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Coopérative des éleveurs de La Marche
Résister dans la tempête

L'assemblée générale a été placée sous le signe des difficultés que rencontrent les adhérents et l'organisation de producteurs.

A la tribune, Paul Urbain, le président, à sa gauche, Philippe Deschamps, le directeur (avec le micro), et Didier Kholler, directeur départemental de l'agriculture et de la forêt (2ème à gauche).
A la tribune, Paul Urbain, le président, à sa gauche, Philippe Deschamps, le directeur (avec le micro), et Didier Kholler, directeur départemental de l'agriculture et de la forêt (2ème à gauche).
© D.R.

L'affluence de cette assemblée générale ne restera pas dans les annales. Le beau temps y a été certes pour quelque chose. « Nos adhérents sont occupés au foin », expliquait le président de la Celmar, Paul Urbain, souriant à son arrivée à l'Espace de l'écluse de La Souterraine, où s'est tenue l'assemblée générale. La faible affluence a eu aussi, peut-être, une raison moins positive. En effet, depuis plusieurs mois, la Celmar et ses adhérents font face à des problèmes qui les mettent à rude épreuve. Il y a d'abord la Fièvre catarrhale ovine (FCO), qui a considérablement contrarié, et contrarie encore, le travail des éleveurs. « Ce fut une année tumultueuse sanitairement, à cause de la FCO », a souligné Paul Urbain. Les frontières, tantôt fermées ou tantôt ouvertes, ont fortement troublé l'activité, en obligeant les éleveurs à conserver les broutards destinés à l'Italie plus longtemps qu'il n'aurait fallu. Résultat, les adhérents « ont difficilement soutenu le choc. La trésorerie est difficile pour eux », reconnaissait Philippe Deschamps, le directeur de la Celmar.

Les méfaits de la crise

Autre grave problème, la hausse du prix des carburants. Cela a occasionné une hausse des charges de transports. En 2009, la baisse de la naissance des veaux va aussi engendrer une baisse de la production de jeunes bovins, veaux de lait et broutards.

Dans le secteur des reproducteurs, à la fin avril dernier, on constatait une baisse de 20 % de l'activité, à cause surtout de la crise économique (qui engendre une baisse de la consommation de viande). Les inquiétudes sont là aussi pour le secteur ovin. Le prix des aliments est en hausse, ce qui est à l'origine d'une baisse du poids des animaux. Il y a eu une baisse des naissances, due à la FCO. Et puis, par manque de rentabilité, des cheptels ont été vendus. Conjugués aux départs en retraite, ces phénomènes concourent à une baisse de 15 % de l'activité depuis début 2009 pour les ovins. Seule note positive, « le prix des agneaux en boucherie a augmenté de 20 % en moyenne. Ce n'est pas négligeable », a souligné Gilles Chesterman, responsable ovin à la Celmar. Au rayon des bonnes nouvelles, il y a l'augmentation des volumes commercialisés, avec une hausse de 10 % pour les bovins en 2008, ce qui a permis de rendre des résultats presque à l'équilibre pour la coopérative.

Des moyens pour résister

Pour tenir le choc dans cette conjoncture difficile, la Celmar veut « retrouver les valeurs de la coopération », comme l'a déclaré Paul Urbain. Elle entend jouer un rôle d'amortisseur face aux « brutalités » qui surviennent. Il s'agit de mutualiser les risques. La maîtrise des coûts de production est aussi visée (par le renforcement de l'autonomie alimentaire entre autres). La Celmar mutualise aussi ses moyens avec les autres organisations de producteurs ovines ABS et CCBE, dans les domaines du suivi technique, de la logistique, de la commercialisation et des services. En cette année 2009, la coopérative entend « renforcer » la contractualisation, afin d'avoir accès à des circuits de viande de qualité (avec la grande distribution et vers l'Italie, notamment). « Mais on ne sait pas forcément toujours à quel prix on va vendre », reconnaît le directeur de la Celmar. Et c'est bien là le problème. Coincés entre le marteau et l'enclume, les éleveurs et leur coopérative tentent de trouver des solutions pour limiter les dégâts.

Les trophées

- Trophée veau sous la mère : Roudet Philippe à Saint-Sylvestre (Haute-Vienne)

- Trophée Junior jeune bovin : Gaec Dumathieu à La Souterraine (Creuse)

- Trophée génisse limousine : Gaec Lucas de Saint-Pierre-Chérignat (Creuse)

- Trophées mise en place supplémentaire et Animateurs : Christian Lebeau de Vicq-sur-Breuilh (Haute-Vienne)

La Coopérative des éleveurs de la Marche en chiffres

- 41 ans (fondée en 1968)

- 45 salariés (chauffeurs, techniciens, commerciaux, vétérinaire, secrétaire…)

- 854 adhérents en Creuse, Haute-Vienne, Indre et Vienne (dont 257 adhérents ovins)

- 95,5 millions d'euros (chiffre d'affaires de la coopérative et des filiales)

- 37 671 ovins commercialisés

- 42 100 vaches allaitantes

- 52 047 bovins commercialisés (+ 10 %)

- 500 000 km parcourus par an par les camions transportant les animaux.

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