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Rester vigilant en 2018 après les avancées de 2017

États généraux de l’alimentation, zones défavorisées, eau, PAC, la FNSEA Nouvelle-Aquitaine, s’est réunie à Bordeaux le 16 janvier à l’occasion de la tournée régionale de la FNSEA. Daniel Prieur, son secrétaire général, avait fait le déplacement pour faire le point sur l’avancée des dossiers en cours.

De gauche à droite, Bernard Layre, secretaire général de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine, Daniel Prieur, secrétaire général de la FNSEA et Philippe Moinard, président de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine.
De gauche à droite, Bernard Layre, secretaire général de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine, Daniel Prieur, secrétaire général de la FNSEA et Philippe Moinard, président de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine.
© P. Dumont

Chaque année en janvier, des élus de la FNSEA se déplacent en région à la rencontre des élus. En Nouvelle-Aquitaine, c’est au doubien Daniel Prieur qu’est revenue la tâche de faire le bilan des actions de 2017 et d’évoquer les combats à venir. Gros chantier de l’année écoulée, les EGAlim et leurs suites ont occupé une large part des discussions. Le secrétaire général de la FNSEA a rappelé les objectifs de la FNSEA durant les travaux. Parmi eux, avancer groupés, d’abord avec JA mais aussi d’autres acteurs du monde agricole. Le syndicat souhaitait également peser sur la méthode de travail en fournissant un document de synthèse. « Il nous fallait un document de référence pour montrer que des choses existent, que l’on ne partait pas d’une feuille blanche », souligne Daniel Prieur. Pour les responsables syndicaux qui ont participé aux EGAlim, un constat est partagé : ceux-ci se sont déroulés avec une certaine franchise. Au cours des débats, la FNSEA « a défendu toutes les agricultures, rappelle Daniel Prieur. Celle-ci a évolué. Elle doit encore le faire mais les agriculteurs doivent être acteurs de cette évolution. » La prochaine étape, l’examen du projet de loi doit avoir lieu fin janvier. La vigilance reste de mise pour la FNSEA. « Nos positions ont été écoutées, des propositions ont été faites en matière d’encadrement des promotions, de revente à perte, de renforcement des OP, de prise en compte du coût de production, … mais tout n’est pas encore gagné » prévient le responsable syndical. Parmi les représentants néo-aquitains, la prudence est aussi de mise. La loi ne réglera pas à elle seule la question du prix et il sera nécessaire de travailler au niveau régional également.

Des perspectives en demi‑teinte
Autre sujet important en Nouvelle-Aquitaine, la réforme des ZDS. Sur les 3 000 exploitations françaises sorties du zonage avec la nouvelle cartographie, 2 000 sont situées en Nouvelle-Aquitaine*. Après la dernière réunion au ministère de l’Agriculture en décembre et avant la prochaine en janvier, c’est le status quo et la déception enfle. « En Deux-Sèvres, 1 137 exploitations sortiraient des ZDS en théorie. C’est une perte de l’ordre de 7 500 à 8 000 euros par exploitation. Dans ces zones, on ne peut faire autre chose que de l’élevage ! Sur ma commune, cela représente une perte de plus de 320 000 euros. Quel autre secteur économique peut prétendre ramener une telle somme sur une commune rurale ? » interpelle Alain Chabauty, président de la FNSEA 79. Le 26 janvier prochain, au moment de la réunion ZDS au ministère, FNSEA et JA79 appellent à manifester devant la préfecture de Parthenay.
La question du stockage de l’eau faisait partie des 13 propositions remises par la FNSEA au candidat à la présidentielle Emmanuel Macron. Jusqu’à présent victime d’une communication négative, le dossier figurera dans les chantiers de l’année qui débute. « Il va falloir mettre noir sur blanc les avantages que les réserves d’eau et les retenues collinaires apportent sur les territoires en matière d’économie mais aussi de biodiversité » souligne le président de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine.
Dernier dossier évoqué, la prochaine réforme de la PAC. Là encore, la FNSEA entend être pro-active à Bruxelles. Pour l’heure, le règlement Omnibus semble prendre un virage qui amorce la future PAC. « On est en train de remettre en cause la loi sur la concurrence. Celle-là même qui nous a valu une lourde condamnation, rappelle Daniel Prieur. Des opportunités existent avec la volonté de clarification du cette loi ou la modernisation du régime des coop, … »

* Cf. l’interview de Alain Chabauty dans l’édition du 22 décembre 2017.

Daniel Prieur, la réforme des zones défavorisées touche particulièrement la Nouvelle-Aquitaine. Vous avez échangé avec les responsables locaux sur le sujet. Quelle est la position de la FNSEA ?
J’ai ressenti le sentiment d’injustice qu’éprouvent les responsables syndicaux de la région. Si le zonage demeurait en l’état, ce serait un vrai traumatisme pour les départements touchés. Il faut absolument trouver des réglages plus fins pour réintégrer les communes exclues, en Deux-Sèvres mais aussi en Gironde, dans les Landes et le Lot-et-Garonne. Les critères qui nous sont imposés sont absurdes, notamment le nombre d’UGB/ha. Ils ont favorisé les zones intensives. On va à l’encontre de l’effet escompté ! Avec cette cartographie, les petites zones d’élevage enclavées dans des zones céréalières ou viticoles par exemple, vont disparaître. Cela ne favorisera pas la culture des céréales car ces zones ne sont pas propices aux cultures. De toute manière, s’il n’y a plus d’élevage, qui les consommera ? La FNSEA tient au modèle de polyculture-élevage et elle sera aux côtés des agriculteurs deux-sévriens le 26 janvier prochain à Parthenay.

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