À Raulhac Le 10e Art et les enfants de l’école embellissent un mur de la cour de l’Éhpad
C’est le fruit d’un travail au long cours qui a été inauguré vendredi 13 mars : une fresque pensée et réalisée collectivement par les résidents et les écoliers, sous la supervision de Vincent Pietri.
C’est le fruit d’un travail au long cours qui a été inauguré vendredi 13 mars : une fresque pensée et réalisée collectivement par les résidents et les écoliers, sous la supervision de Vincent Pietri.
Le talent n’attend pas le nombre des années. Et le résultat de la fresque coréalisée par des résidents de l’Éhpad et les enfants de l’école ne démentira pas l’adage. Depuis des mois, les têtes blondes ont pris l’habitude de côtoyer les têtes plus argentées à l’occasion d’Halloween, de Noël, et de façon plus régulière ces dernières semaines pour mettre la touche finale à un projet intergénérationnel initié par la communauté de communes Cère et Goul en Carladès dans le cadre de sa convention territoriale d’éducation aux arts et à la culture (CTEAC) et un partenariat avec l’association 10e Art. L’idée était une nouvelle fois de trouver un prétexte pour échanger, partager et concrétiser cette dynamique entretenue par la municipalité, le personnel de l’Éhpad et l’enseignante de l’école, également
directrice.
Un brocoli caché
Et ce n’est pas faire offense au talent d’Éva Chabrol que de dévoiler que le dessin de son arbre ressemblait plus à un brocoli qu’à autre chose... “Ça nous a beaucoup fait rire !”, témoigne la petite Éléna. Voilà comment, au moment de dessiner sur le mur extérieur de l’établissement, un petit brocoli a été caché, “comme une signature”, par Vincent Pietri, qui a eu la charge de coordonner toutes ces bonnes volontés, assisté par Lupin, stagiaire. “L’association 10e Art propose des interventions artistiques dans les espaces publics dans le Cantal. Dans le cadre de nos activités de médiation, nous sommes un trait d’union entre les publics, nos expériences, les techniques. Ça a été très chouette d’aller rencontrer des aînés et des enfants, confiait son directeur. Ce mur, c’est un petit morceau de chacun d’entre nous, on va le laisser ici en témoignage de cette semaine passée ensemble.”
Durant plusieurs mois, les résidents et les enfants ont partagé leurs idées sur le vivre ensemble au cours d’ateliers qui ont réuni le personnel de l’Éhpad (27 emplois) ainsi que les onze enfants de l’école, de la maternelle au primaire. En classe, ils ont travaillé sur le volume, la perspective, les lignes de fuite, la construction 3D, l’ombre, les maisons du monde. Et c’est ce thème qui a été décliné sur le mur de l’Éhpad jusqu’au résultat final, dévoilé après deux jours de peinture, vendredi 13 mars. “Nous sommes tous différents et ces maisons imaginaires représentent bien le vivre ensemble”, poursuit la jeune fille, en CM2. Son copain Clément, 5 ans, montre son dessin accroché parmi ceux réalisés par la classe et les résidents, rassemblés dans la salle de la maison de retraite. “Nous avons dessiné des arbres, des maisons, des nuages, un arbre.” D’autres symboles ont été glissés dans cette fresque, comme une échelle, “pour faire le lien”, ou encore une maison de retraite... à l’envers. Pourquoi ? “Parce que le monde, c’est une question de point de vue”, justifiait Éléna. Et aussi parce que “c’est le socle à tout l’imaginaire de notre fresque”, complétait Vincent Pietri.
Effervescence
Une implication qu’a soulignée Philippe Matière, maire de Raulhac : “Ce travail intergénérationnel relie les deux extrémités de nos vies en collectivité. Il y a beaucoup de talent sur ces dessins, du figuratif, du plus technique chez les plus grands.” Les enfants ont mis la main au pinceau au moment de donner vie à cette fresque, ainsi que cinq résidents. “Cette effervescence a changé nos habitudes, mais c’est très positif !”, soulignait Véronique Bonnefoy, directrice.
Sentiment partagé par Éva Chabrol : “Nous les avons rencontrés, nous avons travaillé avec eux, nous avons construit un projet avec eux. C’est très enrichissant pour les enfants qui se sont régalés de venir ici. C’est devenu un peu notre maison !”
L’histoire continue de s’écrire puisque cette cour extérieure sera ensuite fleurie, avec l’installation de points d’ombre pour en faire “un lieu de vie et de partage”.