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Portrait
"Répondre à l'appel de la FDSEA pour la défense de notre métier, c'est une évidence"

Guillaume Augier est éleveur laitier à Ste Florine, en Gaec avec son cousin ; il se forme, s'informe et défend son métier dans les rangs de la FDSEA de Haute-Loire.

 "Si tu ne te renseignes pas, tu n'as pas l'info et tu peux passer à côté d'aides ou de services" : Guillaume Augier.
"Si tu ne te renseignes pas, tu n'as pas l'info et tu peux passer à côté d'aides ou de services" : Guillaume Augier.
© © HLP

Installé depuis 2002 à Ste Florine dans le Brivadois, Guillaume Augier est fier de poursuivre l'aventure initiée par ses grands-parents puis ses parents et son oncle, au sein du Gaec du Président (du nom du lieu-dit), un des premiers Gaec de Haute-Loire créé en 1976. Il est aujourd'hui associé avec son cousin David.
Sur une surface totale de 140 ha regroupés autour du siège d'exploitation grâce à un remembrement il y a plus de 30 ans, ils cultivent 30 ha de maïs et autant de céréales, le reste étant de l'herbe dont une part importante de prairies naturelles. Avec cette surface, ils élèvent un troupeau de Prim'Holstein qui produit 
600 000 litres de lait.
Les laitières sont toujours logées dans le bâtiment construit par le grand-père Augier. Pourquoi changer un système fonctionnel qui a fait ses preuves et convient aux éleveurs ? C'est une stabulation avec un bâtiment à logettes sur caillebottis, et un système d'alimentation en libre service auquel s'est ajouté un DAC (distributeur automatique de concentré).


Aller voir ailleurs


Guillaume Augier aime son métier. Mais avant de s'installer définitivement à Ste Florine, il est parti à l'aventure au Québec avec l'organisme Sésame, pour son stage 6 mois d'avant installation. "Je n'avais jamais bougé de chez moi. Mais je voulais aller voir ailleurs, partir de la maison et apprendre à me débrouiller". Ce stage, loin de le regretter, il recommande à tous les jeunes de partir loin de chez eux pour l'expérience : "après, une fois installé, ce n'est plus possible".
Jeune agriculteur, il a de suite rejoint les JA de son secteur, assurant même quelque temps la présidence du CCJA du Brivadois, avant d'arrêter, trop pris par le travail et la famille. Mais depuis 3 ans, il cotise à la FDSEA et s'intéresse de près à ce que le syndicalisme apporte aux agriculteurs mais aussi à ce que les adhérents peuvent apporter au syndicalisme.


"On doit se battre pour défendre notre métier"


Pour lui, "le syndicalisme, FNSEA et JA, est le principal organe de défense de notre métier qui a les moyens de se faire entendre en hauts lieux". Et d'ajouter, "si on ne dit rien, on se fait bouffer… On doit se battre pour défendre notre métier". Et c'est au sein de la FDSEA qu'il trouve matière à mener ce combat.
Conseiller Municipal, administrateur à l'agence locale du Crédit Agricole, père de famille (2 enfants), mais aussi chasseur, Guillaume Augier est pour l'instant trop occupé pour s'investir davantage dans les rangs de la FDSEA. Néanmoins, il se tient très régulièrement informé notamment avec l'Info FD dans lequel il trouve beaucoup d'informations importantes. "Si tu ne te renseignes pas, tu n'as pas l'info et tu peux passer à côté d'aides ou de services" insiste-t-il. C'est pourquoi, il n'hésite pas à se rendre aux réunions, comme le Conseil Fédéral fin octobre à St Paulien, à suivre des formations, ou tout simplement à faire appel aux services de la FDSEA. "J'ai par exemple contacter la juriste pour m'aider dans le cadre d'un contrat, j'ai appelé Jérémy (Ndlr : Convers, animateur à la FDSEA) avant un contrôle pour savoir ce qu'on allait me demander… Et ensuite je l'ai rappelé pour lui faire un retour, car c'est important de faire remonter les informations pour qu'elles servent aux autres. Idem pour les factures d'électricité, j'ai passé l'info à Jérémy. Il faut répondre aux demandes de la FDSEA, car sans retours, que peuvent-ils faire ?". Il était sur les routes de son secteur lundi 20 novembre pour dévisser et retourner les panneaux dans le cadre de la grande action syndicale nationale. Pour lui, "répondre à l'appel de la FDSEA pour la défense de notre métier, c'est une évidence".  
Guillaume Augier est un agriculteur bien dans ses bottes. Oui, son exploitation est située en bordure d'une ville de 3 500 habitants avec seulement 3 exploitations, et la cohabitation avec les citadins peut être difficile bien qu'il s'entende bien avec son voisinage de proximité ; oui il est agriculteur-chasseur, deux passions souvent critiquées ; oui le litre de lait payé au producteur est au même prix qu'il y a 30 ans ; oui les contraintes administratives et environnementales se multiplient et sont trop souvent illogiques… Mais Guillaume ne regrette pas son installation. C'est le métier qu'il a choisi, "un métier multi-tâches, qui laisse quand même de la liberté". Quand on lui demande s'il encouragera ses enfants à reprendre le flambeau, il répond : "ils feront ce qu'ils voudront, selon leurs envies. Mais pourquoi pas…".

 

L'eau, le problème numéro 1
Depuis 4 ans, ce secteur de la Haute-Loire est oublié par les pluies ; la sécheresse sévit et la situation s'aggrave d'années en années. Pourtant idéalement située entre deux rivières, l'Allagnon et l'Allier, l'exploitation de Guillaume et David ne survit que grâce à l'irrigation, et même avec un investissement lourd, les cultures souffrent et les réserves en fourrages sont insuffisantes. "Cet automne, nous n'avons cumulé que 60 mm de pluie alors qu'à quelques kilomètres sur le Cézallier, il en est tombé 400" résume Guillaume Augier qui se demande quoi faire à l'avenir. "Nous avons beaucoup investi dans les systèmes d'arrosage avec 2 stations de pompage sur les rivières et dans un lac collinaire, en passant du diesel à l'électrique, en curant le lac envahi par la vase pour retrouver sa capacité d'origine, en enterrant les tuyaux…  On n'a pas le choix, on doit faire du maïs pour nourrir nos bêtes, parce que même irriguée l'herbe ne pousse pas".    
 

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