Aller au contenu principal

Sensibilisation aux enjeux des accords de libre-échange entre UE et Mercosur

Sur la place du Breuil au Puy-en-Velay, représentants de la FDSEA et des JA ont sensibilisé les consommateurs, des restaurateurs et le secrétaire général de la Préfecture…

Une action de communication et de sensibilisation autour des enjeux liés aux accords UE/Mercosur.
Une action de communication et de sensibilisation autour des enjeux liés aux accords UE/Mercosur.
© HLP

Réchauffés par un grand feu sur la place du Breuil au Puy-en-Velay face à la Préfecture, une cinquantaine d’agricultrices et agriculteurs de la FDSEA et des JA43, étaient réunis mercredi dernier 20 février, pour alerter sur les risques liés à un accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Mercosur.
C’est donc une action de communication et d’information qu’ont organisé les 2 syndicats à l’appel des instances nationales, pour expliquer la problématique et mettre en garde les consommateurs face aux dessous de ces accords. «On ne comprend pas pourquoi le président Macron veut signer ces accords» s’étonne Yannick Fialip président de la FDSEA. «C’est une réelle attaque de notre métier» insiste-t-il dénonçant le risque de voir arriver sur le marché européen 100 000 tonnes de viande bovine qui viendront concurrencer les produits européens et en particulier français. Et cette concurence est d’autant plus déloyale que ces produits importés ne respectent pas les mêmes règles sanitaires, environnementales, sociétales. Et de dénoncer des élevages brésiliens de 3 000 voire 10 000 têtes alors qu’en France on crie haro sur les fermes de 1 000 vaches, l’utilisation de substances interdites en France (OGM, hormones de croissances, antibiotiques…), ou encore  la déforestation au profit d’immenses unités d’élevage. Et l’élevage bovin n’est pas le seul concerné par ces accords. Les volailles, les porcs, le maïs ou encore le sucre sont également dans la balance avec à la clé les mêmes inquiétudes pour les éleveurs ou producteurs.
La réalité de l’élevage en Amérique du sud soulève la question sur ce que le consommateur français ou européen veut dans son assiette, car au delà de l’étiquette géographique, ce sont des garanties sanitaires, environnementales et sociétales qui sont en jeu.

«Je privilégie les produits français…»
Nous n’en voulons pas… C’est du moins ce que sont venus dire les personnes de passage sur la place du Breuil ce matin-là, alléchées par des grillades proposées par les manifestants mais aussi interpellées par les conséquences de ces accords. Christine et Fernand un couple de jeunes retraités de Cussac est venu exprès pour apporter son soutien au monde agricole. Christine explique : «je privilégie les produits français et si possible locaux. Je fais régulièrement mon marché auprès de producteurs que je connais bien. Leurs produits sont bons et je sais d’où ils viennent. D’ailleurs dans quelques jours je vais visiter la ferme de l’éleveur de chèvres chez qui j’achète mes fromages…». Elle ajoute : «Nous sommes là pour soutenir les agriculteurs et encourager les jeunes qui ont choisi ce métier. Ils font un métier difficile ; ils essaient de vivre de leurs produits de manière honnête. Nous avons la chance d’avoir des agriculteurs autour de nous, mais on est en train de tuer l’agriculture…». Marc a profité de sa pause de midi pour venir apporter lui-aussi son soutien : «leur revendication est juste. Il faut qu’ils se fassent entendre».
Conscients de la chance qu’ils ont d’avoir dans notre région des produits agricoles de qualité issus de fermes de dimension familiale, les consommateurs ne s’y trompent pas en dégustant quelques grillades, pendant que les agriculteurs présents leur expliquent les enjeux des accords entre l’UE et le Mercosur, et répondent à leurs questions.

Opération sensibilisation
Dans le même temps par petits groupes, des manifestants se sont rendus dans quelques restaurants ponots et à la cuisine centrale. Une action dans le calme visant à se renseigner sur la provenance des viandes servies ce jour-là sur Le Puy… majoritairement françaises parfois européennes. Comme l’a souligné Maurice Imbert administrateur de la FDSEA, cette opération a pour objectif d’informer et de sensibiliser les restaurateurs comme les agents de la restauration collective aux enjeux de nos filières.
Une délégation conduite par Yannick Fialip et Aymeric Soleilhac pour JA43 a été reçue par le Secrétaire général de la Préfecture, qui a tenté de les rassurer puisque les accords ne sont pas encore signés. Les syndicalistes n’en sont pas moins inquiets puisque le Président a clairement dit qu’il allait signer, tout en négociant des garanties. Mais de cela, les agriculteurs français n’en veulent pas.
Après cette action grand public, Yannick Fialip promet des manifestations plus musclées si le Président Macron reste campé sur ses positions. Il est attendu de pied ferme au Salon de l’Agriculture avec dans ses bagages un renoncement à de tels accords. À suivre…

Les plus lus

Optimisme prudent pour les producteurs de lait de Sodiaal

La section lozérienne de Sodiaal s’est réunie lundi 1er décembre au Chastel-Nouvel, pour son assemblée annuelle,…

Deux personnes portent un plat de charcuterie.
Restaurant du col de Serre : “Vivre l’endroit” pour Manon et Pascal

Le restaurant du col de Serre est à nouveau ouvert depuis début décembre. À sa tête, Manon Pissavy et Pascal Dhennin veulent s…

La région Auvergne-Rhône-Alpes subventionne les investissements dans les bâtiments d'élevage.
Plan bâtiment d'élevage en Auvergne-Rhône-Alpes : réouverture de l'appel à projet en février 2026

Les bâtiments d’élevage ainsi que leurs équipements inhérents peuvent bénéficier d'aides spécifiques dans le cadre du Feader…

Aurillac : Hadrien Passenaud ouvre son cabinet vétérinaire à La Ponétie

Originaire de Saint-Illide, salarié plusieurs années dans une clinique aurillacoise, Hadrien Passenaud a fait le choix de s’…

veaux laitiers.
Comment développer l'engraissement des veaux laitiers en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Afin de mieux caractériser les pratiques d’engraissement des veaux laitiers à l’échelle régionale, les éleveurs sont invités à…

Un train de nuit en gare.
La CGT dénonce “une situation catastrophique” du train de nuit Aurillac-Paris

La situation du train de nuit déraille depuis le début du mois de décembre.

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière