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Smart agri forum - Capitaliser sur la révolution agrinumérique

Mardi 5novembre, se tiendra à Aurillac le premier forum national dédié à l’innovation agricole à destination des agriculteurs et leurs conseillers.

Bien avant les drones et la robotique, l’agriculture a été source d’innovations en termes agronomiques, d’élevage...
Bien avant les drones et la robotique, l’agriculture a été source d’innovations en termes agronomiques, d’élevage...
© P. O.

Gestion du pâturage, suivi des chaleurs, alerte pour un vêlage ou une panne de méthaniseur, clôtures connectées depuis son smartphone, robotisation de certaines tâches, fertilisation de précision grâce aux données d’un drone... l’agriculture française n’a pas attendu pour faire sa révolution numérique, à l’œuvre depuis plus d’une décennie déjà. On ne compte plus dans les fermes, les salles de traite, les stabus et dans les cabines des tracteurs, les capteurs embarqués... Et chaque salon apporte son lot d’innovations censées simplifier le quotidien des exploitants, voire accroître leurs performances. Une agriculture 2 voire 3.0 objet il y a un an à Aurillac d’une table ronde dans le cadre de la 13e édition de Ruralitic, l’université des territoires numériques orchestrée par le Conseil départemental et Sébastien Côte, fondateur de Mon Territoire numérique.

Identifier les innovations “qui marchent”

Au sortir de ces échanges riches, Bruno Faure, patron du Département et ancien directeur du Herd-book et du Groupe salers évolution, émet l’idée de décliner cette thématique au travers d’un forum dédié en plein cœur du Cantal. “Il nous semblait intéressant de faire un petit cousin de Ruralitic au niveau agricole”, affiche le président Faure, rappelant l’ambition portée depuis deux décennies par la collectivité, celle de mettre l’innovation au service du développement des territoires et du bien-être des citoyens. Une ambition qui s’est traduite, entre autres, par le programme Cybercantal, le déploiement des télécentres, l’essor du télétravail, des e-services, de la télémédecine... et un engagement unique en faveur du déploiement du haut puis très haut débit.
“On voit bien  que le numérique est entré dans le fonctionnement et le quotidien agricoles. Mais par expérience, je sais que rien n’est simple et qu’aucune technologie ne garantit à elle seule la performance et la durabilité d’une exploitation. Je sais aussi que trop souvent, on adresse des reproches tout à fait injustifiés aux agriculteurs alors que les progrès réalisés depuis un siècle l’ont été grâce à leur capacité à innover. Aussi, je suis convaincu que nous pouvons réconcilier la réussite économique des exploitations avec leur contribution à la protection de l’environnement et à une alimentation de qualité. Ce n’est pas incompatible, ça ne l’a jamais été”, estime Bruno Faure. Pour lui, si le monde agricole innove de longue date, il est temps qu’il s’organise “pour exprimer ses besoins, identifier les bons outils, les bonnes applis, repérer les avancées technologiques vraiment utiles pour réussir, qu’il s’agisse de système de réservation ou vente en ligne pour ceux qui vendent en direct, de données sur la génétique de l’élevage...” Prendre ou reprendre la main et capitaliser sur ces outils, pratiques, connaissances.

Jeter les bases d’une communauté sociale

Baptisé Smart Agri Forum, ce premier rendez-vous “n’est pas une fin en soi”, précise pour sa part Sébastien Côte, co-organisateur. “L’objectif à terme, à partir de cet événement annuel et des partages d’expériences, c’est de constituer une communauté sociale qui puisse échanger toute l’année, et de créer également une plate-forme en ligne concentrant  toute l’information disponible sur l’innovation agricole à partir de données de l’Institut de l’élevage, d’Arvalis, d’Acta, de l’Irstea.... Un centre de ressources auquel pourront avoir accès aussi bien les agriculteurs que les conseillers des chambres d’agriculture ou d’autres organismes”, fait valoir Sébastien Côte. Avec un leitmotiv : “Rendre accessibles ces innovations, dès lors qu’elles marchent.” Et, parmi les enjeux : la souveraineté des données agricoles, la connectivité des exploitations...
Une initiative que Patrick Escure, président de la chambre d’agriculture du Cantal, voit d’un très bon œil, lui qui utilise de tels outils sur son troupeau, comme les colliers connectés permettant de suivre la rumination des vaches et de détecter d’éventuels problèmes de santé : “L’agriculture innove, chaque jour, partout, pour relever le triple défi d’apporter aux populations une alimentation de qualité, d’assurer la prospérité des exploitations et de contribuer au développement durable des territoires”, souligne-t-il, confirmant l’intérêt des agriculteurs pour ces innovations, comme en témoignent au quotidien les conseillers sur le terrain.  Et il en est convaincu,  les futurs jeunes agriculteurs, “encore plus habiles que nous sur ces technologies”, sont très demandeurs.
“C’est pourquoi, depuis plusieurs années déjà, les Chambres d’agriculture ont initié ou sont partenaires d’évènements autour de l’innovation”, indique-t-il  évoquant les journées Innov’action mais aussi la création en interne d’un service RID : recherche, innovation développement. Au travers de ce Smart Agri Forum, Patrick Escure voit l’occasion de “capitaliser des connaissances et d’établir des plans d’actions pour faciliter l’accès à des outils qui aideront nos agriculteurs à atteindre les objectifs économiques, environnementaux et sociaux”.
Si, pour cette première édition, “on table sur une centaine de participants, ce qui est intéressant, c’est qu’il y ait une diversité d’origines géographiques et d’activités, productions agricoles représentées”, conclut Bruno Faure, qui espère  qu’outre les conseillers agricoles et acteurs du para-agricole, relais de ces innovations, les agriculteurs seront au rendez-vous.

 

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