Premier (et dernier ?) double Iron man, première victoire pour Kévin Goubert
Le Cantalien a passé 25 h 19 sur le double Iron man de Colmar. Un temps qui lui permet de remporter l’épreuve et de savoir où se situent ses limites, physiques en mentales...
Le Cantalien a passé 25 h 19 sur le double Iron man de Colmar. Un temps qui lui permet de remporter l’épreuve et de savoir où se situent ses limites, physiques en mentales...
7,6 km de natation, 360 km de vélo et 84 à pied
Il l’a fait, mais il s’est promis de... ne surtout pas le refaire ! “J’ai terminé comme un zombie... Je crois que je suis allé au-delà des limites de mon corps...” Avec le recul d’une quinzaine de jours, Kévin Goubert se demande comment il a pu s’inscrire au double Iron Man de Colmar, support d’une manche de coupe du Monde, programmé le 2 juillet. Enfin si, il le sait : le jeune homme a vu sur Youtube “que ça existait, et je me suis dit : j’essaie !” Son ami Aurélien Bassompierre, plutôt spécialiste du VTT, connaissait l’organisateur, les minimas pour s’inscrire (- de 11 heures sur un Iron Man) étaient déjà acquis après les 9h44 décrochés sur le Frenchman de Carcans, donc “j’ai pris un dossard au mois d’octobre et j’ai réfléchi après !” Les chiffres donnent en effet le tournis : 7,6 km de natation, 360 km de vélo et 84 à pied... Le compte-à-rebours jusqu’en juillet est à peine enclenché que déjà, une blessure au genou en décembre ralentit le sportif dans sa préparation. Pas de course à pied pendant deux mois alors il faut compenser : de la nage, “sans les jambes”, et une reprise progressive du vélo, d’abord en salle.
Les vacances de février lui donnent l’occasion de renouer avec le grand air, à Rosace, en Espagne, pendant un stage d’une semaine avec Naucelles trail cyclisme et le soutien matériel du Vélo club de Maurs. 800 km de vélo, 35 de course à pied, il faut maintenir la condition physique. Et les résultats ne se font pas attendre : le lendemain du retour dans le Cantal, Kevin Goubert remporte au sprint la course access de Saint-Constant. Il faut maintenant accélérer sur la natation, “mon gros point faible”. Mais pas question d’alourdir la charge d’entraînement : les journées ne sont pas extensibles et le corps ne doit pas lâcher. Quant à la nutrition, à part respecter les principes de base (apports en protéines, glucides, hydratation,...), le néo-coach en nutrition ne s’interdit rien, après avoir peu apprécié d’avoir eu à peser le moindre ingrédient dans ses jeunes années passées au CR4C de Roanne, en Élite... Poids de forme : entre 69 et 70 kg. “À Colmar, je suis arrivé volontairement avec 72 kg. Sur l’épreuve, j’ai perdu 5 kg...”
Trois disciplines, trois records personnels
Il faut dire que le Cantalien n’a pas fait dans la demi-mesure : 25 h 19 pour boucler... en premier son... premier double Iron man ! “Le temps n’est pas exceptionnel mais la clé, c’est le mental. J’étais huitième de la natation et quand j’ai posé le vélo, j’avais 40 minutes d’avance sur le deuxième. C’est seulement à ce moment-là que je me suis dit que je pouvais jouer quelque chose.” Et ce n’était pas gagné : “Il restait 80 km à pied, alors que je n’ai jamais couru plus de 51 km !” Au final, même malade pour être parti à jeun, Kevin Goubert bat ses trois records (natation, vélo, à pied) et distance son premier poursuivant, un Allemand, d’une demi-heure, et le troisième, un Belge, pointe à 45 minutes... “Je me suis calé sur leur rythme, je marchais quand eux s’arrêtaient.”
Aurélien Bassompierre assure le ravitaillement et un soutien moral indispensable. Il réalise même avant son copain que ce dernier vient de remporter l’épreuve ! “Je n’ai pas eu de satisfaction en finissant, j’étais beaucoup trop fatigué. J’étais parti la veille à 8 heures, j’arrive à 9 h 30 le lendemain, sans dormir. Il ne me tardait même pas de gagner mais juste d’arriver ! C’était un vrai chemin de croix la fin, s’il n’y avait pas eu la gagne en jeu, je me serai arrêté...” Le résultat était tellement inattendu que le duo avait pris des engagements ailleurs et n’a même pas pu assister à la cérémonie protocolaire ! “On m’a remis le trophée à l’arrache avant qu’on reparte !” Les jours d’après ont été compliqués à gérer avec un contre-coup sur le sommeil, le corps,.. “J’ai vraiment puisé au fond, j’ai trouvé ma limite, reconnaît le champion. Je n’y retournerai pas je pense sauf peut-être pour faire la fête parce que l’ambiance y était géniale !”