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Quand la simplification génère des contraintes supplémentaires...

Les agriculteurs croulent sous les contraintes et les charges. La FDSEA et les JA réclament le retour du bon sens au sein de l’État et de l’administration.

L’agriculture est sous pression

Les charges des exploitations agricoles explosent, les prix payés aux producteurs baissent ou stagnent, la complexité administrative devient la norme, une loi d’urgence en préparation risque de ne pas du tout simplifier le quotidien des agriculteurs et pour couronner le tout, les troupeaux de notre département subissent la prédation du loup... Pour la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de Haute-Loire, la liste des sujets de mécontentement et d’inquiétudes ne cesse de s’allonger.

Le 18 mai, les deux syndicats agricoles ont réuni la presse locale, au Gaec des Cabarets à Cussac sur Loire, pour exposer la situation actuelle de l’agriculture et relayer les propositions que porte la profession pour redonner des perspectives aux exploitants agricoles. C’est à l’appui du vécu d’Olivier et Christian Bernard à la tête d’un troupeau de 750 brebis Noires du Velay sur 180 ha, dont 70 ha en bois pâturés, que les responsables et membres des syndicats ont pu mettre le doigt sur l’ensemble des sujets qui mettent en difficulté les exploitations de notre département.

Pour une protection opérationnelle et immédiate

Pour protéger leurs moutons des attaques de prédateurs, ces éleveurs ont notamment misé sur des patous, des chiens de protection qui ne sont pas sans poser problème avec les randonneurs très nombreux sur le secteur... Alors que le loup a déjà attaqué plusieurs troupeaux cette année, générant sur son passage de lourdes pertes économiques et un fort impact psychologique sur les éleveurs, la FDSEA et les JA demandent que l’on puisse protéger efficacement les troupeaux, en procédant au tir du loup lorsqu’il se trouve en situation d’attaque du troupeau.
 

« Certes, la simplification des tirs et le déclassement du loup au niveau européen ont débuté, mais selon nous, cela ne va pas assez loin. Aussi, nous proposons d’autoriser les lunettes à visée nocturne pour les éleveurs, de supprimer le plafond de loups pouvant être prélevés et de donner des moyens concrets pour une protection opérationnelle et immédiate » indique le président de la FDSEA, Nicolas Merle, avant de signaler que « les troupeaux bovins doivent également être concernés par les démarches de simplification de tirs ».

Le président des JA, Julien Duplomb, a enchaîné sur la situation économique compliquée que traversent les exploitations agricoles. Depuis l’automne dernier, l’ensemble des productions rencontrent des difficultés, à commencer par le lait :


« On nous explique qu’une surproduction temporaire a induit une forte baisse de prix. Dans le même temps, dans 10 ans, 30 % des producteurs de lait de Haute-Loire auront disparu avec leur volume. En réalité, cette baisse de prix est due à une mauvaise adaptation des industriels à la hausse de production ».


Si les cours des ovins sont récemment repartis à la hausse, les prix des bovins viande ont eux aussi baissé. Cette baisse des cours est d’autant plus mal vécue que les charges des agriculteurs continuent d’augmenter fortement (carburants, engrais, énergie, aliments).


« La rentabilité pourrait rapidement devenir mauvaise en 2026 » note le président Duplomb.
Dans ce contexte, la FDSEA et les JA réclament une réouverture des négociations commerciales.

Situation intenable

À cette situation économique jugée « intenable », les responsables syndicaux ajoutent l’excès de normes et contraintes, notamment franco-françaises, qu’ils dénoncent depuis de longues années. Les agriculteurs ne comprennent pas que dans des périodes aussi compliquées pour eux, rien ne soit fait pour les aider à passer ce cap difficile, bien au contraire !
Exemple à l’appui : la gestion des haies.
« Une quinzaine de réglementations concerne les haies et crée de l’incompréhension. Un processus de simplification de cette réglementation était prévu par la loi d’orientation agricole, or, lorsque l’on rentre dans les détails des décrets d’application, on se rend compte que de nouvelles contraintes se sont ajoutées. Au final, on ne règle jamais les problèmes jusqu’au bout, c’est même le contraire ! » regrette Julien Duplomb.


Alors que l’activité agricole joue un rôle majeur dans l’entretien des paysages de notre département, « nous ne comprenons pas cet acharnement envers les agriculteurs à qui l’on interdit tout et n’importe quoi ».


Les agriculteurs réclament de la cohérence et surtout du « bon sens » leur permettant de travailler en toute logique.

Ensauvagement en perspective

La gestion de l’eau et le classement de certaines communes en zones vulnérables contribuent à alourdir les contraintes des agriculteurs. Même combat en perspective pour les deux syndicats avec le projet de zones de protection forte proposées par l’État et l’administration ; sur ces territoires (vallées de la Loire et de l’Allier, zones humides), les activités économiques et de loisirs seront drastiquement restreintes, ce qui va déboucher sur de véritables zones d’ensauvagement très sensibles aux risques d’incendies.


« Veut-on encore des agriculteurs sur l’ensemble du territoire ? » s’interroge le président de la FDSEA.
 

À titre d’exemple, Olivier Bernard a indiqué avoir stoppé tout débroussaillage sur des parcelles situées dans le parc naturel des Chibottes entre Vals et Saint-Christophe-d’Allier, en raison d’un accès interdit pour des raisons de protection.

Les associés du Gaec des Cabarets ont par ailleurs témoigné de la progression de la forêt autour de leur exploitation, et ce en raison de la multiplication de diverses contraintes.
Les deux syndicats proposent de changer de logique en stoppant la surtransposition française et en mettant en place de vraies simplifications, car il en va de l’avenir de l’agriculture.
D’autant que le nombre d’installations n’est pour l’instant pas à la hauteur des arrêts d’activités des exploitations.

 

 

 

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