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Réutilisation des eaux usées : quel potentiel pour la ferme France ?

Pour faire face aux périodes de sécheresse récurrentes et limiter les prélèvements d'eau, la France a décidé d'encourager le développement de la réutilisation des eaux usées traitées (Reut), notamment pour l'irrigation des cultures.

Pour faire face aux périodes de sécheresse récurrentes et limiter les prélèvements d'eau, la France a décidé d'encourager le développement de la réutilisation des eaux usées traitées (Reut), notamment pour l'irrigation des cultures.
Pour faire face aux périodes de sécheresse récurrentes et limiter les prélèvements d'eau, la France a décidé d'encourager le développement de la réutilisation des eaux usées traitées (Reut), notamment pour l'irrigation des cultures.
© L Mouquet

Le 30 mars, le président de la République a annoncé un objectif de 10 % de réutilisation  des eaux usées d'ici à 2030, contre moins de 1 % actuellement - le reste étant restitué au milieu naturel. Si l'agroalimentaire s'y intéresse beaucoup, les usages actuels sont le plus souvent agricoles, pour 60 % des volumes. Ils se sont historiquement développés sur le littoral, où les eaux traitées sont rejetées à la mer, et dans des milieux très spécifiques. Au niveau national, le potentiel est significatif mais limité, d'abord par les volumes disponibles qui se trouvent à proximité des grandes villes, ce qui en limite l'usage agricole, mais aussi par les usages concurrents, comme le maintien de débits. Et in fine les coûts resteront une forte barrière, que le syndicalisme agricole souhaiterait toutefois abaisser.
La réutilisation des eaux usées est un sujet qui revient de plus en plus souvent sur le devant de la scène agricole. En 2015, la FNSEA avait déjà noué un partenariat avec Véolia sur la question - et depuis, le syndicat majoritaire la promeut souvent dans le contexte de sécheresses récurrentes. De même que les chambres d'agriculture, qui l'ont mis en avant lors du Varenne de l'eau en 2021. Autant de messages qui ont finalement trouvé écho au plus haut niveau de l'État, alors qu'Emmanuel Macron présentait le plan eau le 30 mars.
Atteindre les 10 % représenterait 300 millions de mètres cubes d'eau usée traitées, soit un dixième du volume total d'eau prélevée destinée à l'irrigation, selon la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (BNPE). Sur le papier, le potentiel paraît significatif, quoique limité, mais en réalité, le dossier est plus compliqué. « Nous sommes très moteurs derrière la Réut mais cela restera de toute façon limité, prévient d'emblée Éric Fretillère, président d'Irrigants de France (producteurs de maïs, FNSEA). Et ce d'autant plus que les volumes se trouvent à proximité des grandes villes, ce qui en limite l'usage au niveau agricole ».
C'est dans les années 1980-1990 que la Reut voit le jour, mais il faudra attendre un arrêté de 2010 pour que soit encadrée cette pratique. Le principe : réutiliser l'eau à la sortie de station d'épuration, après un traitement tertiaire plus ou moins intensif selon l'usage ultérieur (lagunage, filtration membranaire ou encore désinfection).
Malgré ce cadre, elle reste utilisée de « façon marginale » - peu de stations y ont recours. En mai 2017 - dernier recensement en date - 62 cas de réutilisation issue de stations de traitement des eaux usées (Steu) [...] ont été dénombrés sur le territoire, sur les quelque 22 000 stations françaises. Parmi ces initiatives, la majorité destine l'eau à un usage agricole (60 %) et à l'arrosage de golfs (26 %). Un nombre relativement faible, alors que l'Espagne compte une centaine de stations d'épuration, et surtout réutilise 14 % de ses eaux.

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