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Chasse
Quand on parle "bête noire", les agriculteurs voient rouge

Alors que la saison de chasse bat son plein, Gilles Tempère président de la section «Chasse» de la FDSEA fait le point sur le problème récurrent du sanglier.

«Il faut purger les zones classées points noirs» : Gilles Tempère
«Il faut purger les zones classées points noirs» : Gilles Tempère
© HLP

La chasse est ouverte, et les maïs sont encore dans les champs…En juillet dernier, la FDSEAavait tiré la sonnette d’alarme face aux dégâts de sangliers.Où en est-on aujourd’hui ?
Gilles Tempère, président de la section Chasse de la FDSEA : Aucun résultat positif n’est à ce jour visible.La Fédération départementale de la Chasse nous demande d’attendre la fin de la saison pour faire un bilan.Mais sur le terrain, les dégâts continuent.Chaque jour, le standard de la FDSEA reçoit au minimum 2 appels pour des problèmes liés aux sangliers.La situation perdure.

Les secteurs les plus critiques ont pourtant été identifiés ?
G.T. : Oui.Avec l’Administration et la Fédération de Chasse, nous avons identifié les points noirs sur le département.Quelques communes seulement posent problèmes.Nous les connaissons : Beauzac, Beaux, Riotord, Retournac, St Maurice de Lignon, St Arcons d’Allier… Nous avons demandé pour ces secteurs, l’application de mesures punitives spécifiques comme la prise en charge des indemnisations des dégâts directement par l’ACCA concernée.C’est juridiquement possible, mais ni l’Administration, ni la Fédération de Chasse ne veulent aujourd’hui appliquer cette mesure.
Attention, je tiens à préciser que parmi ces communes sensibles, certaines subissent une situation indépendante de leur seule volonté.Pour des territoires de chasse trop vastes par rapport au nombre de chasseurs, des zones polluées par leurs voisines… on sait que c’est difficile.On ne peut alors qu’encourager ces ACCAà faire de leur mieux mais sans les pénaliser.
Le souci, c’est que si les règles sont imposées par le département et les ACCA, au final ce sont les chasseurs qui décident de chasser ou non le sanglier.Et c’est malheureusement une poignée de «fanatiques» qui mettent à mal une gestion raisonnée des populations des bêtes noires.

Chiffres à l’appui, la Fédération de Chasse dit que le montant des indemnisations des dégâts pour la saison dernière, est plus important qu’en 2011/2012 mais équivalent à 2010/2011.Alors qu’en est-il vraiment ?
G.T.: Je ne conteste pas les chiffres donnés par la Fédération de Chasse, mais ils ne reflètent pas la réalité du terrain.Face à la complexité des dossiers, aux faibles remboursements après abattements, aux dégâts découverts après récolte donc trop tard… les agriculteurs sont dégoûtés et ne font pas toujours leur déclaration. Et c’est ainsi qu’on entre dans un cercle vicieux : pas de déclaration, pas d’indemnisation comptabilisée, d’où problème minimisé.Alors même blasés par le système, j’invite les agriculteurs à bien faire leur déclaration pour avoir des données départementales réelles.

Et les mesures de protection contre le sanglier ?
G.T. : Il est possible de clôturer les parcelles pour faire barrage aux sangliers.Ce sont les ACCAqui fournissent le matériel et souvent les chasseurs aident l’agriculteur à la mise en place.Il appartient aussi aux agriculteurs d’y mettre un peu du leur, en nettoyant les abords de leurs parcelles par exemple.C’est une question de savoir-vivre.Et je suis persuadé que si nous travaillons en bonne intelligence, si nous voyons que les chasseurs font tout pour optimiser la maîtrise des populations de sangliers, notre ressenti face aux dégâts ne sera plus le même.

Alors quelles sont vos attentes vis à vis de la Fédération de Chasse ?
G.T. : Comme nous l’avons dit en juillet, nous exigeons de la fédération de Chasse et de l’Administration, qu’elles purgent ces points noirs.C’est maintenant une question de sécurité.Dans ces secteurs, les agriculteurs sont exédés de voir le fruit de leur travail détruit, et nous craignons des débordements… Nous ne voulons pas en arriver là.

Et que dites-vous aux agriculteurs alors ?
G.T. : Je comprends leur exaspération et leur colère, et je leur redis de faire leur déclaration. Toutefois, je leur demande de ne pas se défouler sur le personnel administratif de la FDSEA ou de la Fédération de la Chasse qui ne sont pas responsables.Au niveau départemental, la section Chasse de la FDSEAcontinue à suivre ce dossier de près et faire pression pour assainir la situation.


Propos recueillis par Suzanne Marion

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