Sécheresse : la FDSEA 19 mobilisée pour faire reconnaître l’ampleur des pertes
Réuni le 7 août dernier à Tulle, le Comité départemental d’expertise (CDE) a dressé un constat sans appel : la sécheresse et les épisodes de canicule de cet été frappent durement l’agriculture corrézienne. Une situation qui continue de se dégrader.
Réuni le 7 août dernier à Tulle, le Comité départemental d’expertise (CDE) a dressé un constat sans appel : la sécheresse et les épisodes de canicule de cet été frappent durement l’agriculture corrézienne. Une situation qui continue de se dégrader.
Dès l’ouverture de la réunion, la DDT a reconnu le caractère exceptionnel de l’épisode climatique en cours. Malgré quelques orages localisés, la pousse de l’herbe affiche des déficits estimés entre 25 et 50 %, avec des secteurs du Limousin où les pertes atteignent déjà 50 à 75 %. Les stocks fourragers sont entamés depuis plusieurs semaines, alors même que l’été n’est pas terminé.
La FDSEA, par la voix d’Yves Fayolle, a également alerté la commission sur les conséquences sanitaires qui pourraient apparaître dans les prochaines semaines dans les élevages.
Aujourd’hui, nous n’observons pas encore de hausse massive de la mortalité animale, mais nous sommes particulièrement inquiets des effets différés de cet épisode de canicule. Plusieurs remontées du terrain font déjà état d’avortements, et nous craignons que ce phénomène ne s’amplifie dans les semaines à venir », a-t-il souligné.
Face à un stress thermique exceptionnel et à des conditions d’alimentation dégradées, la FDSEA demande que ces situations soient suivies de près afin que leurs conséquences économiques sur les exploitations ne soient pas minimisées.
Des pertes majeures dans de nombreuses productions
Les échanges ont confirmé que le maïs est l’une des cultures les plus impactées. Les maïs non irrigués sont fortement compromis, et de nombreuses parcelles destinées au grain sont réorientées vers l’ensilage pour tenter de limiter les pertes. Les estimations présentées lors du comité font état de pertes comprises entre 60 et 80 %. Une demande de reconnaissance au titre de l’Indemnité de Solidarité Nationale (ISN) a déjà été déposée pour l’ensemble du département.
La situation est tout aussi préoccupante en maraîchage : brûlures, absence de pollinisation, problèmes de levée, montaison prématurée ou encore parcelles laissées sans semis. Selon les productions, les pertes sont évaluées entre 60 et 100 %.
L’arboriculture n’est pas épargnée. Les fruits à noyau affichent des pertes comprises entre 35 et 65 %, tandis que les petits fruits enregistrent localement jusqu’à 100 % de pertes. Des inquiétudes importantes demeurent également pour les pommes, les poires, les kiwis, les noix et les châtaignes, dont les conséquences réelles seront mieux évaluées à l’approche des récoltes.
La viticulture, les pépinières et les producteurs de sapins de Noël signalent également des dommages significatifs, avec notamment des pertes de fonds sur les jeunes plantations.
La FDSEA alerte sur l’urgence économique et humaine
Au-delà des chiffres, la FDSEA a insisté sur les conséquences économiques et humaines de la succession d’aléas climatiques qui touchent les exploitations corréziennes depuis plusieurs années. Inondations en début d’année, épisodes de grêle, puis sécheresse historique : les exploitants encaissent les coups sans toujours disposer de solutions adaptées.
Lors des échanges, les représentants professionnels ont souligné la dégradation du moral des agriculteurs et le risque de découragement, voire d’abandon d’activité pour certaines exploitations particulièrement fragilisées. La FDSEA a demandé que des réponses rapides soient apportées en matière de trésorerie, d’allègements de charges et de simplification administrative.
Des demandes d’indemnisation déjà engagées
À l’issue de la réunion, plusieurs dossiers ont été transmis pour reconnaissance des pertes de récolte concernant le maïs, le maraîchage, les petits fruits et les fruits à noyau. D’autres productions restent sous observation et pourraient faire l’objet de demandes complémentaires en septembre.
Le comité a également validé à l’unanimité la demande de reconnaissance des pertes de fonds liées aux pluies longues et aux inondations survenues entre janvier et février 2026. Ces dossiers concernent notamment les prairies, les clôtures, les fourrages, les frais de remise en état, ainsi que les plantations de myrtilliers et de noisetiers.
Concernant le dégrèvement de Taxe Foncière sur les Propriétés Non Bâties (TFNB), les membres du comité ont choisi d’attendre l’automne afin de disposer d’une vision complète des dégâts avant de formuler une demande collective, plutôt que des demandes individuelles.
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