Surveillance des Culicoïdes : une nouvelle campagne nationale lancée
Une nouvelle campagne nationale de surveillance des Culicoïdes a débuté en janvier 2026 pour une durée de deux ans. Explications avec le GDS Haute-Loire.
Une nouvelle campagne nationale de surveillance des Culicoïdes a débuté en janvier 2026 pour une durée de deux ans. Explications avec le GDS Haute-Loire.
Surveillance des Culicoïdes : une action coordonnée
Coordonnée par GDS France et le Cirad, cette action fait suite aux précédents réseaux de surveillance menés entre 2009-2012 et 2015-2018. Elle répond au contexte sanitaire marqué par la recrudescence des épisodes de Fièvre Catarrhale Ovine (FCO) et par l’introduction récente de la Maladie Hémorragique Épizootique (MHE) en France.
L’objectif de cette campagne est d’améliorer la connaissance des dynamiques des populations de Culicoïdes, insectes vecteurs de ces maladies, afin de mieux comprendre leur évolution dans le temps, selon les territoires et les variations climatiques. Ce jeu de données sera utilisé par le Cirad pour modéliser et prédire la saisonnalité, l’abondance et les périodes d’activités futures sur l’ensemble du territoire métropolitain. Ainsi, les éleveurs seront alertés du risque précocement.
Un site de piégeage par département
Le réseau compte actuellement 21 départements engagés avec un site de piégeage par département. Les captures sont réalisées toutes les deux semaines jusqu’à fin 2027. Le GDS 43 fait partie de ce dispositif. Le piège est posé sur une exploitation bovine située à Saint-Christophe-sur-Dolaizon. Il reste en place une nuit. Il s'agit d'un piège lumineux constitué d’un tube néon, d’un ventilateur permettant d’aspirer les insectes, d’une moustiquaire à mailles très fines et d’un pot pour recueillir les insectes.
Une période d’inactivité de plus en plus courte
À l’échelle nationale, les premiers Culicoïdes ont été détectés dès la mi-janvier 2026 dans plusieurs sites de la façade atlantique, signe d’une activité vectorielle particulièrement précoce cette année. L’activité est ensuite restée modérée jusqu’à mi-février avant une nette augmentation marquant le démarrage probable du premier pic saisonnier de Culicoïdes.
En Haute-Loire, les premières détections de Culicoïdes ont été observées mi-avril, confirmant une reprise plus tardive de l’activité vectorielle sur le territoire par rapport à certaines zones atlantiques. Cette évolution confirme une tendance observée ces dernières années : la période d’inactivité hivernale des Culicoïdes tend à se raccourcir. En conséquence, les périodes à risque de circulation des virus transmis par ces insectes s’allongent progressivement. Les élevages peuvent ainsi être exposés plus tôt au printemps et plus tard à l’automne, augmentant le risque de transmission des maladies vectorielles comme la FCO ou la MHE.
La poursuite du suivi au printemps et durant l’été permettra d’affiner la connaissance des périodes d’activité des Culicoïdes et d’évaluer plus précisément les risques de transmission des maladies vectorielles selon les contextes locaux.
Grande variation nationale de l’activité des Culicoïdes
En Haute-Loire, un début d’activité dernière semaine d’avril et une fin d’activité fin novembre – début décembre, donc une période d’inactivité d’une vingtaine de semaines. Environ 80 espèces étaient recensées en France. Les zones littorales de la Manche, Nord-Est, Grand Ouest, Centre et Sud-Est ont chacune des espèces différentes et une dynamique des populations différente.
Importance de la vaccination pour protéger son troupeau
Dans le contexte actuel de recrudescence des épisodes de FCO et de l’apparition de la MHE, la vaccination constitue un levier essentiel de protection des élevages. Les Culicoïdes, vecteurs de ces maladies, étant désormais présents sur des périodes plus longues de l’année, les animaux sont davantage exposés au risque de transmission. La vaccination permet ainsi de limiter les conséquences sanitaires et économiques au sein des troupeaux, en réduisant l’impact des infections et en protégeant les animaux les plus sensibles. Elle reste aujourd’hui l’un des moyens de prévention les plus efficaces.
A propos des Culicoides
Le genre Culicoides comprend plus de 1400 espèces dans le monde, dont environ 80 en France. Ce sont de très petits insectes piqueurs (1 à 4 mm). Seules les femelles piquent pour se nourrir de sang, et certaines espèces sont très agressives. Selon les espèces, elles piquent surtout les mammifères ou les oiseaux.
Ces insectes se déplacent peu par eux-mêmes, mais peuvent être transportés loin par le vent. Leur durée de vie est généralement de 10 à 20 jours.
Les œufs sont pondus dans des endroits humides riches en matière organique en décomposition, comme les feuilles mortes ou les déjections animales. Les larves se développent en plusieurs étapes avant de devenir des adultes.