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Interview
« Prendre à l'un pour donner à l'autre : une solution inacceptable »

Sabine Tholoniat, présidente de la FNSEA du Puy-de-Dôme, revient sur les principales annonces du plan stratégique national (PSN) présentées par le ministre de l’Agriculture.

 

Sabine Tholoniat, présidente de la FNSEA du Puy-de-Dôme.
Sabine Tholoniat, présidente de la FNSEA du Puy-de-Dôme
© C. Rolle

Que pensez-vous de la déclinaison française de la future PAC présentée par le ministre de l’Agriculture ?
Le Ministre semble avoir fait le choix de baisser les aides couplées aux éleveurs tout en les empêchant d’accéder à une partie des futures aides couplées aux protéines végétales fourragères, afin d’améliorer l’autonomie protéique de leur exploitation. Ce transfert de financement qui consiste à déshabiller Pierre pour habiller Paul ne nous convient pas. Nous revendiquions en effet que les aides couplées aux animaux demeurent constantes et que celles dédiées au développement des protéines végétales s’appuient sur des financements extérieurs. Mais le ministère en a décidé autrement… Nous n’acceptons pas non plus que cette nouvelle aide couplée protéines végétales soient réservée aux producteurs de plaine. Les éleveurs en montagne doivent pouvoir en bénéficier et l’appliquer sur des mélanges légumineuses/graminées. A travers cette mesure, les éleveurs ont le sentiment d’être les principaux contributeurs au développement de la production de protéine végétale ; ce n’est pas acceptable !
Sur l’ICHN, le plan stratégique national annonce le maintien du budget actuel à plus d’1 milliard d’euros. C’est une bonne chose. Notre interrogation porte cependant sur l’augmentation de la participation financière de l’Etat pour palier la diminution du co-financement du Feader. Est-ce que cela va modifier à terme les modalités de l’ICHN ? Rien n’est dit pour le moment mais nous devons rester vigilants sur ce point.


Quel est votre avis sur les modalités d’accès aux eco-régimes et leurs niveaux de paiement ?
C’est encore un moyen compliqué de contraindre les exploitations au verdissement sans qu’elles ne bénéficient davantage de rémunération. Je trouve complètement aberrant qu’on nous demande toujours plus d’efforts sans compensations. Nous ne pouvons plus l’accepter ! Les agriculteurs subissent trop de pression sans qu’il soit nécessaire encore d’en rajouter. Nous avons besoin que la société nous fasse confiance. Nous sommes des professionnels responsables et conscients des enjeux auxquels l’agriculture est confrontée.


La gestion des risques et l’assurance récolte font l’objet d’une enveloppe supplémentaire. Est-ce satisfaisant ?
Oui c’est une bonne chose. Un supplément de 36 millions d’euros va abonder l’enveloppe actuelle. Cela signifie que l’administration a pris conscience de la nécessité de réfléchir différemment face aux aléas climatiques.  C’est primordial ! Mais il faut que la prise en charge de ces aléas soit réellement partagée par l’ensemble de la société et des citoyens. Cela n’incombe pas qu’aux agriculteurs. Nous produisons de la nourriture pour tous ; c’est un bien collectif que la collectivité dans son ensemble doit protéger.


Qu’en est-il pour l’agriculture biologique ?
L’enveloppe de l’agriculture bio va augmenter significativement, l’enjeu étant de doubler les surfaces en conversion. C’est une ambition forte du gouvernement sur ce point. Mais faut-il encore que les prix à la production suivent dans les grandes filières…


Les représentants de la Fnab ont pourtant claqué la porte lors de la présentation du PSN ?
Ils souhaitaient en effet que le modèle agricole soit transformé de fond en comble. Nous avons fait le choix de co-construire l’avenir de l’agriculture avec le gouvernement ils ont préféré tourner le dos aux négociations…

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