Session de la Chambre d’agriculture : la FDSEA tire la sonnette d’alarme
Lors de la session de la Chambre d’agriculture du 13 mars, le président de la FDSEA a livré une intervention sans détour sur la situation du monde agricole. Accords commerciaux, gestion du loup, accès à l’eau, aides régionales ou encore flambée des charges : il a exprimé les fortes préoccupations des agriculteurs et appelé à des réponses concrètes.
Lors de la session de la Chambre d’agriculture du 13 mars, le président de la FDSEA a livré une intervention sans détour sur la situation du monde agricole. Accords commerciaux, gestion du loup, accès à l’eau, aides régionales ou encore flambée des charges : il a exprimé les fortes préoccupations des agriculteurs et appelé à des réponses concrètes.
D’entrée de jeu, le ton était donné :
Dans nos campagnes, la colère monte. Les agriculteurs ont le sentiment d’être constamment sommés de s’adapter, de se justifier, de se restreindre, … pendant que, dans le même temps, on ouvre les portes à une concurrence qui ne respecte aucune de nos règles. »
Mercosur : une « concurrence déloyale organisée »
Le président de la FDSEA a vivement dénoncé la décision de la Commission européenne d’engager la mise en œuvre provisoire de l’accord UE–Mercosur. « La décision d’Ursula von der Leyen d’engager la mise en œuvre provisoire de cet accord est une provocation inacceptable. C’est aussi un déni démocratique. »
Pour la FDSEA, cet accord illustre une contradiction majeure des politiques européennes :
On demande aux agriculteurs européens de respecter toujours plus d’exigences aux plans environnemental, sanitaire et social, et dans le même temps on s’apprête à importer des produits qui ne respectent pas ces règles. C’est une concurrence déloyale organisée. »
Loup : « ce système ne fonctionne pas »
La gestion du loup reste également un sujet de forte tension pour les éleveurs. Les évolutions récemment annoncées par le gouvernement sont jugées largement insuffisantes par la FDSEA. « Passer le plafond de prélèvement de 19 % à 21 %, c’est symbolique. Cela ne changera rien à la pression que subissent les éleveurs. » Au-delà des chiffres, c’est le fonctionnement global du dispositif qui est pointé du doigt : procédures administratives lourdes, moyens limités pour protéger les troupeaux et conditions d’indemnisation jugées trop restrictives. « Pour la FDSEA, ce système ne fonctionne pas. »
Le syndicat demande notamment la suppression du quota annuel de prélèvements et la reconnaissance du loup comme espèce chassable.
Eau : un enjeu vital pour l’agriculture
Emmanuel Lissajoux est également revenu sur la question de l’accès à l’eau, particulièrement stratégique pour l’avenir de l’agriculture. Après les mobilisations de l’hiver 2023-2024 et les engagements pris par l’État pour faciliter la création de retenues d’eau, la décision du Conseil d’État d’annuler l’arrêté de juillet 2024 est vécue comme un nouveau coup d’arrêt.
Soyons clairs : sans eau, il n’y a pas d’agriculture. »
La FDSEA attend désormais une réponse législative dans le cadre de la loi d’urgence agricole pour lever les blocages réglementaires.
PCAE : des aides jugées trop restrictives
Le responsable syndical a également alerté sur l’évolution de la politique agricole de la Région Nouvelle-Aquitaine, notamment sur les conditions d’accès au PCAE.
Le Plan de modernisation des élevages est désormais réservé aux jeunes installés depuis moins de quatre ans ou aux exploitations en agriculture biologique. Résultat : la très grande majorité des éleveurs est exclue du dispositif. »
Pour la FDSEA, cette orientation n’est « ni juste, ni acceptable ». Le syndicat demande la réouverture du dispositif dans des conditions plus équitables.
Les aides publiques ne doivent pas être réservées à une minorité d’agriculteurs. Elles doivent être accessibles à tous, quels que soient les systèmes de production. »
Des résultats obtenus grâce à l’action syndicale
Dans un contexte souvent tendu, le président de la FDSEA a tenu à rappeler que l’action syndicale permettait d’obtenir des avancées concrètes. Suite à une intervention de la FDSEA auprès de la ministre de l’Agriculture, la réintroduction du Movento pour les vergers de pommiers a été obtenue. Une dérogation a également permis de reporter au 16 avrill’interdiction de la taille des haies.
Ces décisions montrent une chose : quand nous nous mobilisons, nous pouvons faire bouger les lignes. »
GNR et engrais : l’alerte sur les charges
Enfin, Emmanuel Lissajoux a alerté sur la flambée des prix du GNR et sur le niveau toujours très élevé des engrais. « Nous sommes face à un véritable effet ciseaux : des charges qui explosent et des prix de vente qui ne suivent pas. » Le syndicat demande notamment un message clair du gouvernement sur l’absence de pénurie de gazole, un ajustement rapide des prix du GNR à la baisse et la suppression des taxes pesant sur les engrais importés, dont la taxe carbone aux frontières de l’Union européenne.
« La FDSEA restera pleinement mobilisée »
En conclusion, le président de la FDSEA a rappelé que de nombreux dossiers restaient ouverts, notamment sur la protection des haies ou les nouvelles contraintes liées à la déforestation.
La FDSEA restera pleinement mobilisée. Mobilisée pour défendre les agriculteurs, pour défendre nos exploitations et pour défendre le droit des agriculteurs à produire et à vivre de leur métier. »