Patricia Tyssandier (06 32 20 57 43).

 

 

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