Aller au contenu principal

Thierry Roquefeuil FNPL : "La loi Sapin II doit s'appliquer"

Alors que le congrès de la Fédération nationale des producteurs de lait se tient à partir d’aujourd’hui mercredi 15 mars, à Langres, son président fait le bilan des récentes négociations commerciales, et invite les producteurs à rester mobiliser.

Thierry Roquefeuil, producteur de lait dans le Lot et président de la FNPL.
Thierry Roquefeuil, producteur de lait dans le Lot et président de la FNPL.
© SC

Les négociations commerciales entre industriels et grande distribution se sont achevées fin février. Avec quelles perspectives de prix du lait payé au producteur ?

Thierry Roquefeuil : Aujourd’hui, à entendre les entreprises, ces négociations commerciales ne nous satisfont pas. Nous avons l’impression que les débats se sont focalisés sur les problèmes économiques que l’on connaît sur les marchés européens (poudre), plutôt que sur les tendances haussières au niveau mondial qui concernent les matières grasses, le lactosérum. Toute la partie super-valorisée sur la matière grasse est passée à la trappe. Dans ces conditions, on nous annonce un prix du lait sur le premier trimestre, autour de 305-310 euros/1.000 litres, et sur le second trimestre, plutôt proche de 300 euros/1.000 litres. Nous sommes bien loin de ce que les indicateurs de début d’année laissaient présager.

Quels sont les leviers pour faire entendre le message économique porté par la FNPL en faveur de la prise en compte des coûts de production ?

T.R. : Notre syndicalisme a effectivement vocation à porter un vrai message économique en faveur d’un prix du lait qui prenne en compte les charges des producteurs. C’est l’ambition de la charte des valeurs initiée en 2016, que malheureusement trop peu d’entreprises ont signé. Pour avancer sur ce sujet, nous avons travaillé avec les pouvoirs publics pour que cette charte des valeurs entre dans la loi Sapin II. Là-aussi on se heurte à un problème de timing, avec des entreprises qui estiment que comme la promulgation de la loi est intervenue en décembre 2016 au moment où les négociations avaient débuté, la loi ne devrait s’appliquer qu’en 2018. Nous avons adressé un courrier au Premier ministre pour que la loi, qui concerne uniquement les productions contractualisées, soit respectée. Les producteurs ne peuvent pas attendre plus longtemps. Si la loi est sortie, les députés et sénateurs ont reconnu qu’il y avait du sens à intégrer les coûts de production des éleveurs dans le prix payé aux producteurs.

Après deux années de crise laitière, l’Europe a-t-elle selon vous été à la hauteur ?

T.R. : On a des outils pour gérer des crises, notamment l’intervention, mais ils ont été mal utilisés par la Commission. Ces leviers doivent perdurer mais l’intervention doit être concomitante à des initiatives de réduction de la production. Dès l’embargo russe, le Commissaire Hogan aurait pu prendre des décisions, ce qui auraient évité aux producteurs de lait français et européens d’en payer le prix fort. La volatilité dans la filière laitière, elle ne pèse aujourd’hui que sur les producteurs. Les industriels, la grande distribution, personne n’a intégré cette volatilité. D’où la nécessité d’une part de faire appliquer la loi Sapin II au niveau français, et d’autre part d’actionner les outils de régulation et d’intervention à l’échelle européenne.

Propos recueillis S.Chatenet

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière