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Climat
Quel climat et quelle agriculture demain ?

En Limagne, le dérèglement climatique va chambouler les cycles des cultures les raccourcissant jusqu'à 35 jours.

Sur les cinq dernières années, le rendement moyen en blé a diminué de 10% en Limagne en raison, principalement, des accidents météorologiques.
Sur les cinq dernières années, le rendement moyen en blé a diminué de 10% en Limagne en raison, principalement, des accidents météorologiques.
© M. Comte

Plus 1,6°C en moyenne à Clermont-Ferrand, diminution drastique du nombre de jours de gel, augmentation significative du nombre de jours à +30°C, une pluviométrie similaire mais concentrée et une explosion de l'évapotranspiration (ETP), voilà à quoi ressemblera le futur climat de la plaine de Limagne. Avec ce scénario, ni pessimiste ni optimiste, Arvalis a planté les jalons de ce qui attend l'agriculture puydômoise, lors de la journée "défi climatique" organisée par la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme la semaine dernière. « Le plus difficile va être de s'adapter agronomiquement à la fois à la hausse des températures mais aussi de l'ETP. Depuis 2010, les cumuls d'ETP ne cessent d'augmenter. En 20 ans, de mars à septembre, l'ETP a progressé de 100 mm. C'est énorme » précise Chloé-Malaval-Juery d'Arvalis.

Jusqu'à 35 jours de moins sur le cycle du maïs

De tels changements auront indéniablement un impact sur les cultures, à commencer par la précocification de leurs cycles. Arvalis prévoit un raccourcissement de 35 jours du cycle du maïs avec des récoltes non plus fin octobre, mais mi-septembre. « Nous gagnerons une gamme de précocité » souligne Chloé Malaval-Juery avant d'ajouter : « le risque de stress hydrique et thermique autour de la floraison sera accentué et compliqué à éviter». Le scénario est similaire pour le blé avec une réduction de 11 jours de son cycle et donc une récolte avancée de 10 jours. «  La durée de montaison et de remplissage sera similaire à aujourd'hui. Ce décalage pourra néanmoins offrir des opportunités d'esquiver les risques postfloraison. » Côté colza et tournesol, Terres Inovia s'est prêté au même exercice. Les deux oléagineux verront leur cycle respectivement réduit de 18 et 15 jours. Le colza aura une accélération de sa croissance à l'automne faisant craindre à Alexis Verniau de Terres Inovia « des problématiques de sensibilité au froid hivernal ». L'ingénieur régional note également que ce futur climat accentuera la pullulation d'insectes ravageurs. « Les pics de vols, notamment de méligèthes, vont se multiplier. Or, les solutions chimiques permettant de contrôler le risque se réduisent comme peau de chagrin et perdent en efficacité. »

Des rendements qui s'érodent

Le dérèglement climatique est insidieux et s'installe doucement mais sûrement sur la Limagne. Les accidents météorologiques, déjà rencontrés, ont provoqué une perte de 26% (soit 20 qx/ha) sur le rendement moyen quinquennal (2018-2022) du maïs. La perte est similaire en maïs semence faisant avouer à Sébastien Vidal, président de Limagrain : « nous sommes à la limite de la rentabilité sur nos outils (...) si demain, nous ne pouvons plus produire (de maïs) sur place (en Limagne), Limagrain implantera ses outils ailleurs ». En blé, l'incidence climatique occasionne également une perte allant jusqu'à 10% du rendement moyen quinquennal et 15% pour le tournesol et colza. Sur ce dernier, l'apport génétique a été bénéfique à en croire Alexis Verniau. « Depuis un à deux ans, des innovations génétiques arrivent et réactualisent le catalogue variétal. Il était temps puisque certaines variétés, encore utilisées, dataient des années 1990 et n'avaient clairement pas les mêmes objectifs que ceux désormais attendus. »

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