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Témoignage : Un bon pâturage, ça ne s’improvise pas, ça s’organise !

Adepte du pâturage tournant, Hugues Doumazane, éleveur de limousines à Sioniac, témoigne de sa satisfaction pour cette méthode simple et efficace. Fort de 15 ans d’expérience, il partage ses conseils :

© DR

La première chose est de bien repérer ses points d’eau et de découper les parcelles en paddocks autour de l’abreuvement. Par exemple, sur un îlot de 18 ha, j’ai 3 points d’eau : un pour 2 ha, les deux autres pour 8 ha chacun. »

L’accès à l’eau pour chaque paddock est souvent la contrainte la plus forte. Il faut s’organiser en créant des couloirs d’accès, en aménageant plusieurs points d’eau (solution plus coûteuse mais pérenne), ou, plus rarement, en apportant l’eau.

Le deuxième élément est de prévoir un sens de circulation simple dans les paddocks pour faciliter le déplacement des animaux, » explique Hugues. 

Il est essentiel de connaître la première parcelle à pâturer et de réfléchir aux passages vers les autres. Une fois le circuit prédéterminé, le retour du dernier paddock vers le premier doit être facile et logique, sans retraverser toutes les parcelles.

Avec le changement climatique, je conseille d’avoir de l’ombre dans chaque paddock. En mi-juin, j’ouvre parfois deux paddocks pour que les animaux puissent se protéger des fortes chaleurs. » 

En Corrèze, les bordures boisées ou les bosquets offrent une protection naturelle contre les effets climatiques négatifs.

 

Moins de concentré, plus de piquets !

« Cette technique est économique : en 2025, un troupeau de 22 vaches + veaux + 1 taureau a pâturé de mi-mars à début juin. Les animaux avaient accès au nourrisseur, mais n’ont consommé qu’1,5 kg d’aliment par jour et par têtependant cette période. Leur poids moyen au sevrage était de 316 kg. »

Avec le pâturage tournant, si le temps de présence par paddock est inférieur à 5 jours, on observe une forte diminution de la consommation d’aliment par les broutards. Des suivis réalisés en 2010 ont montré qu’après 3 joursdans un même paddock, les nourrisseurs étaient continuellement occupés, contrairement aux 1er et 2e jours. Ainsi, si l’herbe est de qualité, les croissances sont comparables avec très peu d’aliment, au point que certains éleveurs suppriment le nourrisseur au pâturage et complètent au sevrage si nécessaire.

Un autre avantage est le suivi facilité du troupeau : les animaux connaissent le sens de circulation, et on repère facilement un problème lors des changements de paddock. Cela permet aussi de mieux valoriser les surfaces fourragères sans gaspiller l’herbe. »

Certains éleveurs constatent même la fin du gyrobroyage des refus d’herbe, à l’exception de quelques surfaces envahies par les ronces ou les fougères.

 

Méthode de pâturage proposée par Hugues Doumazane

  • Mise à l’herbe sur la surface complémentaire (fauche, 300°-320°) avec foin à disposition pour la transition alimentaire.
  • Pâturage sur cette surface jusqu’à 400°.
  • Début du pâturage sur la surface de base (parcelle 1, puis 2, etc.).
  • Si la dernière parcelle (11) a trop d’herbe pour être pâturée en un cycle, elle est fauchée précocement pour être réutilisable lors du 2e cycle.
  • Respect de l’ordre de passage pour le 2e cycle, puis le 3e cycle.
  • Temps de repos entre deux pâturages du même paddock : 21 à 28 jours.
  • Fauche précoce sur la surface complémentaire, utile en été pour compenser le ralentissement de la pousse de l’herbe.

 

Pour aller plus loin

Une formation VIVEA sur le pâturage tournant est organisée le 24 février à Tulle 
par Benoît Meilhac. Contact : 06 07 67 45 84.

 

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