Stade aurillacois : rentrer très vite dans le vif du sujet
Jour de l’ouverture du championnat : le Stade aurillacois semble être prêt à reprendre le combat. Mais quel visage va-t-il montrer à l’occasion d’un premier bloc de tous les dangers ?
Jour de l’ouverture du championnat : le Stade aurillacois semble être prêt à reprendre le combat. Mais quel visage va-t-il montrer à l’occasion d’un premier bloc de tous les dangers ?
Grenoble, Dax, Oyonnax, Brive, Provence. Trois déplacements pour deux réceptions, le Stade aurillacois va vite être fixé sur son sort lors de ce premier bloc où il devra faire face à deux bêtes blessées (Grenoble et Dax) avant d’enchaîner sur trois clubs qui ont joué les phases finales l’an dernier.
Au sortir d’une saison 2025-2026 cataclysmique où les Cantaliens ont tutoyé les sommets durant sept mois avant de sombrer inexorablement entre fin mars et mai, il restait sept matches et les Cantaliens ont enregistré autant de défaites. Du jamais vu sur une même saison !
“On n’arrivait plus à passer le bon message”
“On avait très peur après le match de Carcassonne, à savoir qu’on n’arrivait plus à passer le bon message et il s’est avéré que beaucoup ont décroché, avoue Roméo Gontineac. Le président a dit que tout le monde avait décroché (!) Moi, je pense que tout le monde s’est accroché, mais pas dans la même direction, pas à la même vitesse.”
Même si “tout n’est pas à jeter” sur les deux dernières rencontres, le coach cantalien considère tout de même “qu’on était au bout psychologiquement, au bout physiquement” car il ne faut pas oublier que “certains joueurs sont arrivés à 25-27 matches joués dans la saison... cela fait beaucoup”. Autre élément à prendre en compte pour le coach, les 18 blessés en fin de saison et donc une infirmerie archi pleine, ce qui explique, peut-être, pourquoi certains joueurs ont été plus sollicités que d’autres. Pour autant, cela n’explique pas pourquoi autant de joueurs sont restés sur le carreau l’an dernier...
Comme tout son staff, Roméo Gontineac a été très marqué par cette fin de saison. Il s’est posé beaucoup de questions, s’est énormément remis en question au point d’avoir semé le doute dans les esprits quant à la suite à donner à son contrat. Mais le technicien roumain a réussi à surmonter tout cela grâce au soutien des joueurs et de la
direction.
Cela ne sert à rien de ressasser le passé. Il faut donc aller de l’avant et se donner des objectifs à atteindre, se challenger en permanence pour éviter un nouveau drame. Et comme l’a rappelé le président Christian Millette, un “autre” regard sera porté sur l’attitude des joueurs sur la pelouse.
L’intersaison a été animée avec 16 départs pour quasiment autant de recrues. “On essaye toujours de développer notre projet de jeu offensif, admet l’entraîneur, et de travailler à exploiter toute la largeur du terrain, de ne pas trop passer au sol car c’est là que la bataille se gagne ou se perd.” Les profils retenus pour 2026-2027 ont
vocation à être plus performants sur “le petit périmètre, avec un profil “perce muraille” si l’on peut dire”.
Pas question pour autant de laisser de côté les bases, à savoir une mêlée solide, disciplinée, qui ne recule pas et, si possible, prend l’avantage sur son adversaire. Dans la zone d’affrontement, il s’agira aussi de pouvoir casser les lignes, notamment la première ligne de défense, avec des hommes puissants et joueurs. Dans ce registre, certains doivent s’affirmer, comme Mehdi Slamani, Viliami Taulani, Karsen Talalua, confirmer - Ofa Manuofetoa -, montrer ce qu’ils savent faire à l’image de Stephan Le Roux, Mattéo Coustalat, Ben Houston ou encore Paulo Tauiliili...
Le challenge
Le Stade aurillacois a également besoin de plus de certitudes, de constance sur ses lancements en touche. La qualité est pourtant bien là chez les talonneurs rouges et bleus, mais il y a tellement mieux à faire, notamment en zone de marque. Et quand on sait que le “contre” aurillacois était l’un des meilleurs l’an dernier, cela laisse encore plus de regrets !
Le challenge est grand pour ce groupe d’une cinquantaine de joueurs. Les matches amicaux ont montré de belles choses et la victoire face à Montauban a fait du bien aux têtes, mais pas seulement. Bien sûr, elle a cassé la spirale des défaites lancée fin mars, mais c’est surtout le contenu qui est à retenir. Tout comme face à Grenoble une semaine plus tôt avec deux tiers temps encourageants avant de céder sur le dernier. Face à Montauban, pas de trous dans la raquette ; cohérent du début jusqu’à la fin.
Doit-on y voir déjà un peu de la “patte” de Hadley Jackson qui a remplacé Jérémy Wanin cet été dans le rôle d’entraîneur des lignes arrières ? Il n’est pas un inconnu au Stade puisqu’il est déjà
intervenu plusieurs fois. L’autre atout est qu’il connaît également quelques compatriotes australiens du groupe, tout comme certains internationaux néerlandais. Cela peut toujours aider.
Il semblerait en tout cas qu’Aurillac veuille travailler dans la continuité d’un projet de jeu lancé voici cinq ans. Il n’y a pas de secret, c’est la constance qui sera au cœur du chantier aurillacois. Il faudra certainement améliorer un secteur défensif qui a fait défaut sur les dernières semaines. Enfin, la rotation sera au cœur des ambitions cantaliennes. Le renforcement du staff médical devrait y contribuer.