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Rentrée à la salers académie

Quarante-et-un veaux ont rejoint la station d’évaluation en vue de leur qualification potentielle. Parmi eux, trois jeunes taureaux dont c’était une première pour leur propriétaire.

Après leur déchargement, chaque animal est pesé, enregistré, alloté.
Après leur déchargement, chaque animal est pesé, enregistré, alloté.
© P. O.

Ils ont fait leur rentrée avec quelques jours d’avance jeudi 26 août. Ils sont 41 et figurent parmi les sujets les plus prometteurs de leur génération. Pour faire partie de cette première promotion d’élite 2021, ils ont dû passer les mailles d’une sélection des plus drastiques et montrer pattes blanches. Morphologie, performances en ferme  (pesées à 4 et 7 mois), croissance de la naissance à 7 mois mais aussi ascendance (indexation des parents) sont les critères qui ont guidé la décision du Herd-book salers (HBS) à l’issue d’une visite en ferme d’un technicien. “On porte une attention particulière sur la croissance en ferme, l’allaitement maternel et les aptitudes fonctionnelles”, précise Karine Champaix, technicienne au HBS. Ainsi, à peine la moitié(1) des 85 prétendants ont été retenus à travers toute la France. Et à leur arrivée ce jeudi matin dans leur nouvel établissement, le stress était palpable au moment de la pesée qui déterminera avec leur âge le lot auquel ils seront rattachés.

Sélection draconienne
Durant les cinq prochains mois, leurs performances vont être scrutées à la loupe, comparées, afin de définir lesquels seront qualifiés pour décrocher leur passeport pour la vente du 2 février. “Le premier mois, c’est foin à volonté et un peu de concentré matin et soir, le but c’est de les remettre à niveau en gommant les effets de l’élevage”, explique la technicienne. Les trois suivants, ces futurs reproducteurs seront poussés avec un peu plus d’aliment afin qu’ils expriment leur plein potentiel de croissance. Pesés tous les mois, ceux affichant le meilleur GMQ (gain quotidien moyen) et une morphologie en phase avec les attendus de la race seront sélectionnés en début d’année 2022 pour être proposés à la vente aux enchères.
Pour l’un deux, le voyage a été long et le réveil précoce avec pour conséquence 30 kg en moins sur la balance. “On est parti à 4 h 15 ce matin, témoigne son propriétaire, Armand Audineau (EARL de Simoussais) tout juste arrivé de Charente-Maritime, où il a troqué en 2013 son troupeau de blondes d’Aquitaine pour des salers, au charme desquelles il a succombé. “Mon voisin en avait et depuis tout petit, c’est une race qui me plaît, avec une facilité de vêlage et de conduite”, témoigne l’éleveur. Et pour résumer les atouts de l’acajou, il donne deux seuls chiffres : “Je vends les broutards 150 € de moins qu’en blonde d’Aquitaine mais il me reste au final 80 € de plus !” C’est le troisième veau que l’éleveur aquitain vient faire évaluer à la station de Saint-Bonnet-de-Salers.“Le premier avait été qualifié mais pas vendu en raison de son caractère, le second n’avait pas été qualifié mais s’était vendu à l’amiable...” Aujourd’hui, Armand a bon espoir que le troisième remplisse les deux critères même s’il confie que sa démarche est avant tout guidée par le plaisir et la passion pour la race. Ce jeudi matin est en tout cas l’occasion pour lui de retrouver  Jean-François Bruel (Gaec de Combelle) auprès duquel Armand a constitué une bonne partie de son cheptel parallèlement aux bêtes achetées chez Jean Bouniol (Vézac).

Du potentiel à confirmer
Jean-François Bruel est un habitué de la station. “Depuis qu’il y a deux bandes, on met un veau chaque année à la première avec l’objectif de se comparer aux autres, de disposer d’une indexation précise, d’une indication sur la valeur génétique de l’animal”, expose l’éleveur naisseur-engraisseur arpajonnais dont l’un des derniers jeunes taureaux qualifiés est parti en Moselle. “Ce sont des veaux nés début-mi-septembre, placés en tétée surveillée jusqu’au printemps et sevrés au 15 juin”, poursuit Jean-François Bruel, qui cherche des animaux typés mixtes, avec de la viande. “On recherche beaucoup de souches laitières et de facilité d’entretien, la finalité chez nous c’est la boucherie, aussi on vise un bon compromis entre lait, croissance et viande”, ajoute celui qui produit entre autres des taurillons (TJB salers) et des vaches pour le Label rouge salers.
Florian Lemmet prend lui ses marques dans la stabulation du Fau : installé il y a quelques mois seulement au sein du Gaec familial Le Patural à Saint-Hippolyte  (65 salers et 40 montbéliardes), il entend bien perpétuer le travail de son grand-père et de son père avant lui. En commençant par mettre un veau en pension à la station :  “C’est un bon veau, avec un fort développement musculaire, l’idée c’est de voir son potentiel, de se comparer avec d’autres élevages et s’il profite bien, que cela permette de se faire connaître et, pourquoi pas un jour, de faire des concours”, espère le jeune homme, dont l’élevage est inscrit depuis l’automne dernier au Herd-book.


Premiers pas comme apporteurs
“Depuis qu’il est né, on l’a repéré, c’est un veau qui pousse bien et dont la mère, Fière, apporte beaucoup de croissance” : Emmanuel Hurgon est lui aussi un “bleu” comme apporteur à la station. Cette année, l’éleveur de Dienne (Gaec Hurgon) a décidé de franchir le pas, confiant dans le potentiel de son mâle, fils d’un taureau de chez Daniel Tiravy et qu’il compte bien repasser voir lors des portes ouvertes. “On a beaucoup travaillé ces dernières années avec des origines Roussel à Veyières, on souhaite voir si notre veau répond aux standards de la race et en termes de croissance”, avance Emmanuel, dont le travail de sélection priorise les aptitudes fonctionnelles, les qualités de race (aplombs, bassins, ligne de dos, tête,...) et “avant tout, les qualités maternelles pour des broutards qui poussent avec le lait de leur mère et un minimum de concentré”. Ces produits, le Gaec Hurgon les expose depuis plusieurs années déjà dans les comices, au Départemental et National de la race, et a prévu d’être au rendez-vous du Départemental le 19 septembre au haras d’Aurillac.
Direction “Reims” pour Romain Tourde, plus habitué à être dans les rangs des acheteurs. Reims est né le 22 octobre 2020 et présente selon son propriétaire de réelles dispositions comme futur reproducteur : à commencer par une croissance notable, de très bonnes aptitudes maternelles du côté de sa mère, de la viande et de la docilité du côté paternel. “On pense qu’il peut être pas mal, mais ce sont les mois en station qui le diront...”, glisse le jeune agriculteur, qui voit dans cette sélection le premier aboutissement du travail de sélection en pur engagé il y a peu par le Gaec de Sazergues (Saint-Simon).

(1) 41 veaux issus d’une trentaine d’élevages : 2 de la Loire, 2 de Seine-Maritime, 2 de l’Aisne, les autres du Cantal, Puy-de-Dôme et Haute-Loire.

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