Sécheresse : la Corrèze passe un nouveau cap dans les restrictions d'eau
Face à une sécheresse qui continue de s'aggraver, le préfet de la Corrèze a décidé de renforcer les mesures de restriction des usages de l'eau sur une grande partie du département. Dix zones sont désormais placées au niveau de crise, le plus élevé, tandis que plusieurs autres secteurs voient également leurs restrictions renforcées.
Face à une sécheresse qui continue de s'aggraver, le préfet de la Corrèze a décidé de renforcer les mesures de restriction des usages de l'eau sur une grande partie du département. Dix zones sont désormais placées au niveau de crise, le plus élevé, tandis que plusieurs autres secteurs voient également leurs restrictions renforcées.
Pour le monde agricole, si certaines dérogations demeurent, la situation confirme une nouvelle fois la nécessité de sécuriser durablement l'accès à la ressource en eau.
Réuni le 16 juillet, le Comité ressource en eau départemental (CRED) a dressé un constat préoccupant. Malgré les orages localisés de ces derniers jours, les précipitations sont restées insuffisantes pour recharger les cours d'eau. Les débits poursuivent leur baisse et l'indice d'humidité des sols a atteint un niveau historiquement faible le 13 juillet. Les prévisions météorologiques, annonçant la poursuite d'un temps chaud et sec jusqu'au 22 juillet, n'offrent guère de perspectives d'amélioration.
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Dix secteurs désormais en crise
Au regard de cette dégradation, le préfet a placé en crise les zones « Dordogne des grands barrages amont », « Dordogne des grands barrages aval rive gauche », « Dordogne karstique », « Auvézère », « Vézère cristalline amont », « Logne », « Elle », « Corrèze amont », « Corrèze aval » et « Vienne amont ». La zone « Couze » reste en alerte, la « Vézère cristalline aval rive gauche » passe en alerte et la « Vézère cristalline aval rive droite » en alerte renforcée.
La situation devient également préoccupante pour l'alimentation en eau potable. Certaines collectivités rencontrent déjà des difficultés pour alimenter leurs abonnés, notamment sur le secteur de Bort-les-Orgues.
Des restrictions importantes… mais des adaptations pour l'agriculture
Pour les exploitants agricoles, les mesures diffèrent selon les ressources utilisées. L'arrêté préfectoral rappelle que l'abreuvement des animaux n'est soumis à aucune restriction, afin de garantir le bien-être des élevages. Les prélèvements destinés à cet usage restent autorisés.
Concernant l'irrigation, les prélèvements réalisés dans le cadre de la gestion collective sont fortement encadrés. En situation de crise, ils sont en principe interdits, sauf dérogations prévues par l'arrêté. Les restrictions ne s'appliquent toutefois pas aux retenues de stockage déconnectées du milieu naturel en période d'étiage, qui peuvent continuer à être utilisées.
Certaines productions bénéficient également d'aménagements spécifiques. Les cultures maraîchères, légumières ou encore les cultures hors-sol sous serre peuvent, sous certaines conditions, faire l'objet de dérogations. Les irrigantssont invités à se rapprocher de la Chambre d'agriculture pour connaître les modalités applicables à leur exploitation.
Une nouvelle illustration de l'enjeu du stockage de l'eau
Cette nouvelle aggravation de la sécheresse rappelle combien la question du stockage de l'eau devient stratégiquepour l'agriculture corrézienne. Alors que les épisodes de sécheresse se multiplient et s'intensifient, les retenues déconnectées apparaissent comme l'un des rares leviers permettant de sécuriser les productions tout en limitant les prélèvements dans les cours d'eau durant les périodes les plus sensibles.
Les services de l'État annoncent par ailleurs un suivi quotidien de la situation. Si les conditions météorologiques ne s'améliorent pas rapidement, de nouvelles mesures pourront être décidées afin de préserver en priorité l'alimentation en eau potable et les milieux aquatiques.
D'après Communiqué de presse de la préfecture de la Corrèze