Aller au contenu principal

Races à viande
Sécheresse et application de la loi Ega : le ministre attendu de pied ferme au Sommet

Alors que la décapitalisation du cheptel s’accélère dans des proportions inquiétantes, les éleveurs du berceau des races à viande attendent des réponses concrètes du ministre de l’Agriculture sur la sécheresse et l’application de la loi Ega2.

Les responsables professionnels du bassin allaitant réunis à Clermont-Ferrand en début de semaine.
© S.C.

La trente-et-une-énième édition du Sommet de l’élevage va s’ouvrir le 4 octobre à Cournon dans un contexte encore tendu pour le secteur de la viande bovine. Certes, depuis le début de l’année, les cours ont progressé, mais pas suffisamment au regard de la flambée des coûts de production. Force est de constater qu’encore trop d’opérateurs s’assoient sur le respect des indicateurs de coûts de production et sur la non négociabilité de la matière première, se mettant hors la loi Ega2, et hypothéquant l’avenir de la filière, et par là-même leur propre maillon…

« Quand on commet un excès de vitesse nous sommes verbalisés, ce que nous demandons aujourd’hui c’est que les Pouvoirs publics fassent appliquer la loi Ega2 en sanctionnant ceux qui y dérogent », explique Christian Bajard, coordinateur du Berceau des races à viande lors d'une réunion en début de semaine à Clermont-Ferrand. Et il y a urgence, car nombreux sont les éleveurs à vendre une partie de leur cheptel faute de perspectives, qui plus est dans un contexte où la nourriture manque en raison de la sécheresse (voir par ailleurs). Le cœur du grand Massif central a été, en effet cet été, l’épicentre d’une sécheresse dramatique. Le Cantal, la Lozère, l’Aveyron, la Haute-Loire, la Loire… sont parmi les départements les plus touchés. Dans le Massif central, certaines zones comptabilisent entre 50 et 70% de pertes. « Les cartes Isop et Airbus dévoilées par le ministère sont loin de refléter la réalité. À ce stade, on peut légitimement douter de la robustesse du système satellitaire », confie Olivier Boulat, de la section bovine de la Lozère.

Sécheresse : expertise terrain

Dans ce cadre, « tant que le satellite ne fonctionne pas, pour aujourd’hui et pour demain (ndlr : dans le cadre de la réforme de la politique de gestion des risques), nous exigeons une expertise terrain », détaille Valérie Imbert de la section bovine de l’Aveyron. Les demandes formalisées au ministre de l’Agriculture, dont la visite au Sommet de l’élevage est prévue pour le mardi 4 octobre au matin, sont très claires : un Conseil national de gestion des risques en agriculture conclusif le 19 octobre avec un traitement des dossiers des départements qui ont été déposés afin de donner dès demain des perspectives aux éleveurs touchés ; une analyse des pertes sur la base des enquêtes terrain et des rapports des comités des départements et non sur la base des indices ISOP ; une augmentation à 90% du taux d’indemnisation applicable aux pertes de fourrages ; une revalorisation du prix UF, sur la base de l’inflation (prix forfaitaire de l’unité fourragère fixé au niveau national pour calculer l’indemnisation) : 0,11€/UF en plaine, 0,12€/UF en ZDS, et 0,14€/UF en montagne ; et des aides spécifiques au re-semis de prairies. En amont du Sommet de l’élevage, les départements du berceau des races à viande prévoyaient une mobilisation concomitante devant les préfectures, le 29 septembre prochain. 

 

Zoom sur…

Bovins : la sécheresse et les canicules « accélèrent » la décapitalisation

«Sécheresse et fortes chaleurs ont donné un coup d’accélérateur à la décapitalisation, tant en élevage laitier qu’allaitant», mentionne l’Institut de l’élevage (Idele) dans sa note de conjoncture Tendances publiée le 14 septembre. En bovins viande, « au 1er août, le nombre de vaches allaitantes présentes en France était en recul de 3,1% » par rapport à 2021 (à environ 3,55 millions de têtes). Cette baisse atteignait 3% au 1er juin et 2,7% au 1er janvier. Les analystes attribuent cette accélération à « une forte chute des entrées de génisses dans le troupeau de vaches : -7% en juin 2021 et -8% en juillet ». Au contraire, « les réformes ne se sont pas accélérées (-1% en juin et -5% en juillet) ». « L’offre en gros bovins finis reste toutefois limitée », relativise l’Idele, car « la décapitalisation qui dure maintenant depuis la fin 2016 commence à affecter les abattages » (-4% de vaches allaitantes abattues en août par rapport à 2021). Quant aux bovins lait, ils connaissent une chute de 1,8% des effectifs de vaches laitières au 1er août (environ 3,4 millions de têtes), contre -1,3% au 1er juin. « Les conditions caniculaires et sèches de l’été ont limité la pousse de l’herbe et incité certains [éleveurs] à ajuster le cheptel », explique l’Idele.

Les plus lus

Antoine Cayrol : chevalier... de l'extrême

Il est l'un des neuf seuls alpinistes au monde à avoir atteint les trois pôles : nord, sur, Everest. Un parcours vertigineux…

Deux personnes avec un vélo
Cézens, nouvelle formule pour l'Auberge

L’auberge de Cézens retrouve de l’appétit à recevoir voisins, visiteurs et touristes grâce à l’arrivée d’un couple de…

La Haute-Loire remporte la ligue des champions des montbéliardes !

Le concours Montbéliard Prestige s'est déroulé à Besançon du 7 au 9 mai, et la Haute-Loire s'est faite remarquer avec les…

Apiculteur devant ses ruches dans le Cantal, avec en premier plan des pots de miel
La météo et le frelon décideront du succès du miel de montagne

Luc Mathieu est un des rares apiculteurs professionnels du Cantal. Il élève ses propres reines, double son cheptel d’ouvrières…

Quatre personnes et un cheval au centre
Saint-Flour, Equi-Club se remet en selle

Le club d’équitation sanflorain revient avec une nouvelle équipe et de nouvelles ambitions en trois points : formation,…

Virginie Crespy sur son exploitation, en compagnie de son fils Adrien, 3 ans.
"L'installation c'est comme une roue qu'on lance et faut que ça roule !"

Virginie Crespy est la nouvelle secrétaire générale des Jeunes Agriculteurs de Haute-Loire. Cette jeune maman qui attend un…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière