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Quand les agriculteurs dérangent!

Les Jeunes agriculteurs du Puy-de-Dôme se mobilisent pour défendre les intérêts d’exploitants de Puy-Guillaume.

Quentin Baumont souhaite agrandir son installation de brebis, mais  la mairie de Puy-Guillaume bloque le projet.
Quentin Baumont souhaite agrandir son installation de brebis, mais la mairie de Puy-Guillaume bloque le projet.
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Le problème n’est pas nouveau, mais il a récemment pris de l’ampleur. Sur la commune de Puy-Guillaume, des agriculteurs se trouvent dans l’incapacité de construire leur bâtiment, et donc d’agrandir et de rendre viable leur exploitation à cause du Plan local d’urbanisme (PLU).

L’un d’entre eux, Quentin Baumont est installé depuis mai sur la commune. « Tout s’est fait vite. J’ai trouvé du terrain, 15 hectares, à quelques kilomètres de chez moi, pour m’installer cette année. Le processus s’est alors engagé», explique le jeune agriculteur. Il a repris le flambeau de son père et aujourd’hui il possède 200 brebis laitières, dont il livre le lait à la fromagerie de Ris. Elles sont logées dans deux lieux : l’ancienne grange paternelle et un tunnel construit à l’arrière de cette grange, cela afin de pallier le manque de place. Le seul problème, et il est de taille, est que son projet, pour qu’il soit viable et puisse se pérenniser dans le temps, prévoyait un cheptel de 350 brebis, avec la construction d’un bâtiment en bois de 40 mè-tres de long doté d’une salle de traite. Et la vieille grange, utilisée actuellement pour abriter les bêtes, devait servir de lieu de stockage pour le fourrage. « Pour le moment tout est à l’extérieur sous des bâches et le pansage ne peut pas se faire mécaniquement. On se débrouille. C’est certain que c’est moins pratique. » La cause de tout cela : le PLU de Puy-Guillaume. «La grange est située en zone industrielle. Et le bâtiment qui pourrait accueillir mes 350 bêtes devait être construit sur un secteur naturel et forestier. » Or, selon le code de l’urbanisme cette dernière est une zone de la commune à protéger. La construction y est donc impossible.

Un avis défavorable

Sont concernés également par ces problèmes de PLU, le Gaec Meley, qui souhaite, depuis au moins cinq ans, monter une stabulation pour des vaches laitières et augmenter sa capacité d’accueil de 70 à 90 places. Guillaume Lemire, quant à lui, devait construire, en plus d’un poulailler déjà existant, deux poulaillers Label rouge et un bâtiment pour des ovins viande. « Il n’a pas eu le droit et il a du vendre ses moutons», précise Quentin Baumont.

Pour remédier à ces obstacles, une demande de modification du PLU, émise par les agriculteurs concernés, a été transmise à la mairie de Puy-Guillaume. Un processus s’est alors engagé dans ce sens. Une enquête publique a été lancée. À l’issue de cette dernière, aucun avis défavorable n’avait été émis. « On pensait alors que ça passerait et que tout allait s’arranger ».Mais le conseil municipal, par un vote à bulletins secrets, le 27 septembre dernier, s’est prononcé en défaveur de la modification. Les discussions n’avancent plus.

Les Jeunes agriculteurs du Puy-de-Dôme se mobilisent donc pour défendre et faire entendre la voix de ces exploitants. Dans ce but, une manifestation est organisée le mercredi 11 décembre à Puy-Guillaume, à l’occasion du marché hebdomadaire. Il s’agira de présenter le problème aux habitants et de les sensibiliser à la cause.

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