Production porcine : Christophe Delmond porte la voix des éleveurs corréziens à Angoulême
Le 12 juin dernier, la Fédération Nationale Porcine (FNP), association spécialisée de la FNSEA, tenait son Assemblée générale à Angoulême. À cette occasion, Christophe Delmond, responsable de la section porcine de la FDSEA de la Corrèze, représentait le département lors de ce rendez-vous majeur pour la filière.
Le 12 juin dernier, la Fédération Nationale Porcine (FNP), association spécialisée de la FNSEA, tenait son Assemblée générale à Angoulême. À cette occasion, Christophe Delmond, responsable de la section porcine de la FDSEA de la Corrèze, représentait le département lors de ce rendez-vous majeur pour la filière.
Cette assemblée générale, marquée par le renouvellement de la gouvernance de l’organisation avec l’entrée de cinq nouveaux administrateurs au sein du Conseil d’administration, a également permis de réaffirmer le rôle stratégique de la production porcine dans l’agriculture française. La rencontre s’est tenue dans une région particulièrement concernée par l’élevage porcin. La Nouvelle-Aquitaine se positionne en effet comme la troisième région productrice de France, avec 1,432 million de porcs produits chaque année et près de 1,782 million de porcs abattus en 2025.
Une filière au cœur de l’économie circulaire
Parmi les messages forts portés lors des débats, la contribution de l’élevage porcin aux grands équilibres agricoles, alimentaires et environnementaux a été largement soulignée.
Le porc est au cœur de l’économie circulaire », rapporte Christophe Delmond. Le responsable corrézien rappelle également l’importance économique de la filière :
« Un éleveur, ce sont sept emplois derrière. Le porc ne consomme pas : il transforme, recycle et crée de la valeur. »
La filière porcine valorise en effet une part importante de ressources non directement consommables par l’homme, en transformant les coproduits agricoles et agroalimentaires en protéines animales. Elle participe également au recyclage des nutriments grâce aux effluents d’élevage, qui fournissent une part significative des apports en azote et en phosphore nécessaires aux cultures. Le développement de la méthanisation renforce aussi sa contribution à la transition énergétique.
Pour Christophe Delmond, « dans un contexte économique tendu, c’est un atout stratégique majeur pour l’avenir de la filière française ».
Les travaux présentés lors de l’assemblée ont également démontré que l’élevage porcin contribue à une utilisation optimisée des surfaces agricoles, dans une logique de complémentarité entre cultures et élevage.
Des inquiétudes persistantes
Si les atouts de la filière sont nombreux, les préoccupations demeurent importantes pour les producteurs. Parmi elles, la menace de la fièvre porcine africaine retient toute l’attention.
« La maladie touche aujourd’hui l’Espagne et se rapproche dangereusement de nos frontières », souligne Christophe Delmond. Une situation qui entretient l’incertitude sur les marchés et fragilise les perspectives économiques.
À cela s’ajoute un contexte de prix toujours insuffisants. Le cours du porc reste morose, notamment sous l’effet des tensions géopolitiques et d’une conjoncture internationale peu favorable. Le prix de base cadran avoisine actuellement 1,40 euro le kilo, ne permettant pas d’atteindre l’équilibre économique des élevages. Les chargesdemeurent également élevées, notamment l’alimentation animale qui représente près de 65 % des coûts de production.
Un besoin de cohérence pour produire en France
Le responsable syndical pointe également les contradictions auxquelles sont confrontés les éleveurs.
On entend beaucoup parler de souveraineté alimentaire, mais dans le même temps
les outils de production sont souvent contestés. Les Français veulent du bon jambon français, mais refusent trop souvent l’antenne ou la porcherie nécessaires pour le
produire », regrette Christophe Delmond.
De nombreux projets d’élevage ou de modernisation se heurtent en effet à des oppositions locales dès leur lancement. Dans ce contexte, la FNP plaide pour un cadre plus lisible et cohérent permettant aux exploitations de se développer tout en respectant les exigences françaises et européennes, notamment en matière de bien-être animal.
Des perspectives encourageantes
Malgré ces difficultés, plusieurs signaux positifs permettent d’envisager l’avenir avec davantage de confiance.
La consommation de viande par habitant en France est stable depuis vingt-cinq ans, ce qui est rassurant et laisse présager un avenir pour les producteurs », observe Christophe Delmond.
À travers cette assemblée générale, la Fédération Nationale Porcine a réaffirmé sa priorité : défendre une filière compétitive, durable et reconnue pour sa contribution à l’économie circulaire et aux équilibres agricoles.
En clôture des travaux, le président de la FNP, François Valy, a rappelé l’enjeu central de la rentabilité des élevages :
La filière porcine doit s’engager en faveur de la rentabilité de l’élevage porcin. Sans rentabilité, il ne sera pas possible de moderniser les bâtiments d’élevage et encore moins de financer les surcoûts des demandes sociétales ou de réduction des émissions. La rentabilité passe par la performance technique et les éleveurs français sont parmi les meilleurs en Europe, mais elle passe d’abord et avant tout par le prix. »
Un message qui résonne particulièrement auprès des producteurs corréziens, confrontés chaque jour à la nécessité de concilier compétitivité économique, exigences sociétales et souveraineté alimentaire.