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Récolte tardive en conditions humides… adapter le rationnement aux ensilages 2018

Les premiers résultats d’analyses confirment la faiblesse attendue des valeurs alimentaires des fourrages. Point technique.

Les conditions météo exceptionnellement pluvieuses du printemps ont fortement perturbé l’organisation du pâturage mais également les chantiers de récolte.
Les conditions météo exceptionnellement pluvieuses du printemps ont fortement perturbé l’organisation du pâturage mais également les chantiers de récolte.
© HLP

50% de précipitations en plus par rapport à la moyenne, c’est ce que nous révèlent les enregistrements de station Chaspuzac (850 m d’altitude). Les conditions météo  exceptionnellement pluvieuses du printemps ont fortement perturbé  l’organisation du pâturage mais également les chantiers de récolte.Sur avril-mai on notait seulement deux périodes sèches de  3 à 4 jours permettant de faucher les premières coupes. Globalement on remarque directement que les exploitations n’ont pas eu beaucoup de jours à disposition pour réaliser leur chantier. On note, qu’il n’est pas rare que les ensilages aient connu une pluie, soit pendant soit après la fauche, soit peu avant la récolte. Ces éléments influencent directement la qualité des fourrages récoltés comme le révèlent les premiers résultats d’analyses.

Des ray-grass épiés, des légumineuses gorgées d’eau

Sur le nombre d’échantillons, la date de coupe moyenne pour les ensilages de première coupe est située au 26 mai à 810 m d’altitude. À cette date et cette altitude on cumulait une somme de température de 800 °C, similaire aux années 2016 et 2017.Pour les ray-grass à ce cumul de température, quelle que soit la variété, la pleine épiaison était atteinte. Les ray grass hybride et italien représentent la moitié des surfaces ensilées en première coupe. Ils contribuent fortement à la chute des valeurs alimentaires.Les prairies naturelles, les dactyles et légumineuses ont été récoltés à un stade correct. En revanche le faible taux de matière sèche à la récolte n’a pas permis de garantir une bonne conservation de ces espèces naturellement pauvres en sucres.

La majorité des silos d’herbe chauffent à l’ouverture

Dans la majorité des  cas le taux de MS des silos d’herbe est inférieur à 25 % avec 1/3 des silos à 20 % ou moins. Les conditions à une bonne conservation sont d’ores et déjà compromises, d’autant plus que la teneur en sucres est faible, aussi bien dans des ray-grass passés que dans des mélanges riches en légumineuses. L’idéal, si on dispose d’autres fourrages, serait d’ouvrir ces silos à risque quand les températures auront chuté. Sinon pour limiter l’échauffement vous pouvez incorporer du conservateur acide derrière le front d’attaque en versant l’acide dilué dans des trous verticaux réalisés à l’aide d’une barre à mine.

0,77 UFL et 11,2 % de MAT : les pires valeurs alimentaires depuis 10 ans

Avec les ensilages d’herbe humides, la priorité sera de structurer la ration soit en apportant de la fibre efficace (paille, luzerne, rumiluz) dans les rations mélangées, soit en distribuant du foin au cornadis. En aucun cas il ne faudra charger la ration en concentré pour rattraper le déficit énergétique sous prétexte de rencontrer de gros problèmes sanitaires.À partir du 5 novembre, nous organisons des journées nutritions sur l’ensemble du département ; vous pouvez, dès maintenant, vous inscrire  en appelant le 04 71 07 21 11.Patricia TYSSANDIER, Patrice MOUNIER Chambre d’Agriculture

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