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Interview
Réorienter l'aide sociale vers l'alimentation

Interview de Yannick Fialip, président de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire et administrateur FNSEA

Yannick Fialip, président de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire et administrateur FNSEA
Yannick Fialip, président de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire et administrateur FNSEA
© HLP

La FNSEA travaille sur une politique alimentaire qui prévoit, entre autres, la mise en place de chèques alimentaires en France. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce projet ?
Alors que la France s'apprête à passer la barre des 10 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, au sein de la FNSEA, nous travaillons sur une politique alimentaire qui soutient le projet de chèques alimentaires pour les plus démunis. À travers ce projet qui consiste à réorienter l'aide sociale vers l'alimentation, il s'agit d'inciter le consommateur à acheter des produits français et locaux et d'augmenter ainsi la valeur de l'alimentation. À l'heure actuelle, la politique de la grande distribution vise à faire baisser les prix des produits agricoles pour que l'alimentation ait un prix attractif auprès des consommateurs. Avec les chèques alimentaires, les plus démunis achèteront uniquement de l'alimentaire et on s'émancipera de cette pression permanente qui repose sur les producteurs.

Cette idée de chèques alimentaires a récemment été reprise par le gouvernement...
Oui, récemment le Président Macron a lui même fait référence à cette idée dans le cadre de la convention citoyenne pour le climat. Ces tickets alimentaires à utiliser localement seraient un bon moyen d'inciter à consommer des produits français, locaux, de qualité et sains. Notons que la valeur du chèque pourrait varier selon les revenus...
Dans le contexte actuel de crise sanitaire qui va malheureusement avoir de lourdes conséquences sur le plan économique, nous redoutons que le prix des produits alimentaires baisse. Or, nous, agriculteurs, ne voulons pas subir les conséquences de cette crise ! La mise en place d'une vraie politique alimentaire en France permettrait d'échapper à ces risques de fluctuations de prix à la baisse.

En quoi l'introduction de chèques alimentaires pourrait avoir un impact positif sur les produits agricoles ?
L'alimentation ne fait plus partie des dépenses prioritaires des ménages français. Sur un budget de 1 090 € par mois et par personne, lorsque l'on a enlevé les dépenses considérées comme prioritaires (logement, mobilité, téléphone, internet), il reste 520 € pour toutes les autres dépenses, dont l'alimentation. Résultat : il reste moins de 10 € par jour et par personne pour s'alimenter.
Un chèque alimentaire permettrait aux plus pauvres d'entre nous de bénéficier d'un potentiel d'achat alimentaire supérieur de l'ordre de + 30 % ; ce qui leur permettrait alors d'opter pour des produits de qualité.
Et parallèlement à cette politique alimentaire, nous entendons créer des partenariats en vue de faire connaître les métiers de notre filière agricole qui sont à la recherche de main-d’œuvre, et donner ainsi des perspectives d'emplois aux populations défavorisées.
C'est notamment dans cette optique que le comité de promotion des produits agricoles et alimentaires de Haute-Loire et la Chambre d'agriculture se sont récemment rapprochés des Restos du Cœur.

 

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