Aller au contenu principal

Producteurs de lait : “On ne peut plus se contenter de promesses !”

Près de 100 producteurs de lait réunis devant la préfecture mercredi pour rappeler à l’État ses engagements et exiger des mesures concrètes.

© PO
Depuis leur dernière opération auprès des grandes surfaces implantées dans le département fin janvier (1), rien n’a changé. Le prix du lait payé sur ce premier mois de l’année n’a pas dépassé 315€ les 1 000litres, tandis que le poids des charges, d’alimentation notamment, annihile toute rentabilité à leur production laitière. Les trésoreries des éleveurs laitiers cantaliens sont donc toujours dans le rouge et il manque une vingtaine d’euros la tonne au prix du lait pour couvrir les coûts de production. Rien n’a changé donc, hormis des annonces, celles de François Hollande lors de sa journée marathon au Salon de l’agriculture. Des engagements à soutenir l’élevage laitier de l’Hexagone repris depuis par son ministre, que les producteurs laitiers aimeraient bien voir traduites dans des actes. “On ne peut plus se contenter de promesses, on nous parle de mesures fiscales, mais ça veut dire quoi ?” fustige Chantal Cor, présidente de la section laitière de la FDSEA 15, syndicat qui, avec les Jeunes Agriculteurs, avait appelé mercredi matin à un rassemblement devant la préfecture. “Les producteurs de lait n’en peuvent plus, ils sont en train de se désengager de la production, alors que ce sont eux qui tiennent le territoire dans un département comme le nôtre !”

Chacun se renvoie la balle...

Et s’ils sont pas loin de 100 à s’être de nouveau mobilisés, venus des deux principaux secteurs laitiers cantaliens, c’est en premier lieu pour interpeler le nouveau préfet Jean-Luc Combe et lui rappeler d’autres engagements pris par le gouvernement. “Les pouvoirs publics s’étaient engagés à ce que les préfets de Région tiennent dans chaque grand bassin laitier une réunion avec l’ensemble des représentants de la filière - producteurs, entreprises, grande distribution - d’ici fin février.Je l’ai rappelé lors de la session de la Chambre d’agriculture le 22février au préfet, précise Chantal Cor. Aujourd’hui, des dates circulent mais rien n’est arrêté pour le bassin Auvergne Limousin.” “Il s’agit, par cette action symbolique, de bien lui faire percevoir les difficultés et enjeux de la filière laitière cantalienne, source d’emplois directs et indirects”, enchaîne Joël Piganiol, secrétaire général de la FDSEA, avant qu’une délégation soit reçue par le représentant de l’État auquel les syndicalistes ont prévu de remettre les motions appelant à une répercussion de l’inflation des charges des producteurs jusqu’au consommateur. Des motions cosignées par les responsables des GMS (grandes et moyennes surfaces) visitées fin janvier. Un accord de principe de la grande distribution qui renvoie implicitement laballedanslecampdes entreprises. “La grande distribution nous dit de nous tourner vers les entreprises, les entreprises nous disent que les discussions sur le prix du lait se font désormais avec les OP(organisations de producteurs) qui ne sont même pas encore toutes créées... Au final, c’est nous, producteurs, qui sommes dans la panade depuis qu’il n’y a plus d’accord interprofessionnel et donc plus d’indicateur de prix !”, tempête Chantal Cor. Dans cette partie de billard, les producteurs attendent donc de l’État qu’il ramène toutes les parties autour de la table, qu’il fasse évoluer la Loi de modernisation de l’économie (la fameuse LME) pour permettre cette répercussion des hausses des coûts de production à l’aval et qu’il “éclaircisse le rôle du Cniel”, l’interprofession laitière nationale, “qui n’a plus le droit de rien faire, surtout pas de parler prix du lait”. Des messages que Jean-Luc Combe a promis de transmettre au préfet de Région, confirmant qu’une réunion régionale était bien prévue le 15avril mais que les choses “prendraient du temps”... Un temps que les producteurs n’ont plus.

(1) (Carrrefour Market, Géant, Intermarché, Leclerc, Simply Market, lire l’Union du 2 février)

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière