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Première sortie de la Séradicale, un outil destiné à lutter contre les campagnols

La FDGDON a testé sur prairie à St Front, son prototype la Séradicale, un outil du travail du sol destiné à lutter
mécaniquement contre l'infestation de campagnols terrestres.

Une cinquantaine d'agriculteurs a assisté aux premiers essais de l'outil Séradical, développé par la FDGDON.
Une cinquantaine d'agriculteurs a assisté aux premiers essais de l'outil Séradical, développé par la FDGDON.
© © HLP

Ce lundi après-midi, sur la commune de St Front en bordure de la D26, une cinquantaine d'agriculteurs était réunie autour d'une drôle de machine. Un prototype qui faisait ses premiers essais sur les terres du secteur du Mézenc. À l'initiative de ce rendez-vous, la FDGDON (Fédération Départementale des Groupement de Défense contre les Organismes Nuisibles) de Haute-Loire qui présentait pour la première fois, la Séradicale, un outil fait sur mesure pour aider à la lutte contre le campagnol terrestre. Face à des agriculteurs impatients de découvrir un outil qui réponde à leurs attentes, le président de la FDGDON, Christian Munier expliquait : "En 2020, face à l'énorme pullulation du campagnol, notamment sur le secteur du Mézenc, nous avons décidé d'agir. Sur proposition d'un de nos administrateurs, Jean-Claude Chapat, aujourd'hui disparu, nous avons décidé de nous engager dans la création d'un outil de travail du sol spécifique. Jean-Claude a fait appel à un de ses voisins artisan serrurier, Charles Gravy de Beaux, pour étudier et réaliser ensemble cet outil rapidement appelé Séradicale. Nous ne voulions pas passer à côté de quelque chose qui pourrait fonctionner".

Aides financières et partenaires
Pour engager le projet dont le coût (études et réalisation) s'est élevé à plus de 51 000 euros HT, la FDGDON a d'abord recherché des financements qu'elle a trouvés auprès de la région AuRA, du Département et de l'État. Elle s'est aussi appuyée sur des partenaires, comme la Chambre départementale d'agriculture pour le suivi technique et la FDCuma pour la prestation de service, une fois la machine opérationnelle.
Charles Gravy, plus habitué à
réaliser des charpentes, escaliers et autres gardes-corps, s'est vaillament lancé dans l'aventure, sous l'oeil intéressé de son jeune fils passionné de mécanique. "L'outil est un ensemble mécano soudé, qui compte 23 disques sur 2 rangs, et un rouleau à l'arrière. Les disques entrent à une profondeur de 10 à 15 cm, zone de travail du campagnol, et sont espacés de 10 cm les uns par rapport aux autres. Chaque disque est équipé d'un ressort qui lui permet de se relever quand il rencontre un obstacle. L'ensemble mesure 3m sur 3 et pèse 5 tonnes. Il est attelé sur le 3 points du tracteur, lequel doit avoir une puissance de l'ordre de 150 cv".
L'idée première de Jean-Claude Chapat était un outil qui aille chercher les campagnols dans leurs galeries. C'est chose faite avec la Séradicale, qui scarifie le sol jusqu'à 15 cm de profondeur pour fendre les galeries et le cas échéant atteindre physiquement les campagnols, et cela sans abimer le couvert végétal.

L'outil est opérationnel
Ce lundi à St Front, les essais ont permis de montrer la machine à une cinquantaine d'agriculteurs du Mézenc mais aussi du plateau volcanique, et de faire quelques réglages pour optimiser son utilisation. Néanmoins, en l'absence de campagnols cette année sur ce secteur -"tant mieux pour l'agriculture" comme l'a souligné le président Munier- il n'a pas été possible d'en mesurer tout l'impact. La végétation étant déjà en période de pousse d’herbe, d'autres essais sont prévus à l'automne sur des secteurs infestés, peut-être dans le Cantal ou le Puy-de-Dôme.
La Séradicale est aujourd'hui opérationnelle. Reste à travailler sur son utilisation. La FDGDON est propriétaire de ce prototype, mais Christian Munier précise, "l'objectif est de permettre à tous les agriculteurs de s'en servir, y compris hors Haute-Loire". La phase de test terminée, il appartiendra à la FDGDON de mettre en place une organisation pour mettre cet outil à disposition sur les secteurs qui en auront besoin. À suivre…
 

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