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Lait
Redevenir acteur économique de la filière par la démarche lait de “montagne“

Les membres de la section laitière de la FDSEA étaient réunis le 21 juillet pour, notamment, faire le point sur le projet de valorisation du lait produit en zone de montagne.

Les premières adhésions à l’Association des Producteurs de Lait de Montagne (APLM) à l’instar du président Yannick Fialip.
Les premières adhésions à l’Association des Producteurs de Lait de Montagne (APLM) à l’instar du président Yannick Fialip.
© HLP
Les premières chartes des producteurs de lait de “montagne” viennent d’être signées par des agriculteurs de Haute-Loire qui ont dans le même temps adhéré à l’association du même nom. C’est donc parti… Les producteurs laitiers de la zone de montagne du Massif-Central prennent le devenir de leur lait en main, en choisissant de le valoriser sous une marque porteuse, la marque “montagne”.
Jeudi 21 juillet, au Puy, les membres de la section laitière de la FDSEA réunis autour de leur président Yannick Fialip ont adhéré en bloc au principe de démarcation du lait de “montagne”, initié par des producteurs de lait sous l’égide du syndicalisme. 

Fixer le lait sur le territoire
L’Association des Producteurs de Lait de Montagne(*) présidée par Dominique Barrau de l’Aveyron, s’est lancée dans ce projet depuis plusieurs années. Aujourd’hui on entre dans la phase finale de construction. Dans un courrier aux responsables syndicaux, le président précise : «Avec un potentiel de 3 à 400 millions de litres de lait dans le Massif Central, la marque “montagne“ représente une réelle occasion de fixer le lait sur ce territoire». Et d’ajouter : «Le schéma économique proposé va permettre aux éleveurs d’entrer dans un partenariat avec les autres acteurs de la filière ; partenariat dans lequel l’APLM sera détentrice de l’appellation “montagne“ et interviendra dans sa promotion». Comme l’ont souligné plusieurs éleveurs, certaines entreprises laitières commercialisent déjà des produits sous une marque “montagne”. Comment les agriculteurs vont-il alors pouvoir reprendre la main ? Yannick Fialip, par ailleurs secrétaire de l’APLM, explique : «C’est vrai on voit des produits laitiers issus de nos entreprises identifiés “montagne”. Mais le lait appartient d’abord à celui qui le produit. Il faut donc que l’entreprise obtienne l’accord du producteur. À nous de savoir si on veut bénéficier des retombées de cette marque ou si on préfère tout confier à l’aval… En Haute-Loire, on a vécu la crise de l’URCVL, on n’a pas d’AOC… alors on a tout intérêt à se lancer dans ce projet pour mieux valoriser nos produits».
En adhérant à une association de producteurs propriétaire de la marque “montagne”, chacun va se réapproprier son produit et ainsi pouvoir bénéficier des retours en terme financier bien sûr, mais aussi en terme d’image de l’agriculture et des produits de qualité.
La connotation “montagne” a aujourd’hui le vent en poupe. Le consommateur est sensible à la notion de territoire. Alors pour continuer à exister face aux éleveurs des grands bassins de production vers lesquels la filière est attirée pour des raisons strictement économiques, les producteurs de lait de nos zones ont tout intérêt à se différencier en jouant dans une autre catégorie : celle d’un produit identifié, différencié.

Lancement de la marque  le 5 octobre au Sommet
La démarche est donc largement engagée. Les responsables de l’association attendent désormais une adhésion des producteurs pour donner du poids à leur projet.
Le lancement officiel de la marque aura lieu au Sommet de l’élevage le 5 octobre prochain. Les producteurs adhérents à APLM et les entreprises déjà partenaires, en présence de celles qui ne le sont pas encore et des GMS, vont présenter le schéma économique de la marque “montagne”. L’objectif est de montrer que les producteurs s’engagent nombreux dans leur avenir laitier. Yannick Fialip lance : «nous avons fait le pari d’avoir au moins 500 adhérents à notre association à cette date-là». De ces engagements dépendra l’avenir de la démarche face aux entreprises, toutes intéressées par la marque “montagne” mais prêtes à se lancer ou à poursuivre sans attendre les producteurs. Ce vers quoi les responsables de l’APLM refusent d’aller, mettant en exergue l’indispensable engagement des producteurs dans le devenir de leur lait.
Ce jeudi, à l’issue de la réunion de la section laitière de la FDSEA, de nombreux délégués laitiers du département se sont engagés dans la démarche signant la charte, et le chèque d’adhésion à l’association, à la suite de leur président.
Les agriculteurs souhaitant s’informer sur cette démarche ou adhérer à l’association sont invités à se rapprocher de leur délégué cantonal laitier, leur président de syndicat ou l’animatrice de la section laitière de la FDSEA.
Suzanne Marion

(*) L’APLM est une association de producteurs
basée à Aubière, qui travaille en partenariat avec
les autres acteurs de la filière pour le développement
et la promotion du lait de montagne, par la gestion d’une Marque, propriété des producteurs.

La charte des producteurs de lait de “montagne“

Tout producteur de lait situé en zone de Montagne, quelle que soit l’entreprise à laquelle il vend le lait peut participer à la démarche en adhérant à APLM. Les producteurs qui souhaitent s’engager dans ce projet sont invités à signer la charte d’engagement pour l’utilisation de la marque “montagne“.
Celle-ci est basée sur la mise en avant et le développement des produits territorialisés, avec l’ensemble des étapes de production, de transformation, de fabrication et d’affinage réalisées dans la zone de montagne telle que définie par la loi du 9 janvier 1985, gage d’un développement durable de ce territoire.
Les produits portant la marque “montagne“ assurent ainsi un développement économique et social de ce territoire.
Cette charte prévoit également la promotion d’un modèle d’exploitations agricoles avec l’herbe pour grande dominante dans l’alimentation du troupeau laitier. Ainsi le cheptel laitier devra être nourri avec au minimum 70 % de matière sèche provenant de la zone de montagne.
Les producteurs et les entreprises utilisant la marque s’engagent aussi à participer à des actions collectives de communication visant à mettre en avant auprès des acheteurs et consommateurs, les valeurs et actions portées par la marque et les principes de cette charte.

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