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Viande bovine
Produire de la viande pour être en adéquation avec le marché

Face à la baisse des soutiens et à l’évolution des échanges mondiaux en viande bovine, la filière du Puy-de-Dôme prône le maintien de la production étalée sur toute l’année.

Produire de la viande toute l’année : tel est le challenge que vont devoir relever les producteurs du département pour, d’une part, maintenir les capacités de production et, d’autre part, répondre aux demandes d’un marché toujours plus concurrentiel.
C’est en tout cas le message qui ressort de l’après midi d’information et d’échanges organisé la semaine dernière à Trézioux par les Petites régions agricoles du Livradois-Forez et de Dore Bois Noirs, en lien avec l’Ede, le centre de gestion Agfa et les organisations de producteurs : Socaviac et Covido-Bovicoop. Tous ont défini les mêmes enjeux sur le plan de la production viande en France et exhorté les éleveurs à «produire pour mieux valoriser».
Le marché s’inverse
«La production va devenir encore plus importante pour les 10 ans écoulés. Et produire est un des moyens de compenser la baisse des soutiens » a expliqué Guy Cassagne, directeur de l’Ede du Puy de Dôme. Une position partagée par les représentants des organisations de producteurs qui mettent en garde sur les risques irréversibles d’une éventuelle dimi- nution de la productivité à l’hectare, « baisse qui serait irrécupérable » a indiqué l’un d’eux.
Sur la base d’une analyse globale, Guy Cassagne a présenté les évolutions du marché de la viande bovine et les principaux repères qui définissent aujourd’hui les échanges internationaux. En près de 10 ans, la donne a changé : la production a diminué dans les pays de l’Union européenne et explose en Chine et en Argentine. Les exportations sont en perte de vitesse constante dans l’UE : 1 M TEC (Tonne équivalent carcasse) en 1990 contre 370 000 TEC aujourd’hui ; elles sont en revanche en hausse considérable depuis l’Amérique du Sud et l’Océanie. Quant aux importations, elles ne cessent de se développer: 610 000 TEC en 2004 contre
500 000 TEC en 1990. Autre phénomène, la consommation se réduit en Europe mais augmente au Brésil, en Chine et au Mexique.
«Malgré tout, la conjoncture reste favorable pour l’élevage français : la consommation est supérieure à la production, le produit bénéficie d’une image positive et un marché de 450 millions de consommateurs s’est ouvert avec les 10 nouveaux pays membres. Nous avons donc une carte à jouer» a commenté Guy Cassagne avant de préciser qu’à plus ou moins long terme, les enjeux de la production dépendront aussi de la maîtrise technico-économique des exploitations et de la capacité d’anticiper à l’évolution des soutiens européens.
Des cartes à jouer
Sur le plan départemental, tous ont démontré que l’élevage possédait de solides atouts : une politique dynamique d’installation en viande bovine, une zone herbagère reconnue, un cheptel allaitant important et homogène, des surfaces libérées par la réduction du nombre de vaches laitières, des débouchés pour le maigre et des outils d’abattage à proximité pour valoriser la viande. Mais pour optimiser ces atouts, les représentants des deux groupements de producteurs ont insisté sur l’importance des filières organisées, la nécessité d’étaler la production sur toute l’année, de poursuivre le marché du maigre tout en développant l’engraissement à travers des ateliers spécialisés. « Nous devons avoir le souci de pouvoir approvisionner demain le marché, de nous adapter à la demande et de ne pas perdre notre capacité de production» ont indiqué Jean-Claude Baudeau, responsable production chez Socaviac et Eric Devernois, technicien Covido-Bovicoop.
A l’issue de cette rencontre, les agriculteurs se sont donné rendez-vous pour travailler ensemble sur la concrétisation de projets de développement de la production viande. « Il n’y a pas de piste unique mais des orientations particulières que nous allons accompagner en fonction du potentiel de développement de chaque exploitation » ont conclu les animateurs des PRA, Thierry Roche et François Fournier.

En savoir plus…
Evolution du nombre de vaches dans l’UE à 25
:
- Race laitière : 27 millions de têtes en 1998, 21 millions en 2010.
- Race à viande : 12 millions de têtes en 1998, 11 millions en 2010. Une perspective à la baisse engendrée notamment par la désaffection de la Grande Bretagne pour la production viande bovine, et par les politiques européennes qui ont freiné le développement de la production viande bovine.
- Le cheptel européen diminue : 3 millions de vaches en moins d’ici 2010 soit près de 2,7 millions de veaux en moins.
En France :
- diminution de 50 à 100 000 vaches laitières par an (2 - 3%), effet quota
- baisse de 300 000 VA entre 2000 et 2004
- la production française en baisse de 2,5 %.

Il a dit... Bruno Chaput

“Mieux comprendre les échanges internationaux”

Bruno Chaput, responsable du Conseil agricole départemental (CAD) viande au sein de la Chambre d’agriculture a rappelé que cet après-midi d’échanges s’inscrivait dans une série de rencontres sur le thème de la viande, organisée dans chacune des PRA, en partenariat avec la filière. «Elles ont pour objectif de mieux comprendre les échanges sur le marché international de la viande bovine afin d’adapter notre production à la demande (…) ».
Au sujet de l’importation de viande du Brésil : «Le décalage entre les coûts de production au Brésil et ceux de France est important, mais il n’est pas sûr que demain l’écart ne se réduise du fait, notamment, de l’augmentation du niveau de vie des brésiliens. Nous n’avons donc pas intérêt à perdre toute possibilité d’être présents à la fois sur les marchés intérieurs et extérieurs. Aujourd’hui, une majorité de viande d’importation est utilisée dans la restauration hors foyers ; or plus on ouvrira la porte, plus on la retrouvera dans d’autres filières de distribution, y compris auprès des ménages! Nous avons donc intérêt à maintenir, voire augmenter notre production, à veiller à ce qu’elle ne diminue pas au risque, sinon, de voir d’autres pays producteurs s’engouffrer dans le marché ».

 

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