Témoignage : Bernadette Chirac, une femme de cœur
À l’occasion de son décès, Jean-Paul Merpillat, agriculteur à Sarran et ami de Bernadette Chirac, nous raconte sa vision de la grande dame.
À l’occasion de son décès, Jean-Paul Merpillat, agriculteur à Sarran et ami de Bernadette Chirac, nous raconte sa vision de la grande dame.
Je me souviens de Bernadette comme d’une personne profondément humaine, qui a toujours eu à cœur de s’occuper des autres.
Bien qu’elle ait navigué dans le monde de la politique, son engagement était avant tout social. Elle a toujours été plus attirée par les affaires humaines que par les histoires purement agricoles, même si, bien sûr, elle les a suivies au conseil départemental, toujours dans le courant de son parti, de son mari.
J’ai eu l’occasion de connaître Bernadette et Jacques lorsque mon père était maire de Sarran et qu’ils ont acheté le château de Bity. Mon père a d’ailleurs eu Bernadette comme conseillère municipale. À l’époque, ils venaient souvent chez nous, et j’ai pu voir comment ils interagissaient avec les habitants.
Je me souviens particulièrement d’un épisode où nous avons cherché un jeune agriculteur pour s’installer sur des terres limitrophes. Bernadette et Jacques jouaient un rôle actif, cherchant à aider les jeunes agriculteurs à prendre racine dans la région. Toujours présents pour maintenir ou soutenir un commerce. Ils faisaient leurs courses dans le village, se rendaient à la messe le dimanche.
Lors des cérémonies en son honneur, que ce soit à Corrèze, à Sédières ou à Paris, j’ai été touché par la façon dont sa famille, notamment sa fille Claude, s’est occupée de tout. C’était comme si Bernadette avait toujours été là pour gérer les choses, même dans ces moments difficiles.
Elle avait cette capacité à rassembler les gens, à animer le village, le département, que ce soit avec le Tour de France, le concert de Johnny en Corrèze ou les expositions au musée, qu’elle a souvent initiées. Elle avait un sens aigu de l’organisation et demandait beaucoup de rigueur à ceux qui l’entouraient. Cela pouvait parfois être perçu comme autoritaire, intransigeant, mais c’était aussi sa manière de s’assurer que tout fonctionnait bien. Elle voulait que les choses soient justes et avait un sens de la justice très développé.
Elle a été déterminante dans la création du musée à Sarran, en se battant notamment par la suite pour conserver La Poste au musée, un véritable symbole de son engagement pour le patrimoine local.
Bernadette était toujours là pour discuter avec les gens, s’intéressant à leur vie et à leur travail. Elle se souvenait des détails, des anecdotes, ce qui la rendait très attachante. Jacques la nommait « la tortue » car lui, avec son planning chargé, était toujours à l’attendre.
Même si elle pouvait sembler timide ou réservée, voire même très dure, elle se rapprochait facilement des gensqu’elle connaissait. C’était une femme qui prenait le temps de connaître les habitants de la commune et du canton.
Elle a été une pionnière dans la politique locale, s’impliquant activement dans les campagnes électorales, et il n’y avait pas beaucoup de femmes à cette époque qui avaient le courage de se lancer comme elle.
Je pense que Jacques et Claude l’ont beaucoup encouragée, mais il est indéniable qu’elle avait sa propre force et détermination.
En somme, Bernadette était une femme de cœur, qui a marqué notre région de son empreinte.
Même si elle était un peu plus discrète que son mari, elle a su se faire une place et se rendre indispensable. Son héritage demeure dans les souvenirs que nous avons d’elle et dans les nombreuses initiatives qu’elle a mises en œuvre pour notre communauté. »