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Sacadettes : l’Élite acquise, gagner la finale serait la cerise sur le gâteau rouge et bleu

Assurées de monter en Élite, les cadettes du Stade aurillacois joueront leur dernier match de la saison samedi à La Roche-sur-Yon. La der aussi pour l’un de leurs trois entraîneurs, Théo Cambon.

Une équipe féminine de rugby.
Direction la Vendée pour les Aurillacoises qui vont conclure leur saison en espérant décrocher un bouclier.
© SA

Les filles et leurs entraîneurs ont faim. Faim de victoires car l’appétit venant en mangeant, les Aurillacoises ont tout dévoré lors la saison 2025-2026, ne laissant que des miettes à leurs adversaires. La preuve ? Aucune défaite, un sans-faute qui leur a permis de valider leur retour en Élite la semaine dernière, en dominant Oyonnax/Bourg-en-Bresse en demi-finale. Mais le festin n’est pas terminé : ce samedi matin, à 11 heures, elles tenteront de déposer la cerise sur leur gâteau en disputant la finale du championnat Accession. Et c’est face à un gros morceau qu’il faudra boucler une saison alléchante : l’US Dax, invaincue également cette année.  


Émotion(s)

 
La dernière mise en place de jeudi a été forte en émotions. Déjà, parce qu’il a fallu annoncer qui allait démarrer la rencontre : “La feuille de match nous autorise 22 noms, avec deux réservistes s’il y a un problème au dernier moment. Elles sont toutes aptes à jouer et nous avons voulu n’exclure personne pour vivre l’événement. Psychologiquement, il faut récompenser les efforts des filles”, justifie Théo Cambon, qui prévient qu’il y aura “du changement par rapport à la demi-finale. Certaines ont déçu, d’autres ont montré des trucs chouettes. Ça se jouera sur l’assiduité à l’entraînement, le comportement pendant la semaine.” 
Et puis cette dernière soirée avant le départ programmé vendredi midi a permis au staff, composé de Christophe Bac, Jérôme Barbet  et Théo Cambon donc, de marquer le coup avec “une petite cérémonie. On leur a remis les maillots et ont leur a fait des chaussettes personnalisées”. Le groupe a également visionné une vidéo “surprise” tournée avec les proches. “C’est une sorte de préparation émotionnelle que l’on ne fait pas d’habitude”, sourit le jeune coach.  
Sportivement par contre, “le contenu des séances est resté le même, malgré l’enjeu que revêt cette finale, qui permettrait au club aurillacois de décrocher un quatrième bouclier, toutes équipes confondues. Pas question de s’adapter à l’adversaire, même si le 8e de finale des Dacquoises contre Mont-de-Marsan a été analysé : “Elles ont des forces évidentes, c’est une très bonne équipe. C’est difficile de jauger, elles paraissent plus fortes mais sur un match, tout peut se jouer. Les compteurs sont remis à zéro.  Nous avons notre chance.” 


Les Cantaliennes arriveront à La Roche-sur-Yon quand même confiantes, au vu de tout ce qui a été montré sur la saison : “Nous misons sur ce qui a marché, sur ce qu’on a construit. Nous travaillons depuis très longtemps sur notre organisation sur le terrain : il y a un cadre à respecter et on peut saluer l’engagement des joueuses, physiquement, émotionnellement et leur état d’esprit, elles n’ont jamais rien lâché.” Même lorsque le niveau des adversaires est allé crescendo, dès les phases finales démarrées : “En poule, c’était plutôt facile mais elles ont su répondre présentes après et ajuster le curseur. L’objectif, c’était de remonter, c’est fait ; maintenant, il y a moins de pression mais ce serait une erreur de laisser de côté cette finale. Pour l’avoir vécu en 2022 avec les Espoirs, ça marque une carrière sportive. Gagner un bouclier, ça reste dans le temps et ça fait prendre conscience de tout ce qui a été réalisé.”


Clap de fin pour Théo Cambon


À 80 minutes de réaliser un exploit majuscule, les filles vont écrire leur propre histoire, qui a commencé pour la plupart il y a deux ans à ce niveau. “Elles ont entre 15 et 18 ans, certaines passent le bac, et deux ont été surclassées et vont passer leur brevet. Ça fait un gros éventail d’âges mais nous avons une bonne répartition, avec un noyau de deuxième année. Pour leur dernière saison en cadettes l’an prochain, elles vont jouer contre les meilleures filles du championnat.”
L’histoire de Théo Cambon à la tête de ce groupe depuis quatre ans s’arrêtera elle samedi puisque le joueur professionnel du Stade aurillacois s’était engagé avant les phases finales avec le club de Saint-Simon pour coacher les seniors garçons. Avant de se projeter sur ce nouveau rôle, le champion de France Espoir s’assoira sur le banc rouge et bleu une dernière fois avec l’envie de revivre un sacre national. Mais il le sait, “ce sera totalement différent de quand j’étais joueur ! Entraîneur, tu n’es pas sur le terrain, tu n’es pas maître du jeu. La responsabilité pèse sur les filles. Notre rôle à nous, c’est de les mettre dans les meilleures conditions physiques, mentales, pour avoir le plus de chances d’être performantes le jour J. Le stress est différent mais il y a quand même un peu de frustration de ne pas avoir de pouvoir d’action !” Et puis, Théo Cambon l’avoue non sans émotion : “Ça me fera quelque chose... Comme dit Tim Daniel (ancien joueur du Stade aurillacois et entraîneur des Espoirs, ndlr), elles sont “attachiantes” ces filles !”
Alors, pour conclure en beauté ce chapitre et quel que soit le résultat final, l’équipe a prévu de profiter de cette journée en terres vendéennes, notamment en allant encourager une ancienne cadette aurillacoise, Suzanne Delouvrier, qui joue maintenant avec l’ASM Romagnat ; en partageant également un repas avant de reprendre la route samedi soir direction le Cantal dans un bus affrêté par le club et rempli par des parents, des supporters, des dirigeants,... 
Il sera alors temps de se projeter sur la saison 2026-2027, un entraînement devrait être ouvert au public pour recruter de futures cadettes, dont l’aventure de leurs aînées leur aura mis l’eau à la bouche.

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