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Elevage
« Sortir de la logique de prix pour aller vers une logique de sécurisation des marges »

Inquiets pour l’élevage du Massif central, les professionnels de la nutrition animale appellent les filières à se regrouper pour construire un nouveau modèle de croissance pour l’élevage.

Les représentants de la nutrition animale veulent être reconnus comme force de proposition pour le développement de l’élevage en Massif central et non comme simples fournisseurs d’aliments. De gauche à droite : Jean-Luc Doneys, Valérie Bris, Philippe Manry et Jean-Luc Cade.
Les représentants de la nutrition animale veulent être reconnus comme force de proposition pour le développement de l’élevage en Massif central et non comme simples fournisseurs d’aliments. De gauche à droite : Jean-Luc Doneys, Valérie Bris, Philippe Manry et Jean-Luc Cade.
© C. Rolle

Les professionnels de la nutrition animale défendent l’élevage du Massif central. Cette posture présentée lors d’une conférence au Sommet de l’élevage 2012 a été réaffirmée dernièrement par

l’Union régionale des fabricants d’aliments pour animaux (URFACAL) à l’occasion d’une réunion de travail en présence de Jean Luc Cade, président de Coop de France Nutrition animale, et de la directrice, Valérie Bris.

 

Retrouver de la compétitivité

Coop de France nutrition animale milite pour une relance de la dynamique des productions animales, notamment dans les régions Auvergne et Limousin, précisant que l’équilibre industriel des outils tient à l’équilibre de toutes les productions d’élevage sur tout le territoire. Pour Jean-Luc Cade, «des opportunités sont à saisir et un modèle de croissance est à réinventer. Se battre pour une juste répartition des aides Pac est un moyen mais ce n‘est pas une finalité ». Dans un contexte marqué par l’érosion de la production animale et une ambiance parfois conflictuelle entre les céréaliers et les éleveurs- « sur fonds de répartition des aides européennes »-, Coop de France nutrition animale identifie deux grands enjeux : l’un sur l’économie et la compétitivité, l’autre sur la demande sociétale.

Sur le chapitre de l’économie et de la compétitivité, dans lequel il est désormais acquis que la volatilité des prix est un phénomène structurel, l’Union des coopératives propose un nouveau modèle économique : « nous devons sortir de la logique de prix pour aller vers une logique de sécurisation des marges ». Le président évoque alors la contractualisation comme « outil de sécu- risation de la production et de gestion des entreprises » à mettre au service de cette nouvelle logique.

 

Améliorer la communication

Sur le chapitre sociétal, Coop de France nutrition animale plaide pour un nouveau pacte avec la société sur la base de deux enjeux.

Le premier étant la santé animale et du consommateur ; un levier sur lequel les fabricants disent travailler déjà à travers des solutions nutritionnelles qui contribuent à améliorer l’état de santé des animaux. « Ce sont des solutions complémentaires à la restructuration des élevages engagée sur les exploitations en matière de bâtiments, de réduction des antibiotiques, de nouvelles techniques d’élevages etc… » précise Jean-Luc Cade.

Autre enjeu : l’approvisionnement. Le représentant de Coop de France nutrition animale mise sur le développement de synergies locales entre productions animale et végétale, la valorisation de la certification et l’accompagnement d’un plan protéagineux dynamique. Il préco- nise aussi de mieux communiquer auprès des consommateurs sur les exigences de qualité appliquées par les filières de production françaises. « Sur toutes ces questions, nous ne devons pas être en opposition avec le discours ambiant de la société, sans pour autant accepter tout et n’importe quoi » conclut le président.

 

« L’Auvergne et le Limousin doivent rester de grands territoires d’élevage »

A l’occasion de cette réunion de travail, Jean-Luc Doneys, président de l’Urfacal, et philippe Manry, vice-président de l’Urfacal et directeur de Sanders Centre Auvergne, se sont fait écho des particularités de l’élevage du Massif central qui aujourd’hui « handicapent les fabricants d’aliments » : déséquilibre des productions, prédominance des aliments bovins, dynamique porc et volaille trop modeste, absence de « culture » porcine et érosion de l’élevage (plus grande en Auvergne et Limousin que dans le reste de la France), sont ces handicaps. « Le fait de ne pas avoir suffisamment d’ateliers hors sol impacte les outils et les rend moins compétitifs. Cela appauvri l’ensemble des filières, et le bovin subit alors ce manque de compétitivité » explique Jean-Luc Doneys. « Pourtant, l’Auvergne et le Limousin peuvent rester de grands territoires d’élevage, car nous avons la place et les surfaces pour installer des ateliers porcs et volailles avec une pression foncière inférieure aux régions de l’ouest » précise Philippe Manry. Les deux hommes soulignent aussi comme atouts, l’existence d’une culture des céréales sur les exploitations avec transformation de l’aliment, un aliment porc en Auvergne et Limousin qui ne coûte pas plus cher qu’en Bretagne et l’arrivée prochaine de l’IGP saucisson et jambon d’Auvergne. Enfin, au chapitre de la contractualisation, Philippe Manry et Jean-Luc Doneys mettent l’accent sur l’importance de cet outil en productions porcine et avicole. « La contractualisation est stratégique dans nos régions car elle permettrait de réinstaller et sécuriserait ainsi l’ensemble des filières» insiste Philippe Manry. Même chose pour les productions bovins lait et viande qui, malgré leurs atouts et un avenir plutôt prometteur, ont besoin d’être sécurisées via la contractualisation.
C.R.

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