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Sélectionner les variétés de blé, d’orge, et de triticale, pour l’agriculture de demain

Arvalis, Institut du Végétal, teste grandeur nature, des dizaines de variétés de céréales afin d’étudier leurs caractéristiques et leur adaptation aux défis climatiques d’aujourd’hui et de demain.

© AA03

C’est sur deux exploitations céréalières de la commune de Saint-Pourçain-sur-Besbre, à l’Est du département de l’Allier, que l’équipe d’Arvalis, Institut du Végétal, avait donné rendez-vous, jeudi dernier, aux techniciens de la Chambre d’agriculture de l’Allier, à ceux des coopératives et organismes agricoles mais aussi aux agriculteurs, pour faire un premier bilan des cultures de blé, orge et triticale en essai sur des parcelles dédiées.

En partenariat avec la Chambre d’agriculture de l’Allier
Des essais implantés en collaboration avec la Chambre d’agriculture de l’Allier dont les techniciens suivent l’évolution, aux côtés de leurs homologues d’Arvalis, Institut du Végétal, du semis jusqu’à la récolte.
Améliorer la performance de sa culture passe inévitablement par le choix variétal, sans doute le premier levier vers la réussite. De nouvelles variétés qui ouvrent également la voie vers une utilisation limitée de fongicides et en préservant ainsi l’impact sur l’environnement et la santé des agriculteurs tout en optimisant la charge à l’hectare.

Resistances aux maladies et qualités technologiques
De nombreuses variétés ont ainsi pu être présentées à travers leurs caractéristiques physiologiques et leurs résistances aux maladies sans oublier leurs qualités technologiques. Egalement, la lutte contre les maladies fait l’objet d’expérimentation :
« Nous avons implanté des essais exploratoires avec une combinaison de leviers agronomiques avec des variétés sensibles et résistantes, avec des références fongiques classiques et du biocontrôle. Nous travaillons aussi le déclenchement de la première intervention et des stratégies santé » développe Chloé Malaval-Juéry, ingénieur régional chez Arvalis, Institut du Végétal.

Le Climat, facteur essentiel
Une visite d’essai qui a débuté par un bilan de l’un des facteurs les plus impactant sur les cultures : le climat, présenté par Chloé Malaval-Juéry : « Nous mettons en place des observatoires physiologiques sur les grandes zones pédoclimatiques de la région. Ils nous permettent de suivre l’élaboration du rendement mais aussi sur l’impact du climat ».
Dans les grandes lignes, la campagne de semis de cette année est plus favorable que la précédente avec des dates de semis globalement plus proches de la moyenne. L’an passé, ils avaient étaient retardés par des phénomènes de précipitations pendant l’automne. Les températures hivernales étant très douces, le niveau de tallage a été plutôt moyen à bon en sortie d’hiver en fonction des secteurs, ce qui se confirme sur la plateforme de Saint-Pourçain-sur-Besbre. On a pu constater un rafraichissement sur la fin de l’hiver suivi d’une séquence presque estivale sur la fin mars et, par la suite, d’une série de gelées nocturnes assez intenses début avril. « La chaleur de la fin mars a eu pour effet une accélération phrénologique et ces pousses ont été directement impactées par le gel qui suivra. Depuis avril, nous enregistrons des températures plus fraiches que la normale et un retour des précipitations plus tôt que les années précédentes et que dans d’autres régions, ce qui a pu sauver certaines cultures et compenser les pertes liées au gel en permettant aux tiges survivantes de prendre le relais de celles qui ont été détruites. Aujourd’hui les températures sont encore au dessous de la normale, provoquant des questionnements, voire des inquiétudes sur les stades clés de la fécondité des céréales mais les rayonnements restent cependant rassurants » complète Chloé Malaval-Juéry. Une corrélation entre dégâts et températures minimales atteintes peut alors être établie avec des impacts intermédiaires entre un et deux nœuds comme le confirme Chloé Malaval-Juéry : « ici, sur ce secteur, on a quantifié des pertes de maîtres brins de 0 à 30% avec des compensations qui ont pu assez facilement se mettre en place. Plus au sud de la région, dans la Forterre et la Limagne, nous constatons à deux nœuds, de 15 à 80% voire même 100% de pertes ». Une expertise collective de soixante-dix parcelles complétée par une enquête auprès de plus de soixante-dix agriculteurs qui a permis d’établir une carte des dégâts de gel sur l’ensemble de la région confirmant les données décrites précédemment.
La plateforme d’essai, implantée à Saint-Pourçain-sur-Besbre, a été semée le 19 octobre 2020 : « Concernant la situation pédo-climatique de celle-ci, nous sommes sur un sol de plaine représentatif du nord du département de l’Allier, typique de la Sologne bourbonnaise avec du limon sableux (40%) avec un mètre de sable (47 %) et de graviers pour ensuite atteindre une couche d’argile (10 à 11 %) complètement imperméable. La matière organique est très peu élevée (2,6 %) avec un Ph de 6,5. Une parcelle où ont été implantées les variétés étudiées, sur un précédent de pois et de colza, avec cent unités de reliquat. Trois apports d’azote (un en février et deux en mars) ont été effectués ainsi qu’un désherbage en pré-semis et fin février ainsi que deux fongicides (début et fin mai). La collection des variétés de blé a été semée à
300 grains par m2, les triticales à 280 grains par m2 et les variétés hybrides à -30 % de ces densités. Les premiers comptages effectués ont comptabilisé entre 530 et
630 épis. À cela s’ajoute un bloc non traité » décrit Stéphane Genette, technicien chez Arvalis Institut du Végétal.

Etudes en laboratoire
Des essais qui permettent d’étudier le développement et la résistance aux maladies grâce à des témoins non traités. Les précisions Mickaël Bimbard, technicien à la Chambre d’agriculture de l’Allier : « Des prélèvements de feuilles présentant des symptômes de septoriose sont envoyés au laboratoire de l’Inra, à Grignon, afin de suivre l’évolution des résistances aux triazoles et aux carbamates (SDHI). L’idée est de classer les différents types de résistance, les différentes souches de septoriose résistantes. L’objectif est d’établir des stratégies de traitements pour les années futures afin de préserver autant que possible les leviers chimiques en étudiant l’efficacité des molécules sur la durée, en ayant auparavant actionné les leviers agronomiques (choix variétal, date et densité de semis...) ».
Des essais regroupés dans le cadre du réseau « Performance » avec un zoom sur la région Centre Arvalis regroupant Auvergne, Centre et Ile-de-France. Les analyses en laboratoire sont financées par les firmes phytosanitaires.

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