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Quel avenir pour la production laitière dans nos zones de montagne ?

Vendredi 23 novembre, la FDSEA organise une journée d’informations autour de la production laitière départementale et de son avenir. Rendez-vous à 9h30 à Chaspuzac, maison paroissiale.

La production laitière devrait se segmenter autour de démarches de qualité.
La production laitière devrait se segmenter autour de démarches de qualité.
© HLP

En amont de la journée laitière organisée par la section laitière de la FDSEA de Haute-Loire, vendredi 23 novembre, nous avons posé 3 questions à Benoît Rouyer directeur des affaires économiques au CNIEL (Centre national interprofessionnel de l’économie laitière), qui interviendra à cette tribune. Ces questions abordent 3 sujets qui feront l’objet d’une présentation plus détaillée lors de cette journée et donneront lieu à un débat.

. Les professionnels, en charge du dossier «lait» au niveau départemental et régional, notent que la conjoncture actuelle semble favorable avec une demande forte.
Quelle est votre analyse ?

La conjoncture actuelle est surtout marquée par un ralentissement assez net du développement de la collecte européenne depuis cet été, en raison de conditions chaudes et très sèches. Ces conditions climatiques particulièrement sévères pendant l’été auront un impact sur la durée, car les stocks fourragers ont été déjà bien entamés dans de nombreuses régions. En conséquence, il est vraisemblable que le ralentissement de la production en Europe va se poursuivre jusqu’au printemps prochain. Et dans ce contexte d’offre limitée, il est vraisemblable que les prix des produits laitiers vont plutôt augmenter dans les mois à venir.

. En terme de consommation, quelles sont les tendances sur le plan international ?
À court terme, l’augmentation du prix des matières premières énergétiques, et notamment du pétrole, devrait redonner un peu de pouvoir d’achat à plusieurs pays importateurs, et donc conforter la demande internationale pour les produits laitiers. À moyen et long terme, il existe un potentiel important de développement de la consommation de produits laitiers dans les pays émergents, mais ce potentiel s’exprimera si et seulement si la croissance économique se maintient et conduit à un développement de la classe moyenne. Comme le montre le Brésil, ce chemin est parfois chaotique. Après une décennie de développement flamboyant, ce pays se trouve de nouveau depuis quelques temps dans une situation économique très difficile.

. Comment, selon vous, se dessine l'avenir de la production laitière, et notamment pour des zones comme la nôtre ?
La production laitière va certainement davantage se segmenter autour de signes de qualité officiels (AOP, bio) ou d’autres démarches (lait de pâturage, lait non OGM, garantie de proximité et/ou de soutien aux producteurs, etc.), pour contrer la spirale déflationniste qui affecte l’ensemble du marché des  produits laitiers depuis 10 ans, et répondre également à de nouvelles attentes des consommateurs.

Le 23 novembre, venez échanger
Voilà donc quelques éléments de conjoncture, d’évolution des marchés et de la consommation, et même quelques perspectives pour la production laitière. Appuyé par la présentation de l’enquête prospective conduite sur notre département (voir l’état des lieux publié la semaine dernière dans nos colonnes) par Patrice Mounier de la Chambre d’Agriculture, et les interventions des responsables départementaux, Benoît Rouyer devrait apporter un éclairage sur le devenir de la production laitière au vu de la situation actuelle et des tendances qui se dessinent.
Rendez-vous vendredi 23 no-vembre à Chaspuzac, maison paroissiale, de 9h30 à 13h pour vous informer, poser vos questions et échanger autour de la production laitière et de son devenir.

Haute-Loire, Terre de lait

Premier département de la région Auvergne-Rhône-Alpes  en production laitière, on peut dire que la Haute-Loire est une Terre de lait. En 2017, 1 600 élevages bovins produisent plus de 417 millions de litres de lait. L’exploitation moyenne compte
48 laitières pour une production de 255 000 litres.
En majorité, les producteurs laitiers sont spécialisés et au fil des ans, les exploitations se sont modernisées pour simplifier le travail, voire diminuer l’astreinte, et pour optimiser la production.
Mais le lait en Haute-Loire, c’est aussi toute une filière avec un réseau de collecte sur tout le territoire et plusieurs entreprises de transformation. Et depuis quelques années, la production en bio ou dans des démarches de qualité identifiées, se développe… Bref, notre département affiche encore une réelle dynamique laitière…
Mais, la problématique de rémunération, avec des prix payés aux producteurs trop bas, est une menace qui pourrait, si l’on n’y prend garde, conduire à la disparition d’exploitations, à une baisse de la production et une destabilisation de la filière.
Alors, pour échanger autour de la filière en Haute-Loire et dans un contexte plus large, pour avoir une vision globale et optimiste de la production laitière et de son devenir… la FDSEA organise une journée laitière ce vendredi 23 novembre à Chaspuzac (maison paroissiale) à partir de 9h30.
Cette rencontre est ouverte à tous. Venez nombreux…

Éric Richard
Président de la section laitière de la FDSEA43

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