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Repenser le bien-être des abeilles en se penchant sur l’isolation thermique des ruches

Samedi 17 février, à Florac, a eu lieu la 12e édition de la journée apicole, co-organisée par le PNC, le syndicat apicole de Lozère et le GDSA. L’occasion pour les apiculteurs du département de se retrouver et discuter des avancées dans la filière.

Damien Merit parle dans un micro;
Damien Merit, apiculteur dans le Tarn, présente la ruche basse consommation d'énergie, lors de la 12e édition de la Journée apicole à Florac.
© Marion Ghibaudo

L’an dernier, la journée apicole avait permis de se pencher sur les effets du changement climatique sur les abeilles et les apiculteurs avec une conférence très suivie d’Étienne Bruneau. Cette année, la thématique s’est donc resserrée autour des ruches, avec la présentation par Damien Merit d’un concept innovant : « la ruche basse consommation d’énergie ». Durant la journée, la vice-présidente du PNC, Flore Thérond, par ailleurs maire de Florac-Trois-Rivières, a signé la charte de bonne conduite apicole développée par le syndicat pour un meilleur partage de l’espace entre apiculteurs.
Dans la salle, des apiculteurs lozériens en majorité, mais aussi quelques voisins du Gard, de l’Aveyron et de l’Hérault étaient venus suivre les débats. Jean Blanchot, président du GDSA de l’Aveyron et qui vient d’être élu président de la section régionale, était aussi présent. Dans l’équipe tout juste en poste, deux vice-présidents sont aussi à signaler : Jean-Luc Delon, président du GDSA de l’Hérault, et Philippe Clément, président du GDSA de Lozère.
Avant de lancer la journée, David Blanc, le nouveau président du syndicat apicole de Lozère a tenu à saluer les nombreuses médailles ramenées par les apiculteurs lozériens lors du concours des miels de France qui s’est tenu le 1er février dans les locaux du Cese, le conseil économique, social et environnemental, au Palais d’Iéna à Paris. Le président du jury, Fabrice Prochasson et les 250 jurés ont récompensé 106 miels, huit pains d’épices, neuf nougats et onze hydromels produits par les apiculteurs français durant l’année 2023. « Les Lozériens ont rapporté pas mal de médailles cette année, donc sur les 106 miels médaillés, nous en avons eu quinze », s’est réjoui David Blanc. Un pain d’épice a aussi décroché une médaille. « C’était un joli concours avec de nombreux miels présentés, et bravo à tous ceux qui ont participé ».

 

Une ruche basse consommation d’énergie pour des abeilles en meilleure santé

Si Damien Merit, apiculteur dans le Tarn depuis près de dix ans et installé dans l’exploitation familiale apicole, a conduit la conférence, il met dès le départ les choses au clair en rendant un hommage appuyé à Marc Guillemain, qui le premier a réfléchi à la thermorégulation des ruchers, il y a déjà une trentaine d’années, et n’a jamais cessé depuis de s’intéresser à ce sujet. Marc Guillemain, qui est décédé il y a un an et demi, s’était donc associé à Jean Riondet et Damien Merit pour la publication d’un article de recherche sur le fruit de son travail dans un premier temps, puis un livre sur le même sujet, paru en 2023. « Ce livre, c’est un peu son testament », note Damien Merit.
« Très jeune, je savais que je voulais devenir apiculteur. J’ai suivi des études de biologie, et j’ai eu la chance de me perfectionner dans la biologie de l’abeille, et notamment sur le climat de la ruche », détaille l’apiculteur. Ce qui l’a conduit à s’intéresser aux travaux de Marc Guillemain qu’il rejoint en 2009. « Quand je suis allé visiter son rucher, j’ai été étonné du dynamisme de ses ruches, ça débordait d’abeilles. Et il faisait des choses qui me paraissaient inconcevables. Mais ça marchait ».
Partant du constat que les ruches modernes sont des passoires thermiques conduisant à des surmortalités hivernales, Marc Guilllemain a passé 30 ans de sa vie à mettre au point un système d’isolation efficace en s’inspirant de l’habitat naturel des abeilles : le tronc d’arbre creux. Pour reproduire cette isolation, Marc Guillemain a donc progressivement développé la « PIHP » (partition isolée haute performance), qui combine isolants réfléchissants et thermiques pour stopper la conduction des matériaux. Ce qui permet de mieux garder le rucher en phase d’homéostasie, donc à température constante, sans que les abeilles ne s’épuisent à maintenir elles-mêmes cette température. « Toutes les recherches de Marc Guillemain se sont concentrées sur le bien-être des abeilles », a pointé Damien Merit. Pour ce dernier, les récentes évolutions de la filière se sont plutôt concentrées sur la facilité de travail des apiculteurs en oubliant les abeilles.
Quant aux outils à utiliser, ils sont à la portée du premier apiculteur un peu bricoleur : les matériaux pour construire les PIHP se trouvent dans les magasins de bricolage, l’idée étant de partager largement les résultats de ces recherches.
Damien Merit a d’ailleurs profité de cette conférence pour annoncer qu’il travaille actuellement, en collaboration avec des fournisseurs de matériels apicoles, à de nouveaux matériaux plus durables et performants pour les ruchers. « Ils devraient être sur le marché d’ici quelques mois », a-t-il indiqué.

 

Les pollinisateurs sauvages 

L’après-midi a été consacré à une étude menée depuis 2020, en collaboration entre le PNC et une équipe de chercheurs de l’Inrae d’Avignon et de Toulouse, visant à analyser les interactions entre abeilles domestiques et pollinisateurs sauvages. Durant quatre ans, Léo Mouillard-Lample a analysé un grand nombre de données en réalisant une collecte de plus de 7 500 abeilles sauvages et domestiques dans des châtaigneraies et landes à callune autour du mont Lozère, notamment. Étude dont la présentation des résultats a longuement fait réagir les apiculteurs présents dans la salle, qui se sont sentis « attaqués sur leurs façons de travailler ». Selon les résultats de l’étude, une compétition pour les ressources florales entre abeilles et pollinisateurs sauvages a bien lieu, mais ses résultats ont aussi pour but de faire réfléchir les apiculteurs à leurs pratiques avant que « d’autres ne s’emparent du sujet et interdisent tout ». 
 

 

Un plan de lutte contre le frelon asiatique

Le frelon asiatique, préoccupation majeure des apiculteurs, devrait bénéficier d’un nouveau plan de lutte national dont les points principaux seront annoncés d’ici au printemps. Une lutte qui devrait essentiellement se concentrer sur le piégeage de printemps, et notamment les reines.

 

Palmarès concours des miels de France pour la Lozère

Miels monofloraux
Miel de bruyère blanche
médaille d’or : Les ruchers de Bastien
Miel de bruyère callune
médaille d’or : Association Le Clos du Nid
médaille d’argent : La Miellerie de Vielvic
Miel de châtaignier
médaille d’argent : Nathanaël Étienne
médaille d’argent : Sébastien Tichit
Miels polyfloraux
Miel de causses
médaille d’or : Association Le Clos du Nid
médaille d’argent : Les Ruchers de Bastien
Miel de forêt
médaille d’or : L’Abeille d’Oc
médaille d’or : Philippe Mathieu
Miel de garrigue
médaille de bronze : Les Ruchers de Bastien
Miel de miellat
médaille d’or : L’Abeille Rouge
Miel de montagne
médaille d’or : L’Abeille Rouge
Miel polyfloral clair
médaille d’or : L’Abeille d’Oc
Miel polyfloral foncé
médaille d’or : La Miellerie de Vielvic
médaille de bronze : Les Ruchers de Bastien
Pains d’épices
médaille de bronze : Philippe Giral

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