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Rencontres de l’Agriculture : au GAEC Combezou, la performance au cœur d’un projet familial

Mercredi dernier, le GAEC Combezou, situé à Lamazière-Basse, a accueilli une nouvelle édition des Rencontres de l’Agriculture organisées par la FDSEA.
Près d’une cinquantaine de visiteurs, agriculteurs, élus et représentants des institutions, ont répondu présents pour découvrir une exploitation bovine emblématique du territoire corrézien, portée aujourd’hui par Julien et Thomas Combezou.

Rémy Bourdoux, Thomas Combezou, Daniel Couderc, Hélène Rome et Emmanuel Lissajoux
© FDSEA19

 

Mercredi dernier, le GAEC Combezou, situé à Lamazière-Basse, a accueilli une nouvelle édition des Rencontres de l’Agriculture organisées par la FDSEA.
Près d’une cinquantaine de visiteurs, agriculteurs, élus et représentants des institutions, ont répondu présents pour découvrir une exploitation bovine emblématique du territoire corrézien, portée aujourd’hui par Julien et Thomas Combezou.

Aux côtés du préfet, du président de la Chambre d’agriculture, du Département et du maire de la commune, cette rencontre a été l’occasion d’échanger autour des enjeux actuels de l’agriculture, et de mettre en lumière un modèle d’exploitation familiale conjuguant performance, modernisation et souveraineté alimentaire.

 

Un parcours d’installation atypique

L’un des temps forts de la journée a été le témoignage de Thomas, récemment installé au sein du GAEC. Ancien rugbyman professionnel, passé notamment par Clermont-Ferrand, La Rochelle ou encore Castres (où il a été champion de France en 2018), Thomas a fait le choix de revenir sur l’exploitation familiale à l’issue de sa carrière sportive.

Cette reconversion n’a rien d’un hasard. Elle est le fruit d’une réflexion engagée depuis plusieurs années, nourrie par un attachement profond à son territoire et à son histoire familiale. Elle s’inscrit également dans une volonté affirmée de s’engager dans un métier concret, porteur de sens et en prise directe avec les réalités du terrain.

Passer du Stade de France à l’exploitation familiale, c’est un choix assumé », confie-t-il. Si le terrain de jeu a changé, la recherche de performance reste un fil conducteur, avec une exigence transposée au monde agricole : améliorer sans cesse les pratiques, optimiser la production et relever les défis du quotidien.

Son installation a également été rendue possible par les dispositifs d’accompagnement, notamment la DJA, qui a permis de soutenir des investissements structurants comme la construction d’un nouveau bâtiment d’élevage.

 

Le soutien à l’investissement : un enjeu central

Les échanges ont également été marqués par une prise de position syndicale forte autour du Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAE). Le président de la FDSEA a ainsi dénoncé un durcissement des critères d’accès, rappelant qu’

aujourd’hui, les critères d’accessibilité aux aides pour faire un bâtiment agricole sont très restrictifs : il faut être installé depuis moins de quatre ans ou être en bio », excluant de fait de nombreux projets pourtant nécessaires au développement des exploitations.

Dans le même temps, les responsables professionnels ont pointé les dérives liées à une gestion régionalisée du dispositif

On risque d’avoir à moyen terme une concurrence entre régions "

 a-t-il alerté, certaines proposant des plans bâtiments plus ambitieux ou des conditions d’accès plus favorables que d’autres, créant ainsi des écarts de compétitivité entre agriculteurs français selon leur territoire.

Les Jeunes Agriculteurs ont, de leur côté, exprimé leur forte indignation face à la disparition de la bonification spécifique aux jeunes installés. Une évolution jugée incohérente avec la réalité des parcours d’installation. Désormais, les cinq premières années servent surtout à faire face aux charges d’installation, au remboursement des bâtiments et du cheptel

Et une fois que l’exploitation commence à être viable, les aides ne sont plus accessibles pour investir et moderniser », regrette Rémy Bourdoux, président des JA de la Corrèze.

Pour les deux syndicats, ces orientations fragilisent la dynamique d’investissement, freinent la modernisation des outils de production et risquent, à terme, de pénaliser le renouvellement des générations agricoles.

 

Se former et apprendre : une approche de terrain

Côté formation, Thomas illustre une réalité partagée par de nombreux jeunes installés : au-delà des diplômes, c’est l’expérience acquise sur le terrain qui fait la différence.
S’il a suivi un parcours de formation, notamment à distance, Thomas souligne avant tout l’importance de l’apprentissage sur le terrain. Pour lui, ce sont le contact quotidien avec les anciens, les échanges réguliers avec les techniciens et les vétérinaires, ainsi que l’observation attentive des animaux qui constituent les véritables clés de progression et de maîtrise du métier.

Au GAEC Combezou, la transmission intergénérationnelle joue pleinement son rôle. Les parents, toujours impliqués, apportent leur expertise, notamment sur le suivi du troupeau et la gestion administrative. Une organisation familiale qui sécurise l’exploitation et facilite la montée en compétence.

 

Une exploitation tournée vers la performance globale

Sur près de 300 hectares, le GAEC Combezou élève environ 170 vaches mères, pour un effectif total pouvant atteindre 500 animaux en période pleine. L’exploitation s’appuie sur une stratégie technique clairement orientée vers le progrès, avec un travail approfondi sur l’amélioration génétique du troupeau, notamment grâce à un recours accru à l’insémination, mais aussi une volonté de valoriser les meilleurs sujets à travers les stations de sélection (ABL et Lanaud).

Cette dynamique s’inscrit dans une remise en question permanente, comme le résume Thomas

On essaie de s’améliorer chaque année ».


Cette culture de la performance se traduit également par des choix d’investissement structurants. La construction d’un nouveau bâtiment vise ainsi à améliorer le bien-être animal et les conditions de travail, tandis que le développement du photovoltaïque contribue à sécuriser une partie des investissements de l’exploitation. En parallèle, les pratiques d’élevage font l’objet d’une optimisation continue, dans un souci d’efficacité et de durabilité.

Au quotidien, Julien et Thomas avancent de manière complémentaire, s’appuyant sur une organisation rigoureuse et une réflexion partagée pour anticiper les évolutions du métier et adapter leur outil de production.

 

Un modèle au service de la souveraineté alimentaire

L’exploitation illustre pleinement les enjeux de souveraineté alimentaire, aujourd’hui au cœur des débats. Au GAEC Combezou, les animaux sont élevés, engraissés sur l’exploitation et valorisés avec les outils locaux, dans une logique de maîtrise de la production de bout en bout. L’exploitation repose également sur une large autonomie alimentaire, assurée par ses propres cultures de céréales et de fourrages, seuls les compléments nécessaires à l’engraissement étant achetés à l’extérieur.

Un modèle vertueux qui permet de maîtriser la production « de la naissance à l’assiette » et de limiter la dépendance extérieure.
Lors de la visite, le préfet a d’ailleurs souligné l’importance de ce type d’exploitation : 

Avoir des jeunes qui s’installent et qui développent l’engraissement est essentiel pour préserver notre souveraineté alimentaire. »

Dans un contexte où la France doit relever le défis du renouvellement des générations et maintenir sa capacité de production, le GAEC Combezou apparaît comme un exemple concret de dynamique positive et d’avenir pour l’élevage corrézien.

 A lire aussi : "Le renouvellement des générations est l'affaire de tous"

Mieux faire connaître l’agriculture

À l’heure où le métier d’agriculteur est parfois mal connu, ouvrir les portes des exploitations est essentiel. Ces journées permettent de recréer du lien entre le monde agricole et les citoyens, d’expliquer les réalités du métier, de répondre aux interrogations du grand public et de montrer, concrètement, le travail quotidien des agriculteurs

Produire ne doit pas être un gros mot, mais bien une nécessité pour garantir une alimentation de qualité, accessible à tous », a rappelé Emmanuel Lissajoux.

Au-delà de cette ouverture au public, cette journée constitue également un temps fort de l’action syndicale

 C’est un outil précieux qui permet de réunir autour de la table les exploitants, le préfet, les élus et les services de l’État. L’objectif est de parler vrai, de faire remonter les réalités du terrain et de porter les revendications de la profession lorsque les dispositifs ne répondent pas aux besoins des agriculteurs », conclut le président de la FDSEA.

A lire aussi : Les rencontres de l’agriculture, un agréable moment de simplicité et de dialogue

Un exemple d’avenir pour la Corrèze

À travers son histoire, son organisation et ses choix stratégiques, le GAEC Combezou incarne une agriculture à la fois familiale et moderne, alliant performance et responsabilité, profondément ancrée dans son territoire tout en étant résolument tournée vers l’avenir.

Autant d’atouts qui en font une exploitation représentative des défis et des réussites de l’agriculture corrézienne aujourd’hui.

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